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Monsieur Muche ,
mardi 5 juin 2007 à
21:52 ::
Brossez-vous les décadents
La Truchinette manifeste une quasi obsession pour la rutilance des robinets de salle de bains.
Quand elle furette aux abords d’une douche où certains dépôts calcaires se feraient trop visibles, elle acquiert un comportement très précis que l’on peut découper en 7 étapes.
1) Recherche du produit nettoyant.
2) Pulvérisation du produit sur le moindre mm².
3) Attente de 15 minutes en chantant fort « Piou-piou petit poussin » et en se limant les ongles.
4) Rinçage de la douche.
5) Une seconde après, émission de piaillements aigus entrecoupés de « C’est pas vrai, quelle bécasse ! »
6) Prise de la décision ferme et définitive de désormais ne plus jamais procéder au rinçage en s’enfermant dans la douche. Et en fermant bien hermétiquement les portes « pour ne pas en mettre partout hein ? »
7) Le lendemain, elle recommence. Oui, oui. Point 6 inclus.
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Monsieur Muche ,
lundi 2 avril 2007 à
16:35 ::
Brossez-vous les décadents
Comme Glibijolie vous l’a narré dans son précédent texte, le chemin administratif qui mène vers la location d’un appartement est jonché de documents à fournir comme autant de soupçonneux postes de contrôles à franchir.
Nos interlocuteurs font alors montre d’un sérieux frisant la paranoïa hystérique, ils traquent la moindre signature un peu hésitante avec le zèle angoissant d’un expert inspectant un nouveau Picasso découvert « par hasard » dans un grenier, ils reluquent nos bulletins de salaire avec l’œil du vieux pervers libidineux à la sortie d’une école de jeunes filles, ils contrôlent nos cautions comme la SRPJ de Marseille vérifiait les alibis de Francis le Belge après le suicide d’un patron de boîte de nuit de quatre balles dans le dos.
En résumé, ils nous font bien sentir que nos regards francs et nos voix assurés ne leurs suffisent pas à tisser une relation de confiance.
« Quelle férocité, quel acharnement dans le labeur. N’ont-ils donc aucun répit dans leur lutte contre le locataire indélicat, n’éprouvent-ils aucune lassitude dans leurs enquêtes, noyés qu’ils sont sous les tombereaux de paperasses ? Ne sentent-ils jamais le rouge de la honte leur monter aux joues quand ils réclament sans sourciller les bulletins de salaire de nos ancêtres jusqu’à la douzième génération ? » me demandais-je après une énième série de photocopies.
En quelque sorte, montait en moi le début d’un soupçon « Avons-nous là affaire à des être humains ? »
Mon esprit n’attendait que la formulation de cette angoissante question pour s’en aller vagabonder dans de délirantes rêveries proches de la science fiction. J’imaginais des unes de journaux où s’étalaient en gros titres « Un complot extra-terrestre déjoué par deux aspirants locataires », « Les agents immobiliers venaient d’Alpha du Centaure », « Leur but était de saper le moral des locataires parisiens ».
Je me voyais déjà, non pas en haut de l’affiche, mais en train d’hésiter quant au choix vestimentaire adéquat pour aller à l’ONU être félicité par les chefs d’états reconnaissants, quant à notre prochain lieu de villégiature estival à l’abris des paparazzis, quant à la pertinence d’aller au Stade de France procéder à une bénédiction de masses sur une foule grouillante avide de contempler leurs sauveurs.
Puis nous avons reçu un coup de téléphone nous annonçant que la signature déjà repoussée deux fois était encore remise à une date ultérieure pour la simple raison que les propriétaires étaient en vacances. Oui, oui, on vous a bloqué un week-end pour rien, on aurait pu penser à vous prévenir plus tôt mais rassurez-vous on ne vous fera pas payer tout le mois.
Dès lors, je fus rasséréné, autant de légèreté teintée d’insolente désinvolture était la preuve tangible d’un esprit bien humain.
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Monsieur Muche ,
mercredi 31 janvier 2007 à
19:21 ::
Brossez-vous les décadents
Nous sommes le 31 janvier et vous vous étonnez que Monsieur Muche, usuellement si distingué, n’ait toujours pas présenté ses vœux à l’honorable assemblée que constitue le vaste lectorat de Glibichoute.
Ne prenez point ombrage de cette attitude. Elle n’est pas la manifestation d’un dédain méprisant, d’une désinvolture oublieuse ou d’une éducation défectueuse.
Il s’agit surtout pour Monsieur Muche de ne pas disperser ses efforts. Aussi puissante que soit sa volonté, elle ne permet pas de répandre son aura bénéfique sur une aussi large communauté durant un temps si long.
L’hiver est une saison rude où l’on se consacre essentiellement à combattre le froid, les rhumes, les angines, les bronchites, les grippes, les gastroentérites, les rhumatismes, les sinusites, les rhinites, les pharyngites, les rhinopharyngites, les laryngites, les trachéites, et autres désagréments corporels, à réchauffer des soupes, à préparer les repas de fêtes, à soigner un foie meurtri par moult agapes, à s’étonner qu’on ne rentre plus dans ses pantalons et à se laver les dents au moins deux fois par jour.
Au printemps, on se remet de l’hiver en écoutant chanter les mésanges et à l’automne on prépare l’hiver en regardant passer les cigognes. Et on se lave les dents. Au moins deux fois par jour.
Inutile donc de diluer ses efforts pour des saisons aussi vaines, alors que l’été est là pour permettre au corps de transpirer dans la voiture en attendant de trouver la place de parking près de la plage où l’on ira nager pour, essentiellement, muscler le bras qui tient la brosse à dents.
Voilà donc pourquoi, je vous souhaite d’avance le meilleur du 21 juin au 22 septembre, ainsi que du dentifrice à volonté.
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Monsieur Muche ,
mercredi 6 septembre 2006 à
23:39 ::
Brossez-vous les décadents
Comme ils me semblent aujourd’hui loin les jours heureux de l’ignorance. Mon âme baignait dans la quiétude, nul doute ne venait obscurcir mes pensées, nulle angoisse ne faisait mes sourcils froncer.
O mère ! Que ne vous ai-je mieux écouté quand votre douce voix prodiguait de sages conseils. J’ai relégué vos mots dans quelques obscures oubliettes mémorielles où ils se sont empoussiérés jusqu’à devenir de vagues fantômes imprécis. Aujourd’hui, alors que le mal est fait, ils semblent avoir retrouvé un éclat tranchant pour mieux lacérer mes oreilles de leur sinistre résonance : « Ne t’approche jamais d’eux mon fils, ce sont les lectures du mal !! »
Deviniez-vous alors le funeste destin qui m’attendait ? Quelques noirs présages vous étaient-ils apparus avant cette mise en garde ? Je ne le sais. Mais vous avez rempli votre rôle de parente aimante. Vous m’avez donné les armes pour me prémunir des dangers du monde et m’avez laissé partir les affronter pour que s’écrivent librement les chapitres de ma vie.
Fou ! Après quelques années de route, j’ai cru avoir fait mes preuves, je me suis vu guerrier accompli alors que mon noviciat s’entamait à peine.
Sans le savoir, c’est ma garde que je baissais lorsque mes yeux se sont posés sur cette lecture.
J’ai eu alors accès à un savoir maléfique trop puissant pour moi. Son venin me ronge à présent.
Parfois, je me réveille en criant, dégoulinant de sueur, le corps tremblant. J’ai peur.
Angelina et Brad vont-ils se séparer ? Après Glibichoute, Britney et Cameron, Paris va-t-elle aussi se teindre en brune ? Cyril le tentateur osera-t-il longtemps porter cette coiffure pour le moins hideuse ? Christophe trouvera-t-il l’âme sœur ? Diam’s s’est-elle échouée sur la grève ?
Ces exemples forment un tout petit florilège des questions qui me hantent jours et nuits et font de mon esprit le siège d’un château de l’angoisse depuis que j’ai lu cet été deux exemplaires de Closer et Public.
Je remercie Truchinette de m’avoir aussi odieusement dénoncé dans les commentaires d’un précédent post.
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Monsieur Muche ,
mercredi 26 juillet 2006 à
13:37 ::
Brossez-vous les décadents
- Muchigros, votre laisser aller capillaire n’a d’égal que votre relâchement ventral. Songeriez-vous par hasard à une étude comparée sur les taux de croissance des uns, de l’autre et de l’effet désastreux du tout sur votre allure générale ?
Même piqué au vif, le gentleman sait trier le bon grain de l’ivraie et reconnaître une réflexion pleine de bon sens quand on la lui assène, fut-ce avec la vigueur du boucher estourbissant le bœuf promis à l’abattage imminent.
Si la seule conduite à tenir en vue de regagner un ou deux crans sur la ceinture est de s’astreindre à une rigoureuse ascèse alimentaire, la résolution du problème capillaire est de nature à soulever plus d’interrogations.
En premier lieu, il s’agit d’admettre que la tentative de rapprochement avec le clan des surfeurs, cheveux mi-longs et libres de toute entrave, a été un échec. L’unanimité s’est prononcée pour une sentence définitive : cela ne me sied guère.
Soit.
En second lieu, il faut alors opter pour un nouveau look.
Si ma vision ne me fait pas défaut, il semblerait que la mode actuelle soit à une exubérante fusion des plus calamiteux courants des vingt dernières années, c’est à dire : beaucoup de gel, de l’ébouriffé façon punk atteint d’un sérieux Parkinson, un semblant d’iroquois mal assumé puisque la tonsure sur les côtés est passée aux oubliettes, un hommage aux footballeurs polonais des années 80 avec quelques cheveux longs filasses sur la nuque et une sorte de revival Wham avec des mèches décolorés pour compléter le tableau.
Autant dire que je ne me voyais guère passer des heures au salon de coiffure pour aboutir à cet ornement pour le moins bizarroïde.
De surcroît, le décadent qui se respecte ne suit jamais la mode. Ou alors de très loin, quelques décades si possible.
Mais pour autant décadent que je me proclame, je ne suis pas non plus adepte de l’agressivité visuelle. Je crois fermement que le monde n’est pas prêt pour un retour à la raie bien droite et telle qu’elle se pratiquait de l’après guerre jusqu’au milieu des années soixante. Le choc serait trop rude. Il existe sûrement quelques personnes qui se délectent de raies bien droites, mais ce sujet est hors de propos.
Finalement, la lumière est venue d’une séance d’introspection.
Mon acteur préféré : l’immense Marlon Brando, inoubliable interprète du colonel Kurtz dans Apocalypse Now.
Ma série préférée : The Shield dans laquelle Michael Chiklis incarne le très impressionnant détective Vic Mackey.
Ma publicité préférée : celle de Nike pour l’Euro 96 où, sur un extrait Wagnérien de la sublimissime « Mort de Siegfried », Cantona jouait un sombre légionnaire qui prenait une douche.
La conclusion s’imposait d’elle-même.
Kojak n’a plus qu’à bien se tenir.
Ou alors…ou alors …j’ai complètement fabulé, inventé cette histoire pour ne pas avoir à admettre que j’ai complètement échoué ma tentative d’auto coupage de cheveux et que j’ai dû me raser l’occiput.
Mais ce n’est pas mon genre.
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