Tatatatatatatataaaa tatataaaa tatata tata tata ta !

Il trônait, impassible, sur le dessus de l'armoire, entre un tapis de yoga (qui ne sent pas les pieds du tout, ce sont les ragots des jaloux, nous on s’amusait beaucoup) et un sac de fringues d'été. Il se sentait seul, dans ses habits de fêtes et il m'appelait.

Il m’appelait si fort… Sa voix était si désespérée… J’étais si seule, ce soir là, dans la chambre à coucher, séparée de Gruninours qui avait souhaité se mettre au vert dans le salon.

Oui, j’avoue, je suis faible, j’ai craqué.

Un petit coup d’œil furtif dans la pièce voisine me permit de m’assurer que Monsieur de la Muche était bien assis dans son fauteuil, dans la position dite du « je bouge plus jusqu’à la mi-temps ». Il me restait 28 min avant son tour de garde.

Debout face au miroir, j’ai d’abord mimé la super héroïne qui sommeille en moi (c’est que je n’arrive pas à la réveiller, la garce), un poing brandi vers le plafond, souple sur les genoux, prête à décoller pour le dessus de l’armoire. Cela n’a bien évidemment servi à rien. Il me fallait un tabouret, mais il était alors impossible d’en rapporter un sans éveiller les soupçons, et je n’avais aucune raison d’en transporter un dans la chambre. « Oui, je balade un tabouret, et alors ?! J’ai déjà pas la télécommande ce soir, et je devrais EN PLUS vous laisser tous les tabourets, c’est ça ?! J’en ai besoin pour faire du step. Non je ne me justifie pas ! » sentant tellement le coup fourré, j’ai décidé de la jouer à la Mac Gyver. J’ai saisi donc Sashimi le chausse-pied, dont la tête recourbée m’a permise d’atteindre une boucle du nœud afin de le faire glisser en douceur vers moi.

J’ai délicatement secoué la boîte. A vue d’oreille, elle contenait plusieurs éléments. Aucun « miaou » ni « graouaf » ne retentissant, j’en ai déduit que ce n’était ni un Kitty, ni un Fluffy. Tant pis, je remettrais ma conquête du Monde à 2010.

Le souffle coupé, la boîte sur les genoux, je suis restée assise, sans bouger, attendant que résonne la voix de Muche le Gardien pour défaire par étape le bolduc puis le papier. A chaque fois qu’il se taisait, j’arrêtais de respirer et de bouger les mains, attendant qu’il recommence à vilipender quelque joueur maladroit qui peinait à centrer une frappe-non-mais-c’est-pas-possible-même-moi-je-le-mettais-du-pied-gauche-ce-but-pauvre-débile.

Au bout de plusieurs minutes qui m’ont semblées interminables, j’ai enfin atteint la boîte en carton et en ai soulevé délicatement le couvercle.

J’ai souri en pensant qu’il me connaissait décidément bien.

Tous les petits paquets se trouvant dans la grande boîte étaient eux-mêmes emballés dans un papier cadeau bien opaque.

J’ai refermé la boîte.

Nous sommes le 24/12/2008, il est 16:39 et je ne sais toujours pas quels seront mes cadeaux.

Et c’est de sa faute. Encore.

Joyeux Noël mes poussins chéris !


Torture de Noël

Il trône, impassible, sur le dessus de l'armoire.
Il trône, entre un tapis de yoga et un sac de fringues d'été, et pourtant, pourtant, il se sent seul.
Il trône, dans ses habits de fêtes, un papier transparent froissé doré, du bolduc rouge et il m'appelle.

« Lilliiiiii ! Lilliiiiii ! Je m'ennuie, là haut ! Pourquoi ne me prends-tu pas dans tes bras ? Pourquoi ne t'occupes-tu pas de moi ? »

Je ferme les yeux pour ne plus le voir, mais le son de ses pleurs se fait plus fort.

« Pourquoi retiens-tu ta main ? Après tout, je suis déjà à toi ! Lilliiiiiiii ! S'il-te-plaîîîîîît… J'm'ennuie, et puis j'ai le vertige. Le tapis de yoga sent les pieds. Prends-moi avec toi, regarde ce que j'ai à t'offrir ! »

Je sors de la pièce, allume la radio, essaie de couvrir le son de ses lamentations. Et ma curiosité reprend le relais. Tout objet emprisonné dans un papier cadeau doit être libéré. C'est un combat qui n'a rien de récent ; petite déjà, je délivrais les cadeaux de ma grande sœur à son anniversaire. Etrangement, c'est une cause à laquelle elle n'a jamais adhéré, sous le prétexte qu'un cadeau ne peut être ouvert que par son destinataire.

« Mais là, c'est pas pareil. C'est à Toi. De Monsieur Gruninours de la Muche à TOI. Il compte te l'offrir. Tu ne te feras pas gronder par tes parents… Tu peux donc bien le prendre… Percer quelque trou pour laisser entrer et sortir l'air… Eventuellement jeter un petit coup d'œil… En toute discrétion. Pour savoir… »

Faut-il être inconscient ou sadique pour laisser ce cadeau visible, quand on connaît ma curiosité et ma peine à la contrôler !

Voilà 4 jours que je résiste à mes pulsions et à ses appels incessants et répétés, mais j'ai bien peur qu'un de ces soirs, Gruninours ne me retrouve par terre, hagarde, dans une marre de papier cadeau froissé et déchiré, du bolduc dégoulinant de bave entre les dents.

Et ça sera de sa faute.


Dragon Ball

Cher Patron,

Je vous prie d’excuser mon absence du bureau en ce lundi 15 décembre 2008.

J’ai été adultnappée dans un bouge malfamé du 77, où sévissent de terribles mafieux répondant aux noms de Mickey les Oreilles, Dingo le Déglingo et Pluto les Crocs.

Les petits trains, soucoupes spatiales et autres bateaux volants n’ont pas suffi ; ils étaient toujours à mes trousses et ont fini par me rattraper, affichant des rictus déments.

Me voici donc à la merci de mon geôlier, Fifi dit "Rouge-Gorge" qui n’a de toute évidence, si vous voulez mon avis, pas eu vent de la création de la brosse à dents.


Une personne de votre famille peut-être, Fifi ?
Je trouve qu’il y a comme une ressemblance.


Je vais bien entendu tout mettre en œuvre pour échapper à leur vigilance, sachez néanmoins que si ma présence est requise rapidement, la rançon est de 10.000.000 d’euros, à remettre à Grüninours qui transmettra.

Votre dévouée employée,
Eulalie


Homelette ?

A Eulalie qui pensait pouvoir glisser sournoisement vers un agneau confiant et soulever la couette pour faire rentrer l'air froid dans le lit, Grüninours, les pieds bien coincés dans les plis et replis et rereplis de la housse, indiqua :

- Vous avez trop tendance à penser que je viens de tomber de l'œuf. Ça commence à suffire !
- "Tomber de l'œuf" ? "Tomber de l'œuf"... Dites donc, amour de mes nuits, y'aurait pas comme une coquille dans votre phrase ?


Pirouette, entrechat, sortie gracieuse en coulisse et rideau.


Brangelina 6 - Grulalie 16.

Le Yuk', Akane et Sanchez, Aglaë et Gudrun-Belette, les triplés Salsifi, Sushi et Sashimi, les jumelles Zelda et Zonk, Wipsy, Pola et Camulogène, Silver Jacqueline et Rose-Flaquette, Appel-Vrucht, Grüninours et moi sommes heureux de vous annoncer que notre famille multiculturelle s'est agrandie de nouveau avec l'arrivée d'un petit italien assez mignon malgré son long nez, ses grosses fesses gondolées et sa couleur jaune PTT.

Les nuits sont logiquement raccourcies par cette nouvelle arrivée ; le petit Shérif demande en effet une attention de chaque instant. Grüninours et moi nous éclatons avec une joie non feinte à dégraisser méticuleusement tout ce que nous voyons grâce à son museau qui fait de la vapeur.

Shérif, fais-moi vapeur.