Mot d’excuse

Chers tous,

Nous vous prions d’excuser l’absence prolongée de notre petite Eulalie de la rédaction du journal de la Blonde. Soucieuse d’assurer ses arrières en cas de pépin professionnel, notre fille travaille actuellement d’arrache-pied sur plusieurs projets qui l’ont empêchée de mener à bien sa mission de consignation.

Elle a d’abord exploré la voie scientifique en essayant d’établir une nouvelle version de la règle de trois, l’actuelle méthode étant pour le moins obscure. Cette voie s’étant soldée par un échec, elle se cantonne pour le moment, avec un réel brio, à demander le résultat au lieu de tenter de le calculer elle-même.
En revanche, pour la règle de un, ça va : elle gère.

Par ailleurs, désireuse d’explorer les voies artistiques, elle a décidé de recommencer à travailler son imitation de la corne de brume. Vous l’a-t-elle déjà fait ? Elle est étonnante : fermez les yeux et vous sentez le froid sur votre visage. Quant au son, c’est bien simple, elle a reçu l’ordre de la mairie de ne plus s’exercer sur la plage. La tonalité déroutait les paquebots et perturbait les baleines.

Elle dispose de surcroit d’un allié précieux en la personne de Clémentine, son binôme de travail, également attentif (oui, Clémentine, également surnommé Riton la Moumoute est un garçon) à sa possible reconversion.
Ils ont décidé de monter un spectacle dans l’optique de réaliser une grande tournée mondiale. Riton, à la cuillère et à la canette de soda, réalise les percussions, tandis qu’Eulalie, notre blond rossignol, entonne les hymnes nationaux. Leur spectacle, essentiellement musical (s’ils passent un jour près de chez vous, ne manquez surtout pas leur reprise de Vanina, aa, aa, aa (hymne hollandais fort célèbre)), est ponctué de tableaux poétiques (ne ratez pas celui de l’envol du pélican au son de la corne de brume. Celui qui posera la question de savoir qui incarne le pélican, ou pire, le paquebot dérouté ou la baleine perturbée se verra offrir la main d’Eulalie. Dans la figure.) et de saynètes cocasses à base de jets artistiques de boulettes de papier.

Enfin, dans un registre plus high tech, elle étudie activement les graphismes du dernier Lara Croft sur PS3, dont son aimé ne décroche pas. Elle s’entraine notamment à ne hurler qu’une fois sur deux lorsque les tarentules PLUS GROSSES QUE LA MOTO DE LARA apparaissent à l’écran.

Mon mari et moi vous sommes infiniment reconnaissants de l’indulgence dont vous voudrez bien faire preuve et vous assurons que dès qu’elle aura retrouvé un tant soit peu de cerveau disponible, elle reviendra ici mener sa mission de consignation.

La Maman d’Eulalie

PS : PLUS GROSSES QU’UNE ENOOOOOOOOORME MOTO !!! Con de jeu, con d’araignées !!!


Epineuse compagnie

Moi, je voulais adopter un chat, du genre gros matou moelleux câlin tranquille un peu pataud qu’on pourrait coiffer Iroquois.
Lui, il voulait adopter un chien, du genre jeune bestiole hyperactive qui, lorsqu’elle te voit, patine sur le parquet avant de réussir à te foncer dessus toute langue sortie.

Oui, nous avons une vision quelque peu divergente de l’animal de compagnie idéal. Ajoutons à cela qu’il est allergique aux poils de chat et que je n’aime pas vraiment les chiens ; aucune bêbête poilue n’était censée franchir un jour le pas de la porte.

J’ai bien essayé d’aller sur le glissant terrain de l’écaille, mais il semblerait que le Grü ait été attaqué par un aquarium étant petit, tant cette perspective l’emplit d’une haine furieuse et destructrice.
A moins qu’il n’ait été traumatisé par le film « A Fish Called Wanda », et les tortures qu’inflige Kevin Kline à ce pauvre Michael Palin.

Le sujet était donc clos.

Jusqu’à ce qu’il entre en trombes un soir, dépenaillé, non rasé, décrétant, gravement, sans qu’aucune contestation d’aucune sorte ne soit possible :
« Glibounette, j’ai décidé de me laisser pousser la moustache. »

Elle se faisait discrète, au début, mais à force d’être emmenée, systématiquement, où qu’il aille, elle a gagné en assurance, allant jusqu’à prendre de la place entre nos baisers.

Je vous ferai grâce des heures passées dans la salle de bain, à parler à son reflet « Heyyy, salut, toi... T’sais qu’t’es une belle moustache ? » entre chaque série de quatre coups de peigne par flanc ou après sa taille minutieuse aux ciseaux.

Ils mettent au point leurs petits jeux, dont je suis toujours exclue. La moustache, après moult contorsions de la lèvre supérieure, vient gratouiller le bout de son nez. Il rit alors doucement en la caressant « hihi ça fait des guilis ».

Ce soir, nous avons atteint un palier effrayant.
Ils ont regardé le foot, tous les deux, ensemble, confortablement installés dans l’un des fauteuils. Du bout des doigts, il la lissait, la caressait, la décoiffait, la recoiffait, longuement, doucement.

Melle Truc, abasourdie - Vous câlinez votre moustache !
M. Muche, pris sur le fait – Hein ? Mais non, pas du tout, je …
Melle Truc, ébaubie – Si ! Vous étiez en train de câliner votre moustache, je vous ai vu !
M. Muche, honteux – Pas du tout, vous n’avez rien vu. D’ailleurs, ce n’est absolument pas ce que vous croyez.

« Ce n’est pas ce que vous croyez. » ...

Bientôt, je rentrerai et trouverai le Grü rougissant dans le lit et la moustache toussotant dans le placard.
Je ne suis pas de taille.


Donne du rhum à ton homme, du miel et du tabac...

Quand la moue triste au dessus d'une épaule dénudée ne suffit plus à retenir l'être aimé qui souhaite passer la porte le temps d'aller lire un café et de boire l'Equipe, il ne reste plus qu'une solution en deux temps :
1. Lui piquer sa seconde chaussure et la planquer,
2. Bricoler un élément en catastrophe pour lui prouver que le monde extérieur n'a RIEN d'enviable.

Dont acte :






Croirez-vous que cet ingrat en a cure ? Non, l'oiseau n'aime pas sa cage dorée ni le monde coloré dans lequel l'OM gagne tous ses matches, il préfère la vérité, les classements, la sueur, les tacles, les déceptions et les cris.
Heureusement qu'il reste la couette et Civil War.