La classe américaine

Parce qu'il l'avait acheté et qu'il n'a pas su tenir sa langue, parce que j'ai un radar à cadeaux caché dans la truffe, parce que je suis douée d'un sens de déduction hors norme quand il s'agit de trouver ce qu'on va m'offrir et parce que Gruninours est le plus mauvais dissimulateur de cadeau du monde entier*, j'ai pu ouvrir les paquets de consolation de ce fichu anniversaire EN AVANCE.

Depuis, ma vie a changé.

Depuis, je connais le respect. La déférence. L'admiration.
Depuis, les gens ne sont plus tentés de me tapoter gentiment le dessus du crâne, je ne passe plus pour une douce dingue vieillotte, on ne me rit plus au nez, les moqueries et les railleries ont disparu.


Tout cela grâce à ce nouveau collier, avec sa grosse breloque high tech.


(photo)

Mais j'ai mal au cou, un peu.



*« Oh, c'est quoi cette feuille qui traîne dans une enveloppe cachetée placée dans une boîte dissimulée derrière les classeurs sous une pile de magazines ? Ah ben c'est l'impression de la fiche internet de ce qu'il y a dans le paquet, bien dissimulé derrière les habits de la penderie, sur le sac plastique pour faire croire qu'il n'y a rien d'autre, tiens. »


Sans rapport : Il ne réussira donc jamais à m'oublier... Jusqu'à programmer la naissance de ses jumeaux le jour de mon anniversaire ! Enfin ! Bradou ! C'est gênant !


Entre durs, on se comprend


Jour 7
- Et là, mon petit Bob, le fauteuil s'est retourné.
- Dur...




Eulalie B.'s fashion diary*

Jour 6 - Comment assortir son coquard à sa tenue ?

Voilà une question que je ne pensais pas me poser un jour. Mais ce matin là, face à mon miroir, après avoir posé 7 couches d'anticerne puis 8 de fond de teint, alors que je reposais ma truelle sur le bord du lavabo, je devais me rendre à l'évidence.
La bête n'était pas camouflable, il allait donc falloir composer avec.

J'ai donc décidé de considérer mon coquard, Coco de son petit nom, comme un accessoire.
Fière de ma trouvaille terminologique me faisant l'espace d'un instant penser que l'abonnement à Vogue n'était peut-être pas l'idée du siècle, j'ai fondu sur la partie Grunichesque de l'armoire afin d'y dénicher ma tenue à la pointe de la wave fashionnisteque.

J'ai décidé d'arborer un look résolument urban, mais sporty, un peu glossy et évidemment oversize, tout en restant girly.

« Voyons voyons… Un mini short de sport ... OK ... faudra juste que je lui demande ce soir la raison pour laquelle il a dans ses affaires un mini short en éponge 70's… Un grand marcel en coton, super, pour éviter l'étalage de nichons, je prends un petit débardeur, pailleté pour le glossy girly … ma ceinture large en cuir noir… et pour affronter l'air frais matinal … le grand sweat zippé à capuche taille… XL, parfait. Pour rester dans la tendance, des spartiates (bêêê bêêêê), et pour la coiffure, un gros chignon au dessus du crâne. »

Et me voici en oversize glam' Rocky chic.

Maintenant, la question du look étant réglée, un second paramètre devait être pris en compte ; comment assumer cette tenue complètement ridicule ?


*Clin d'œil respectueux au Punky B's fashion diary, qu'on ne présente plus, n'est-ce pas.