Affectée par l'éradication de la planète Terre des pulls en laine à manches longues, mais bien résolue à renseigner mon code de carte bancaire ailleurs que dans un magasin de denrées alimentaires, j'ai opté pour une valeur sûre : le magasin de produits cosmétiques. Avec une idée en tête : à moi un nouveau blush rose et une base pour l'ombre à paupières.

« Pour la base, nous avons un produit fantastique. Vous l'appliquez avec un pinceau comme celui-ci. C'est une base waterproof, longue tenue mais facile à démaquiller. Cela évitera à l'ombre à paupières de glisser dans vos ridules. »

Un temps.

« Ridules ».

« Vos ridules ».

Pas « Cela évite à l'ombre à paupières de glisser dans les ridules, mais je doute que cela vous soit utile, vous n'en avez pas une seule, c'est incroyable, quel est votre secret ? Votre peau respire la fraicheur printanière, vous êtes éblouissante ! Je vous en prie, donnez, donnez, do-do-onnez, donnez donnez-moi, Dieu le vous rendra, et moi je vous offre de ma poche tous les produits ici présents que vous désirez ! ». Ce à quoi j'aurais répondu un « Allons, allons, vous me gênez, Madam... oups, Mademoiselle. »

Non.

« Cela évitera à l'ombre à paupières de glisser dans vos grosses ridules creusées, espèce de vieille daronne fripée, et de couler jusqu'à vos colossaux sillons naso-géniens. C'est dingue, vos rides communiquent entre elles, vous avez de l'ombre à paupières jusque dans le cou ! A mon niveau j'ai peur de ne pas pouvoir faire grand chose, vous avez pensé à vous en remettre à la science ? Ou à contacter des professionnels, genre Bouygues Construction ? »

Garce.

C'est ni un pull ni du maquillage qu'il me faut, mais une burqa.