Peut-on vivre avec un homme prêt à toutes les infamies pour nous voler nos chokobons ?

Un homme qui ne renonce pas à jouer du charme, et qui, se heurtant à mon indifférence la plus totale (« Lilli doesn't share food ! ») n’hésite pas à tenter de chaparder le paquet, sans se soucier des deux ongles retournés au passage. C’est sous-estimer les réflexes dont je peux savoir faire preuve de temps à autres (« Lilli doesn't share food !!! »). L'adversaire (oui, l'adversaire, pas moins, je suis l'innocente victime d’un voyou sans scrupules !), tombe alors le masque et use de sa force physique pour atteindre le paquet. Me voilà, apeurée (non je n’en fais pas trop), en train de serrer de mes petits doigts bleuis le paquet contre mon cœur meurtri, (si ! meurtri !), et, alors que j’esquive non sans mal une énième tentative de me faire choir, je me demande, peut-on vivre avec un homme prêt à toutes les infamies pour nous voler nos chokobons ?

La réponse est oui.

Parce que s’époumoner dans la rue « Au voleur ! A l’assassin ! A la crapule ! On me dépouille ! Aaah ! Je suis dépouillée ! », c’est vachement rigolo. Et que se battre à coups de parapluies mouillés, c’est con, ça bousille les emballages des courses, ça tord la tige, mais c’est chouette. Et que les chokobons portent très mal leur dernière syllabe. Et que ce soir, je sortirai ma plus belle moue, pour lui montrer les marques blanches sur mes ongles retournés (dépouillés de vernis juste pour cette occasion) et les griffures sur mes mains. Je serai alors câlinée par un Grü en proie aux remords, que je pourrai réactiver dans les prochains jours pour qu’il lâche le verre doseur JUSTE en montrant mes ongles.

Une petite victoire, en somme.