Un gaillard au rire tonitruant
Par Eulalie , vendredi 23 décembre 2011 à 23:55 :: Journal
La gorge s'est serrée plus fort à mesure que nous approchions de l'église. Lorsque les cloches ont commencé à tintinnabuler, ce qui n'existait que sous forme de mots, presque un concept, s'est révélé concret.
Aujourd'hui, nous allions enterrer mon oncle. Mon oncle ? Ce gaillard au rire tonitruant ? Ce gaulois rigolard, cet époux, ce papa, ce papi bienveillant, cet oncle, mon oncle, si bon vivant, vraiment, est-ce possible ?
Sur le parvis, j'ai ressenti, je l'avoue, une certaine fierté d'avoir fait partie de la vie de cet homme pour lequel une telle foule, si prompte à l'éloge, s'était déplacée.
Dans l'église, câlins, sanglots, baisers et pleurs mêlés. Je n'ai pas lâché la main de ma sœur.
Plus tard, un hommage. Je me fige, coupe à la main, rattrapée par cette sensation étrange que j'ai parfois de découvrir le monde qui m'entoure dans son absolue absurdité. Je m'étonne du goût du champagne sur ma langue, de la couleur des meubles, du son de leurs conversations, de l'odeur de leurs parfums, je m'étonne même de savoir tenir debout. Je regarde les paupières gonflées et rougies, les cernes marquées, je discerne des joues encore humides, des épaules un peu trop voutées.
Et puis comme une vague, l'éclat de leurs sourires, le son de leurs rires, la chaleur de leurs gestes les uns envers les autres, les mains dans le dos, les baisers plus longs que d'habitude, ma mère et mes tantes qui chantent en choeur, l'absolue beauté qui émane de chacun d'entre eux. Et je me dis que, à la loterie d'attribution de famille, si tant est qu'elle existe, j'ai eu une sacrée chance de tomber sur celle là.
Tchin, à DD, mon oncle, ce gaillard au rire tonitruant !
Aujourd'hui, nous allions enterrer mon oncle. Mon oncle ? Ce gaillard au rire tonitruant ? Ce gaulois rigolard, cet époux, ce papa, ce papi bienveillant, cet oncle, mon oncle, si bon vivant, vraiment, est-ce possible ?
Sur le parvis, j'ai ressenti, je l'avoue, une certaine fierté d'avoir fait partie de la vie de cet homme pour lequel une telle foule, si prompte à l'éloge, s'était déplacée.
Dans l'église, câlins, sanglots, baisers et pleurs mêlés. Je n'ai pas lâché la main de ma sœur.
Plus tard, un hommage. Je me fige, coupe à la main, rattrapée par cette sensation étrange que j'ai parfois de découvrir le monde qui m'entoure dans son absolue absurdité. Je m'étonne du goût du champagne sur ma langue, de la couleur des meubles, du son de leurs conversations, de l'odeur de leurs parfums, je m'étonne même de savoir tenir debout. Je regarde les paupières gonflées et rougies, les cernes marquées, je discerne des joues encore humides, des épaules un peu trop voutées.
Et puis comme une vague, l'éclat de leurs sourires, le son de leurs rires, la chaleur de leurs gestes les uns envers les autres, les mains dans le dos, les baisers plus longs que d'habitude, ma mère et mes tantes qui chantent en choeur, l'absolue beauté qui émane de chacun d'entre eux. Et je me dis que, à la loterie d'attribution de famille, si tant est qu'elle existe, j'ai eu une sacrée chance de tomber sur celle là.
Tchin, à DD, mon oncle, ce gaillard au rire tonitruant !