Note cafardeuse.
Par Eulalie, samedi 31 mai 2008 à 00:06 :: Journal :: #690 :: rss
La porte claquée après son départ vers des contrées virilement chaleureuses et houblonnées, tu as l’appart’ pour toi. Tu ne sais plus dire à quand remonte ta dernière soirée seule. C’est si loin.
Tu erres un peu sur le web, réactives un vieux Facebook et regardes les dernières nouvelles de tes « amis ». Tu n’as même jamais pris un café avec le quart d’entre eux.
Tu te raccroches un peu aux gens que tu connais, et dans cette liste figure encore une personne d’avant. Tu te dis que c’est con, cette expression, « d’avant ». Et tu cherches. D’avant quoi ? Avant maintenant ? Bravo Sherlock. Avant de quand tu étais jeune ? Non, tu n’es pas à l’âge de ces distinctions. Avant sa mort, bien sûr. C’est sa mort qui a tout fait basculer. Sa mort a fait aimer et haïr plus fort. Sa mort a fait abandonner, faute de sens, et revenir dans la réalité. Elle n’a pas fait évoluer ta vie en quelque chose de moins bien ou de pire, juste en un nouvel état, différent, moins léger, plus grave. Un état dans lequel on aime plus fort. Mais un état avec la peur en toile de fond.
Tu essaies de compter combien de petits deuils tu as dû faire, depuis. Lorsque le chiffre commence à être trop important, tu décides de faire des groupes qui ne compteront que pour un. Quand le chiffre atteint le nombre, tu décides d’arrêter de compter.
Tu retournes toujours sur la même personne « d’avant » lorsque ça ne va pas fort. L’amitié est morte depuis que tu as craché ta peine sans prendre de pincettes, elle se restreint désormais au sens Myspacien ou Facebookien, à un contact, un n° qui fait gonfler la Liste. Tu ne coupes pas ce dernier lien parce que tu veux voir ce qu’ils deviennent, regarder les photos de leurs fêtes où, jadis, tu étais conviée, baver d’envie devant leurs sourires heureux. Tu te dis que certains d’entre eux ont pris un coup de vieux. Tu te demandes si toi aussi. Sûrement, après tout, pourquoi dérogerais-tu à la règle. Ça fait si longtemps…
La tristesse, tapie dans l’ombre des milliers de tâches quotidiennes à faire, fait son entrée. Comme elle commence à former cette boule dans ta gorge, tu décides d’entamer cette boîte de pim’s à l’orange.
Et tu te rends compte que tu n’aimes plus ça. Trop sucré, trop écoeurant, trop pâteux.
Il n’en faut pas plus pour faire basculer de la tristesse aux larmes. Que toutes les pages se tournent dans une vie, finalement, tu t’es fait à l’idée. Mais tu aimerais voir venir.
Tu aurais plus profité de ces fêtes si tu avais su qu’un jour on ne penserait plus à t’inviter.
Tu aurais plus souvent dit je t’aime à Mado si tu avais su que cette 476 867ème fois était la dernière, même si le 476 867ème je t’aime a été la dernière phrase que tu lui as dit. C’était pas un « au revoir », ni un « à plus », encore moins un « bisou ! », non, c’était un « je t’aime ». Et un « je t’aime aussi » en retour.
Tu aurais plus écrit si tu avais su qu’un jour, les histoires, l’imagination, les mots, même, t’abandonneraient.
Tu aurais fait des concessions si tu avais su que cette occasion là, un manuscrit accepté dans une maison d’édition, putain, ne se représenterait pas.
Avant cette finale engueulade avec Titou, tu lui aurais expliqué en long, en large et en travers que tu le remuais pour son bien, que le secouer était un acte d’amitié envers une personne qui compte et qui se laissait couler.
Tu te serais gavée de pim’s jusqu’à ne plus aimer, et ainsi ne pas t’offrir une parenthèse au sacro-saint régime qui n’avait rien de réconfortant.
Ça pourrait durer la nuit, tant il est facile de remuer sa tristesse et de trouver des angles qui font pleurer. Et Lisa Hannigan entame Silent Night sur la liste de musique en shuffle.
Alors tu vas dormir. En espérant que demain, les pim’s auront meilleur goût.
Tu erres un peu sur le web, réactives un vieux Facebook et regardes les dernières nouvelles de tes « amis ». Tu n’as même jamais pris un café avec le quart d’entre eux.
Tu te raccroches un peu aux gens que tu connais, et dans cette liste figure encore une personne d’avant. Tu te dis que c’est con, cette expression, « d’avant ». Et tu cherches. D’avant quoi ? Avant maintenant ? Bravo Sherlock. Avant de quand tu étais jeune ? Non, tu n’es pas à l’âge de ces distinctions. Avant sa mort, bien sûr. C’est sa mort qui a tout fait basculer. Sa mort a fait aimer et haïr plus fort. Sa mort a fait abandonner, faute de sens, et revenir dans la réalité. Elle n’a pas fait évoluer ta vie en quelque chose de moins bien ou de pire, juste en un nouvel état, différent, moins léger, plus grave. Un état dans lequel on aime plus fort. Mais un état avec la peur en toile de fond.
Tu essaies de compter combien de petits deuils tu as dû faire, depuis. Lorsque le chiffre commence à être trop important, tu décides de faire des groupes qui ne compteront que pour un. Quand le chiffre atteint le nombre, tu décides d’arrêter de compter.
Tu retournes toujours sur la même personne « d’avant » lorsque ça ne va pas fort. L’amitié est morte depuis que tu as craché ta peine sans prendre de pincettes, elle se restreint désormais au sens Myspacien ou Facebookien, à un contact, un n° qui fait gonfler la Liste. Tu ne coupes pas ce dernier lien parce que tu veux voir ce qu’ils deviennent, regarder les photos de leurs fêtes où, jadis, tu étais conviée, baver d’envie devant leurs sourires heureux. Tu te dis que certains d’entre eux ont pris un coup de vieux. Tu te demandes si toi aussi. Sûrement, après tout, pourquoi dérogerais-tu à la règle. Ça fait si longtemps…
La tristesse, tapie dans l’ombre des milliers de tâches quotidiennes à faire, fait son entrée. Comme elle commence à former cette boule dans ta gorge, tu décides d’entamer cette boîte de pim’s à l’orange.
Et tu te rends compte que tu n’aimes plus ça. Trop sucré, trop écoeurant, trop pâteux.
Il n’en faut pas plus pour faire basculer de la tristesse aux larmes. Que toutes les pages se tournent dans une vie, finalement, tu t’es fait à l’idée. Mais tu aimerais voir venir.
Tu aurais plus profité de ces fêtes si tu avais su qu’un jour on ne penserait plus à t’inviter.
Tu aurais plus souvent dit je t’aime à Mado si tu avais su que cette 476 867ème fois était la dernière, même si le 476 867ème je t’aime a été la dernière phrase que tu lui as dit. C’était pas un « au revoir », ni un « à plus », encore moins un « bisou ! », non, c’était un « je t’aime ». Et un « je t’aime aussi » en retour.
Tu aurais plus écrit si tu avais su qu’un jour, les histoires, l’imagination, les mots, même, t’abandonneraient.
Tu aurais fait des concessions si tu avais su que cette occasion là, un manuscrit accepté dans une maison d’édition, putain, ne se représenterait pas.
Avant cette finale engueulade avec Titou, tu lui aurais expliqué en long, en large et en travers que tu le remuais pour son bien, que le secouer était un acte d’amitié envers une personne qui compte et qui se laissait couler.
Tu te serais gavée de pim’s jusqu’à ne plus aimer, et ainsi ne pas t’offrir une parenthèse au sacro-saint régime qui n’avait rien de réconfortant.
Ça pourrait durer la nuit, tant il est facile de remuer sa tristesse et de trouver des angles qui font pleurer. Et Lisa Hannigan entame Silent Night sur la liste de musique en shuffle.
Alors tu vas dormir. En espérant que demain, les pim’s auront meilleur goût.
Commentaires
1. Le samedi 31 mai 2008 à 00:56 pétantes, Rebecca a déclaré :
2. Le samedi 31 mai 2008 à 01:07 pétantes, Mnémo a déclaré :
3. Le samedi 31 mai 2008 à 04:49 pétantes, CaribouRennes a déclaré :
4. Le samedi 31 mai 2008 à 12:11 pétantes, nhan_hien a déclaré :
5. Le samedi 31 mai 2008 à 13:05 pétantes, Chrys a déclaré :
6. Le samedi 31 mai 2008 à 13:30 pétantes, Dom a déclaré :
7. Le samedi 31 mai 2008 à 13:41 pétantes, philippe a déclaré :
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9. Le samedi 31 mai 2008 à 21:53 pétantes, philippe a déclaré :
10. Le samedi 31 mai 2008 à 22:33 pétantes, Olivier a déclaré :
11. Le samedi 31 mai 2008 à 23:31 pétantes, Thonthon a déclaré :
12. Le samedi 31 mai 2008 à 23:34 pétantes, Delio a déclaré :
13. Le dimanche 1 juin 2008 à 02:37 pétantes, Lolo a déclaré :
14. Le dimanche 1 juin 2008 à 11:06 pétantes, hante - raid a déclaré :
15. Le lundi 2 juin 2008 à 14:46 pétantes, Dana Hayes a déclaré :
16. Le lundi 2 juin 2008 à 18:13 pétantes, ulfablabla a déclaré :
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18. Le lundi 2 juin 2008 à 23:30 pétantes, Eulalie a déclaré :
19. Le mardi 10 juin 2008 à 09:16 pétantes, callisto a déclaré :
20. Le mercredi 11 juin 2008 à 13:25 pétantes, Marie a déclaré :