Manquer de se rétamer en descendant les trois marches d’un train fermement décidé à la jouer Big Thunder Mountain, ce n’est pas si terrible.

Passer une bonne minute à invoquer l'esprit d'Einstein pour essayer de comprendre comment s’ouvre la porte des toilettes, ce n’est pas si terrible.

Une fois à l'intérieur grâce à des neurones bien einsteinés, commencer à attaquer le vif du sujet et se redresser précipitamment pour se ruer vers la porte en soufflant « non non non non c’est pris non non non c’est pris non non non non oh lalalala non non non !!! », ce n’est pas si terrible.

Prendre conscience qu’on est dans un train, le pantalon à moitié descendu, face cinq quidams éberlués au moment où on referme la porte au nez d’une jeune personne interdite, ce n’est pas si terrible.

Ne plus réussir à ouvrir une fois redevenue plus présentable et finir par souhaiter que quelqu’un parvienne de nouveau à ouvrir la porte close, ce n’est pas si terrible.

Affronter les regards goguenards en sortant des toilettes avec le sourire n°7, le détaché, celui qui dit « ahah quel épisode désopilant, même pas mal à l’ego, ahah », ce n’est pas si terrible.

Rejoindre son siège, rouge comme une tomate, puis expliquer en bégayant à son aimé hilare ce qui vient de se produire, ce n’est pas si terrible.

S’enfoncer dans son siège au moment où passe chaque personne qui a assisté à la scène, ce n’est pas si terrible.

Rester à sa place lorsque toute la colo de la jeune personne évoquée plus haut descend pour scruter la-fille-qui-ne-savait-pas-verrouiller-les-portes, avec les rires étouffés de son amoureux en fond, ça, mes amis, ça, oh, oui, ça, c’est terrible.