Monsieur Muche, Full Monty

"Depuis que je suis avec vous, je suis vachement moins bon en jonglage de slip."

Ma belle robe « bleu klein »

8:55, Eul’ dév’
« AHAHA t’as mis ton bleu de travail HAHAH ? »

9:01, le stagiaire bleubite
« Tiens, t’as gardé ta chemise de nuit ? »

9:25, l’admin réseaux
« T’as gardé ta chemise de nuit ? »

10:10, eul’ dév
« C’est très bleu quand même »

12:25, Ringo le Boss arrive (enfin, tss tsss)
« T’as piqué la toge de Jésus ? »

12:26, Ringo le Boss en forme
« T’as volé la robe de la Schtroumpfette ? »

12:27, Ringo le Boss a la pêche (mais faut voir à quelle heure il arrive aussi…)
« T’as piqué un T-Shirt de Monsieur Muche ? »

12:28, Ringo le Boss à court
« T’as euh, t’as euuuuuh… »

18:09, le stagiaire bleubite
« Bon ben à demain, hein, et pense à t’habiller. »

Pour Noël, je voudrais ne plus être la seule fille avec cette équipe de sept handicapés de la mode et des tendances réfractaires au fer à repasser, accrocs aux T-Shirt bariolés d'hippies délavés, adeptes de la machine à 90°c qui transforme les dockers en pantacourts gondolés.
S'il vous plaît, un peu de féminité dans ce monde de geeks.


Rome en tics

Intérieur, nuit.
Monsieur Muche, fort de son statut autoproclamé de mâle dominant, a décidé de choisir la musique sur laquelle le couple allait surfouiller et vaquouiller à ses occupations. Malheureusement pour l’élément du couple pourvu d’oreilles, il se trouve que Monsieur Muche a des goûts musicaux plutôt calamiteux. Ce que Mademoiselle Truc ne manque pas de lui faire remarquer à grands renforts de termes synonymes prononcés plus ou moins fort.

M. Muche, emporté - Mais enfin ! Tout le monde, TOUT LE MONDE aime secrètement « la maison du bonheur » de Francis Lalanne ! La différence c’est que moi je l’assume haut et fort !
Melle Truc, pragmatique – C’est justement ce dernier point qu’on vous reproche !
M. Muche, las et déçu - Vous manquez cruellement de romantisme, Lilou. Vous me fendez le cœur.
Melle Truc, piquée – Comment ?! Moi ?! Manquer de romantisme ?! Vous ne trouverez pas femme sur terre plus romantique que moi !
M. Muche, riant – Ah ? Pourriez-vous me donner un exemple de ce que je n’ai jamais remarqué en trois ans ?
Melle Truc, mauvaise foi - Ah ! Une preuve récente de mon exacerbé romantisme ! Ah ! Elle vous éclatera au visage ! Ah ! Hé bien… Des semaines que je vous tanne pour que vous vous créiez un Facebook afin de rejoindre nos noms !! ça, c’est romantique, l’officialisation version web 2.0 ! C’est fini, les collants moulants, les odes écrites à la lueur d’une bougie fatiguée puis déclamées sous la protection de la lune à une douce dont le cœur bat la chamade sur son balcon ! Aujourd’hui, c’est jean slim et phrase choc, un smiley en forme de cœur et roule ma poule !
M. Muche, irrattrapable – Bon, mais on peut le faire au son de « J’veux pas qu’tu t’en ailles » de Michel Jonasz ? Je veux dire, si on l’a préalablement acheté sur l’I-Store de l’I-Tunes ?


Billevesées

"Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits."

Ah ! Ah !

Alors pourquoi, je vous le demande, la balance de Monsieur Muche annonce une perte de 3,8 kg suite à l'intoxication alimentaire et ce, malgré le port de son boxer et de ses chaussettes, alors qu'elle n'indique qu'une perte de 400g dans mon cas, malgré le délestage de sous-vêtements, de pinces à chignon, de mascara et même de mon pot de Nutella ?

Hein ?

Les privilégiés au bûcher !

Kool n' the Gang, the Rolling Stones.

Dimanche, intérieur, jour. Eulalie et Glibidou sont dans le salon, avachis sur les poängs, les bras tombants, l’œil hagard, le teint terne, les lèvres sèches.
Eulalie, rompant le silence – Je nous fais du riz ?
Glibidou, tenant au silence pour sa tête - Bof.

Une heure que nous avons a réussi à nous extirper du lit, pris d’une pêche aussi inespérée que furtive.

Ça a commencé vendredi. La matinée de congé arrachée à mon geôlier à 8h30 aura servi à tenter de trouver la force mentale de stopper la valse du décor. Au bureau, j’ai pris conscience que j’étais incapable de réaliser la moindre action en dehors de 1/ me tenir la tête, 2/ m’écrouler sur mon clavier, le souffle court. C’est ainsi que vingt minutes après mon arrivée, j’ai pris la déchirante décision d’aller voir un médecin.

Je me rendais chez ce praticien inconnu avec la certitude que mes jours étaient comptés et me préparais mentalement à décliner l’invitation à aller examiner tout cela à l’hôpital. Je déteste le corps médical ; pour décider d’aller voir de mon propre chef un docteur, c’est que je me savais proche de passer l’arme à gauche.

J’ai failli mourir deux fois dans le bus, vomir sur trois personnes différentes, m’évanouir une demi-douzaine de fois et m’exploser les dents en ratant le trottoir. Pendant la remontée de la rue qui m’aura pris quelque chose comme 5 ans, ma seule pensée qui me permettait de tenir était « quels sous-vêtements ai-je mis ce matin ?! ». Parce que si je m’évanouissais pour de vrai chez le médecin, je n’échapperai probablement pas à l’hôpital et que si je survivais au cancer de la typhoïde du choléra en stade terminal, je ne survivrai sûrement pas au fait d’avoir exhibé devant tout un service d'urgences mon string Snoopy H&M acheté dans un moment de faiblesse en juin 2003.

Il n’aura fallu que deux heures d’attente auprès d’une dame déterminée à me faire comprendre que 27 ans ça commençait à être tard pour procréer pour enfin accéder au cabinet du dépaysant Docteur Kraspek. Il suffit en effet de passer la porte pour se retrouver dans un authentique dispensaire d’une province rurale de Roumanie. Un fouillis désastreux, des moutons au sol, une table d’auscultation recouverte de dossiers poussiéreux et de vieux ustensiles suspectés d’être rouillés, des rideaux grisâtres, le tout hanté par un homme dont les traits, dès qu’il ne sourit pas, deviennent aussi froids et inquiétants que ceux d’un savant fou.

Il m’a écoutée, a pris ma température en appliquant un thermomètre-bande (qu'il a cherché pendant cinq bonnes minutes dans un petit tiroir crado) sur le front, a écouté mon cœur et a annoncé son verdict, sans me ménager :
« Intoxication alimentaire ».

Intoxication alimentaire ?? Impossible. Je suis au bord du coma. C’est AU MOINS une méningite. Je l’ai fait répéter trois fois son diagnostic en prenant soin de répéter mes symptômes mais, lorsqu’il m’a annoncé « 22 euros » en soupirant, j’ai compris que mon intérêt était plutôt dans le fait de le remercier et d’aller chercher mes médicaments.

Quand je suis rentrée enfin à l’appartement, j’ai retrouvé un Gru tout cassé qui attendait la faucheuse en gémissant sur notre lit.

- Arrêtez-donc votre char, Sarah Bernhard, nous n’allons pas mourir aujourd’hui, annonçai-je en m’étalant lourdement sur le lit.
- Ma douce, prononça-t-il dans une expiration surjouée, je pense que j’ai une méningite.
- Intoxication alimentaire, répliquai-je.
- Intoxication alimentaire ? demanda-t-il
- Intoxication alimentaire, répétai-je.
- Oh ? interrogea-t-il
- Oui, répondis-je
- Oh… prononça-t-il, visiblement déçu.

Je partageai donc avec lui mes médicaments puis, une fois sous la couette, la fièvre passée, retirai mon jean. Mon sang ne fit qu’un tour. Je portai mon string Snoopy acheté dans un moment de faiblesse en juin 2003.


Merci petit Jésus.