Par
Eulalie ,
vendredi 26 juin 2009 à
18:14 ::
Journal
"Hé bien dis donc ! Avec toutes ces histoires, tout ce qui t'arrive, tu devrais ouvrir un blog pour raconter ça sur le net !"
Ouvrir un blog ? Tiens, oui, pourquoi pas...
24 répliques
Par
Eulalie ,
mercredi 10 juin 2009 à
00:22 ::
Journal
Les plus perspicaces d’entre vous auront remarqué que je suis moins présente sur ce journal depuis quelques temps. D’aucuns ajouteront même « depuis des plombes, oui ! », les plus emphatiques, mauvais en mathématiques, compteront même en lustres.
C’est que, pour tout avouer, je travaille actuellement à un projet d’envergure qui, s’il se concrétise, pourrait bien dessiner sur mon minois un sourire empreint de fierté. Voire me faire devenir complètement imbuvable. Mais avant que la prétention m’ait complètement aliénée, j’essaierai de vous envoyer des œuvres dédicacées.
L’idée est née un soir d’une semaine du mois de mai, alors que j’avais passé la journée à utiliser mes sacs de courses réutilisables comme repose poignet afin de canaliser mon carpien – et éventuellement le réduire au silence.
Le soir, le Grü m’emmenait diner dans un restaurant vietnamien. Hélas, je n’étais pas en mesure de déguster mon phở. La douleur irradiant les doigts, actionner les baguettes était impossible.
C’est la que la Révélation me tomba dessus. Plus précisément, c’est là qu’une nouille de riz s’est lamentablement écrasée sur ma cuisse gauche, éclaboussant de soupe mon pull. Mon cerveau, auquel certains s’empresseront d’accoler quelque épithète peu flatteur, a alors raccordé « chute de nouille de riz sur cuisse gauche » à une autre idée.
« Elémentaire, mon cher Watsmuchtson ! Pour ne plus avoir mal à la main droite, il suffit d’utiliser la gauche ! »
Je basculais donc les baguettes et continuer à me régaler, triomphante, sans prêter la moindre attention à mon pantalon dégoulinant de soupe ni aux regards horrifiés de mes voisins de banquette. La révolution était en marche. Je bouillais d’impatience d’entamer un beau cahier de lignes d’écritures.
Vingt fois sur le métier a été remis l’ouvrage, et la courbe du « a », la boucle du « e », la rectitude du « i » sont devenues des obsessions.
Je me voyais déjà afficher avec une modestie feinte mon ambidextrie dans les diners mondains, expliquer l’acharnement, le découragement, le renoncement, l’obstination, et la lumière. La réussite. J’espérais même tirer quelques larmes ici et là à des interlocuteurs médusés par ma prévoyance et ma persévérance.
Et vint ce diner.
Frère de Monsieur de la Muche, curieux – Et toi, que fais-tu de beau ces derniers temps ?
Eulalie, avec une modestie feinte – Hé bien, ma dernière marotte est l’ambidextrie. J’ai en effet peur de perdre ma main droite, alors dans cette optique, afin de ne pas être prise au dépourvu, je travaille mon écriture de gauchère.
Frère de Monsieur de la Muche, malicieux – Et si c’est la main gauche que tu perds ? Tu l’auras fait pour rien !
Comme tous les génies précurseurs, ma foi en mon projet est mise à mal. Mais je saurai surmonter cette nouvelle épreuve. Le tout est à présent de déterminer quelle est l’idée la plus insupportable ; perdre son temps ou perdre sa main droite ?
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