À la supérette, une dame d'apparence soignée, piquée au vif car je lui avais fait remarquer qu'elle venait de me doubler dans la file d'attente aux caisses, m'a rétorqué : "Je n'ai pas de leçons de civilité à recevoir d'une petite merdeuse dans votre genre".

De prime abord, la petite merdeuse en moi a roulé les yeux au ciel et a expiré bruyamment bouche ouverte en se voutant légèrement.

La trentenaire a repris la main rapidement ; alors que toutes les conditions étaient réunies pour une surenchère d'insultes décomplexées* et que la première était toute trouvée, j'ai en fait répondu "De toute évidence, Madame, vous avez grand besoin de leçons de civilité. Mais je ne me porte pas volontaire."

J'ai pris tout mon temps pour payer en petite monnaie, aux côtés de la bourgeoise furibarde qui tentait, je crois, de faire s'étouffer par télékinésie la caissière qui avait osé prendre mon panier.

Je suis sortie passablement agacée de ne pas avoir trouvé meilleure répartie à lui asséner, mais aussi, je l'avoue, assez flattée qu'on puisse encore me prendre pour une "petite merdeuse". Comme quoi la queue de cheval décalée sur le côté, c'était une super idée.



* situation de défense + stress + fin d'une journée trop longue + Paris + supermarché bondé de gros mous + retard = droit inaliénable à la surenchère d'insultes décomplexées.