Vulgaire épais, Par Monsieur Muche

- Hé dis vieux gras, ça fait longtemps que t’as rien branlé sur le blog. Ca te le trouerait une seconde fois d’en foutre une rame pour changer.
- Calmos mémère, tu changes de ton ou j’te fous une danse qui rappellera les bals pop’ à la France entière. C’est quoi qui te défrise ?
- C’qui me défrise ? C’qui me défrise !! Mossieur joue les filles de l’air, un petit tour par ci, une courbette par là et c’est marre. Après c’est lettre morte pendant six mois si ce n’est plus et de son cul de poule formé en cœur il me demande comme une sucrée ce qui me défrise.
- Je rêve, je nage en plein cauchemar et c’est une piscine de merde. Entre les quelques flatulences qui te servent de mots j’ai cru entraver comme le début du reproche de ne pas assez bavasser sur ton espace public. Je sais que j’ai la caboche gaulée comme ton cul, mais elle n’est pas si déformée que je ne me souvienne pas avoir collé mon blaze en bas d’un papelard. J’te dois rien la blondasse.
- Ha ben bravo, elle est jolie la France des gentilshommes avec des cadors comme toi pour la représenter. Quand tu minaudais comme une rosière de carnaval pour que je t’accorde un regard, il semble que tu faisais moins le farouche. C’était des « Bien sûr Princesse » et des « Sans problèmes ma douce » qui se bousculaient à travers tes chicots moisis pour me satisfaire. Aujourd’hui qu’il faut assumer et s’occuper du petit, c’est le festival des prétextes à la con. Tu vas voir que demain il pourra pas non plus parce qu’il faut qu’il aille regarder pousser de la barbapapa.
- C’est bon, c’est bon, j’abdique. Qu’est-ce qu’il faut que je fais pour qu’tu me lâches la grappe ?
- UN TEXTE !!!!!!!! J’AI BESOIN D’UN PUTAIN DE BORDEL DE TEXTE !!! Inattendu si possible.



- Done.
- Z’êtes un chef muchigrou.


Canidé original, droit de réponse de Monsieur Muche

« Méconnaissances, amalgames, approximations, honte sur eux ! »

Voilà chers internautes les quelques mots que je fulminais alors que je prenais connaissance des réactions à l’article précédent de Glibichette intitulé « Ouahouah. »
Et encore, n’eussent été ma pondération proverbiale, ma courtoisie légendaire et ma rigoureuse éducation, ce sont quelques expressions plus fleuries telle que « Pourquoi tant de haine, corrompus, éducation de m… » qui auraient affleurées l’onde de mes pensées.
Mais cela aurait présupposé la volonté de nuire chez les honorables commentateurs alors que de toute évidence leur démarche procède de l’ignorance.

Voilà pourquoi j’estime le temps venu d’endosser la toge du maître pour dispenser la lumière de la connaissance canine sur un monde de toute évidence plongé dans l’obscurité.

Le Clapoto des fourrés, puisqu’il en est ici question, descend en droite lignée du fameux Frunhärd à poils semi épais (Freçï unyär Mylkit) importé d’Oural par les hordes Tatares en 1612. Le 26 juin pour être précis, après la période de quarantaine réglementaire au poste frontière de Baden-Baden.

La nature de son pelage trop léger pour s’adapter au rude climat montagnard, trop fourni pour supporter les chaleurs estivales du sud et trop soyeux pour les bretons, l’amena naturellement à trouver en plaine le terreau de son épanouissement. Notamment dans les régions marécageuses du Morvan et du Cher.

Doux avec les enfants, féroces avec les renards, docile, malicieux, rapide, intrépide, ce clébard devint vite la coqueluche (oups) des seigneurs du crû. Beaucoup ainsi, prirent l’habitude d’incorporer dans leurs meutes ce joyeux compagnon de battue.

Et du fil du temps en aiguilles des mutations, le Frunhärd perdit quelques longueurs de poils, sa truffe s’allongea, ses pattes se palmèrent et il devint apte à évoluer dans l’eau.
Mieux que flotter, moins bien que nager, voilà la définition de clapoter.
En terrain plat, un lieu d’embuscade ? Ne cherchez plus, c’est un fourré.
D’où aujourd’hui la quintessence française du chien de chasse des marécages mondialement connu sous le nom de Clapoto des fourrés.

Certaines âmes égarées vous certifieront que le Clapoto n’a jamais posé un seul coussinet dans de sympathiques fourrés champêtres, mais qu’il trouve son bonheur dans de sinistres forêts, au milieu des chênes, des hêtres ou des mélèzes (N°1 – The Larch).
Cette hypothèse ridicule s’explique par la confusion existante avec le Glapito des bois, remarquable fleuron français du chien de chasse forestier, qui attire le faisan en imitant à la perfection le cri du paon égaré. (Apparté scientifique : le faisan raffole autant du paon perdu qu’il se méfie des pandémies.)

Concernant le Forez, le dernier témoignage recensant la présence d’un Clapoto dans cette région, aux environs de St-Thomas-la-Gardé, vient de M. Emile Dufourche qui déclara en 1899 à la Gazette de Grezieux-le-Fromental « Pour sûr que j’avions vu une drôle de bestiau roder autour de la bâtisse de monsieur le maire. Noir comme le diab’ qu’il était. J’allions lui mettre un coup de fourche au cul, mais il a détalé comme un faisan devant une pandémie. »
Sachant que le pelage du Clapoto n’est jamais noir et qu’il ne fuit devant personne, nous pouvons d’ores et déjà affirmer que M. Dufourche se trompait. Il s’agissait sûrement d’un caniche ivre s’étant égaré au retour du fameux carnaval pour cabots ridicules de St-Romain-la-Puy qui à l’époque se déroulait une fois l’an le 04 avril.

Quant à l’évocation d’un Clapoto des Forets, je préfère passer le dossier à Mulder, Scully et leur ingénieuse équipe de traqueurs du surnaturel. Etant donné la délicatesse de l’ouïe du Clapoto, il ne saurait s’approcher à moins de quatorze kilomètres d’une perceuse. Si quelqu’un affirme avoir vu un Clapoto près d’une perceuse, c’est que ce n’était pas une perceuse.

L’honorable et fort cultivé Olivier nous a judicieusement fait part de l’existence d’un Clapoto des Faurés qui pratique habilement de l’orgue.
Après enquête, je suis en mesure d’apporter quelques précisions.
Il répond au doux nom de Cunégond, c’est LE Clapoto des Faurés, puisque les deux autres chiens sont un golden retriever et un fox terrier (resp. Mathilde et Flashy Flash).
L’orgue sur lequel il joue est en réalité un synthétiseur Bontempi connu pour usurper largement l’appellation d’orgue, acheté pour les huit ans d’Ernestine Faurés en 1989. Livré avec sa méthode d’apprentissage, il permettait une maîtrise de l’instrument en moins d’un mois. Ce qui réduit considérablement le mérite de Cunégond, sachant qu’il lui en a fallu deux pour jouer sans fausse note « Requiem pour une pantoufle. »
La maîtrise de la flûte traversière nous eut sans conteste beaucoup plus impressionnés.

De son côté, l’honorable Benoit mentionne le Clapoto des bosquets. Il s’agit tout simplement d’un jeune Clapoto en phase d’apprentissage du métier. Une fois son examen en poche, à savoir marquer correctement l’arrêt sur un canard en plastique jaune qui fait « pouêt », il sera libre d’évoluer dans tout fourré à sa convenance. Croyez bien que dès son instant, il dédaignera le bosquet jusqu’à la fin de ses jours.

Pour finir, Mika nous demande ce qu’il en est du Clapoto Subaquatique.
La seule fois où un Clapoto fut vu en train de pratiquer l’immersion totale et prolongée en milieu marin, c’est depuis le hublot d’un certain Yellow Submarine.
A ce qu’on m’a laissé entendre, il semblerait que malgré la profondeur, les occupants dudit sous-marin planaient sévère.
Autant dire que cette hypothèse farfelue n’a rien à faire dans un cours sérieux de haute tenue scientifique.


Au théatre ce soir.

Honorables Lecteurs,

Oui, amis de la gent masculine qui posez vos yeux par ici, c’est particulièrement à vous que je m’adresse.
N’en prenez point ombrages belles Dames. Si vous daignez poursuivre cette lecture, vous conviendrez aisément de la légitimité de ce préambule.

De nos aïeux, nous avons reçu bien des dons, la brosse à dents à poils rigides, le cirage lustrant, les chemises hawaïennes et un avertissement pétri de sagesse qui s’énonce en ces termes « Tourne sept fois ta langue dans ta bouche avant de parler. »

Si le maniement de la brosse à dents à poils rigides n’a plus de secret pour moi, si mes chaussures sont tellement brillantes que l’on peut suivre mes pas dans la nuit à cent mètres de distance, si je porte la chemise hawaïenne avec une aisance telle qu’il n’est pas rare que l’on me surnomme le Thomas Magnum des beaux quartiers, il s’avère que ma pondération linguale est des plus défaillantes.

Laissez moi donc vous compter pourquoi.

Le coup de pied de l’âne.


Une pièce en deux actes de Monsieur Muche, honorable sociétaire de la Comédie Lalalienne.

Acte 1 Scène 1


Sur la scène une table blanche. De part et d’autre de celle-ci, sont assis une ravissante jeune femme blonde, Damoiselle Glibe, et une vieux barbon bedonnant, Monsieur Gru.
Damoiselle Glibe présente à Monsieur Gru une feuille où sont esquissés quelques dessins. Il émet son avis :

Monsieur Gru, badin.

L’art est plaisant ma chère mais veuillez me permettre
Sur vos dessins ci faits quelques remarques d’émettre.
Vous vous croquâtes grande et la taille serrée
Mais vous n’êtes vraiment si svelte, si élancée.

Damoiselle Glibe, en courroux.

Entendez-vous par là, vous qui pesez trois hommes
Qu’en plus de l’embonpoint, j’ai la taille d’un gnome.
Jamais de votre bouche n’aurais-je cru ici-bas
Que sorte à mon endroit le terme de Boudina.

Monsieur Gru, consterné et en aparté.

Diantre, aurais-je gaffé ? Tâchons de nous rattraper.

Monsieur Muche, tâchant de se rattraper.

Ne vous méprenez pas sur le sens des paroles
Qui sortirent de moi comme le lait d’une casserole
Oubliée sur le feu pendant trop de secondes
Et qui en débordant la gazinière inonde.
Ce que j’ai voulu dire par ces mots mal choisis
C’est qu’à mes yeux sans doute vous êtes la plus jolie
Mais qu’à la vérité même si vous êtes un ange
Vous n’avez pas la taille d’Inès de la Fressange.

Damoiselle Glibe, main droite au front et main gauche sur le cœur.

De vous je ne veux plus aucune explication
Qui acheminent les maux vers les complications
Quoique vous puissiez dire il y a toujours un os
C’est que vous me traitâtes de petite et de grosse.
Vous perdez ma confiance et ce pour quelques lustres
Car je vous considère, Monsieur comme un vieux rustre.

Damoiselle Glibe, serrant les poings et sur un ton vengeur.

Et ça vous allez me le payer.


Rideau.
Fin de l’acte, fin de la scène.




Acte 2 Scène 1


Sur la scène sont éparpillés des débris de stylo, les vêtements de Monsieur Gru sont en lambeaux et son visage arbore quelques ecchymoses. Il contemple piteusement un écran d’ordinateur portable tandis que Damoiselle Glibe lime ses ongles d’un air satisfait.

Damoiselle Glibe, sentencieuse.

Que lisez vous mon brave en cette heure tardive
Quelques potins médiocres sur quelques grandes endives
Celles dont vous raffolez du physique longiligne
Et qui dans les journaux occupent trop de lignes ?

Monsieur Gru, distrait.

Non point ma douce, car je prends connaissance
Du match que Marseille gagna avec aisance
Contre une bien trop pâle équipe monégasque
Qui possède de bons joueurs mais au talent fantasque.

Damoiselle Glibe, moqueuse.

Vous suivez donc encore l’épopée phocéenne ?
Celle qu’hier encore vous abreuviez de haine
Avec de vilains mot qui, si j’ai bonne mémoire
Rimaient plus avec veaux qu’avec vaillants cougars.

Monsieur Gru, ripostant sottement.

Vous gaussez facilement l’équipe de mon cœur
Mais sauriez-vous comme eux courir avec ardeur
Durant une heure et demie, sans broncher sans pâlir
Vous qui êtes sportive autant qu’une poêle à frire.
Et vous qui l’autre jour causiez d’abdominaux
En avez-vous fait un sans vous rompre le dos ?

Damoiselle Glibe, la moutarde au nez.

Vos remarques ce soir sont d’allures cuisinières
Et le ciel m’est témoin qu’elles sont plutôt grossières
Bientôt sera le moment où votre vilaine bouche
Sortira des injures comme servies à la louche
Où vous me décrirez comme une molle limace
Impropre au moindre effort telle une poule bien grasse
Sachez faquin immonde que fut un temps récent
Où sur des parquets de danse je suais eau et sang
Et si depuis ce temps mes vêtements sont plus amples
C’est parce que c’est de vous que j’ai suivi l’exemple.
Sauf pour la vilenie où point n’avez de maître
Pour cela je vous prie d’aller donc vous faire …

Rideau en catastrophe.
Fin de la scène, fin du deuxième acte, fin de la pièce.



Voilà mes amis, j’espère que cette bien triste aventure aura su vous montrer à quel point il est bon de choisir ses mots avec soin quand vous parlez à votre dulcinée.
Surtout quand vous parlez silhouette, surtout après les « poches » de sinistres mémoires et surtout, surtout quand l’aimée est rudement jolie.

A moins que l’aventure en votre esprit n’habite
Gardez votre langage loin des erreurs susdites
Car même la moquette la plus épaisse qui soit
Ne remplacera jamais le moelleux d’un matelas.

Eclaircissements


Comme d’habitude, le précédent post de Gliboune est une merveille de littérature. L’alliance percutante de la concision et de la rigueur narrative a fourni un parfait outil pour extraire de la gangue carbonifère du quotidien le diamant brillant d’un billet humoristique. Je suis d’autant mieux placé pour en parler avec détachement et impartialité que, sur ce coup, je lui ai fourni la matière première.

Néanmoins, pour aussi sympathique qu’elle soit, cette phrase contient un reliquat d’imperfection que constitue sa nature sibylline susceptible d’interloquer le quidam en visite.

Aussi, je me propose de vous apporter quelque éclairage afin que ma décadence sous vêtementale ne soit plus pour vous un sujet de perplexité.

Au temps où les volcans n’étaient pas encore source de jeunesse mais plutôt de cloques aux pieds pour les distraits s’en approchant, c’est-à-dire dans ma prime enfance aux dires des perfides, je pratiquais le football avec la fougue vigoureuse propre à la majorité des bambins mais avec hélas la même maladresse pataude.

Le nombre de jonglages consécutifs que j’arrivais à enchaîner était compris entre 0 et 2.
Autant dire une misère. De quoi peut-être décourager tout un chacun, mais certainement pas un gosse rêvant d’éblouir la foule du Maracana.

Possédant déjà un esprit analytique j’avais posé le constat suivant : mon taux de réussite médiocre était dû à mon incapacité à maîtriser la rondeur du ballon. De par le fait, je ne pouvais acquérir la gestuelle correcte. Je devais donc trouver un objet de substitution léger et pédestriable (qui est l’équivalent pédestre de maniable.)

Après un temps de recherche menant à l’exclusion de mon pull, de l’ours en peluche de ma sœur, de mon béret et même de ma brosse à dents (un peu de magnanimité que diable, j’étais jeune, donc insouciant des règles fondamentales, dont la primordiale « On ne joue pas avec sa brosse à dents ! »), au moment du coucher je tombais enfin sur l’objet idoine en mon slip.

Derechef, je m’attelais avec assiduité au perfectionnement de ma technique jonglatoire tous les soirs avant le dodo. Au grand dam de Dame ma Mère quand, voulant lui prodiguer le baiser de la douce nuit, elle tombait nez à nez avec son rejeton s’agitant nu dans sa chambre avec un slip sur l’occiput.
C’est pourquoi, au fil des ans, je pus acquérir une maestria certaine dans la pédipulation de mes sous-vêtements.

Un slip au sol pouvait m’emmener dans des heures d’exercices de haute volée.
Je ramasse le slip avec l’orteil, d’un geste vigoureux je l’envoie en l’air où je le réceptionne sur le front, d’un dégagement frontal arrière il atterrit sur la nuque, puis hop l’épaule droite, hop l’épaule gauche, l’épaule se rejette en arrière, le dos se creuse brusquement et voilà le slip sur les reins, le dos se redresse, la jambe gauche se plie vers l’arrière pour récupérer le slip sur le talon, talon gauche vers talon droit, mouvement vertical puis rétro circulaire du pied pour récupérer le slip sur l’orteil et c’est reparti pour un tour.

Inutile de dire que les quelques demoiselles devant qui j’exécutais ces acrobaties étaient littéralement stupéfiées par tant d’agilité.

Sauf, bien entendu, Eulalalalère, qui resta de marbre de longues minutes avant de partir dans un grand éclat de rire laissant entendre que j’avais atteint le plus haut échelon du ridicule sur son échelle personnelle.
J’ai donc délaissé cette pratique.
Et depuis, je ne suis plus aussi doué.

Quelle cruelle perte pour le monde sportif !

Etude de la Truchinette à poils blonds dans son milieu naturel.

La Truchinette manifeste une quasi obsession pour la rutilance des robinets de salle de bains.
Quand elle furette aux abords d’une douche où certains dépôts calcaires se feraient trop visibles, elle acquiert un comportement très précis que l’on peut découper en 7 étapes.

1) Recherche du produit nettoyant.
2) Pulvérisation du produit sur le moindre mm².
3) Attente de 15 minutes en chantant fort « Piou-piou petit poussin » et en se limant les ongles.
4) Rinçage de la douche.
5) Une seconde après, émission de piaillements aigus entrecoupés de « C’est pas vrai, quelle bécasse ! »
6) Prise de la décision ferme et définitive de désormais ne plus jamais procéder au rinçage en s’enfermant dans la douche. Et en fermant bien hermétiquement les portes « pour ne pas en mettre partout hein ? »
7) Le lendemain, elle recommence. Oui, oui. Point 6 inclus.