Anonymes, 7

Il court vers elle en criant son prénom. Il tient à la main un gros bouquet de roses rouges et jaunes étouffées par un épais feuillage vert. Le voyant, elle tourne les talons et hâte le pas.

Il arrive à sa hauteur, prononce quelques mots. Elle prend le bouquet sans un sourire et recule à mesure qu’il avance vers elle. Il essaie de lui saisir le poignet. Quelques mots sont échangés.

Il écarte les bras en croix.

C’est ce moment qu’elle choisit pour le frapper avec le bouquet. Elle le saisit à deux mains et tape d’abord la tête, comme deux gifles, puis le torse, jusqu’à ce que les tiges cassent. Elle jette ce qu’il reste dans le caniveau, le menace de l’index et reprend son chemin.

Il la regarde partir, interdit, les pieds dans les pétales des fleurs qui furent son bouquet.


T'sais que j't'aime, toi ?

Liquéfaction dans le bureau étuve

Anonymes, 5

Il est entré dans le bus comme il serait rentré dans une navette spatiale ; avec empressement et impatience. Elle lui emboite le pas. Il doit avoir environ 5 ans. Il a des traits communs avec cette jeune femme qu’il appelle par son prénom.

Une fois assis, il semble absorbé par le paysage qui défile et balance ses pieds dans le vide.

A l’arrêt suivant, une autre femme et un autre enfant arrivent.
« On se met là, Maman ? »

La jeune femme regarde l’enfant qui vient d’arriver et dit :
« Hey ! C’est Léo ! Bonjour Léo ! Comment vas-tu ? »

Léo, timide, regarde ses chaussures et murmure :
« Bonjourmadamejevaisbienmerci ».

La maman de Léo hoche la tête en guise de salut, regarde le premier enfant et lui demande doucement :

« Et toi, comment t’appelles-tu ? »

L’enfant la regarde, et mi amusé, mi gêné, dit :

« Moi, je suis … Albator ! »


Lecture à suivre