Blah, blah, blah

La semaine dernière, la maman de mon Vénéré Patron, se heurtant au répondeur de son fiston, a, de guerre lasse, laissé un message. Lorsqu’il a interrogé sa messagerie, sa voix a résonné dans tout le bureau :

« Poupougne, c’est maman. C’était pour savoir s’il fallait que je te prenne un rendez-vous chez le coiffeur pour ce week-end ? Rappelle-moi, bisous ! »

J’ADORE cette femme.

Moi, je prends mes rendez-vous toute seule. Chez le coiffeur, c’est toujours croustillant. Par exemple, saviez-vous que Monsieur et Madame X mettent fin à un mariage de trois décennies ? Si ! Comme j’vous l’dis ! Je le tiens de la dame qui se faisait manucurer en attendant que ses racines prennent. Figurez-vous que Monsieur s’est trouvé une nouvelle jeune amie de vingt ans sa cadette, quittant donc Madame non pas pour une jeunette mais pour une vieillette, Madame ayant environ 25 ans de moins que Monsieur. Madame, elle, s’est trouvée un nouveau jeune ami de 15 ans son cadet, ce qui doit vraiment beaucoup la changer.

Il m'a fallu du temps pour déterminer les âges de chaque protagoniste de cette affaire, sauf celui de la cancanière qui doit facilement atteindre les 134 ans, vu l'état de sa peau.

J’aurais adoré connaître le croustillant de cette affaire qui selon la conteuse allait arriver, mais le sèche-cheveux a commencé à vrombir. Je me suis donc rabattue sur un Elle du mois dernier, dans lequel j’ai lu ce conseil, que dis-je, cette exhortation d’Andrée Putman :

« Il faut oser mélanger Le Corbusier* et Boulle** ».

J’en reste coite de honte, moi, j'ai jamais osé. Et perturbée, aussi, lorsque je constate toutes ces année d’errances pendant lesquelles j’ai surtout mélangé IKEA et BHV.

J’en faisais justement part à ma chère maman, qui a décrété aussi sec à l’attention de mon cher papa :

« ça suffit de stocker les bouteilles comme ça. Il faut arrêter de mélanger le vin*** et l’apéritif****. »

Je ne sais pas si on peut en déduire que Maman est d'accord avec Andrée Putman. Elle a en tout cas une opinion très tranchée sur le rangement des contenants de liquide, et je trouve ça courageux d'assumer ses opinions.

C’était un samedi palpitant sur la Terre.


*Le Corbusier, pensons purisme et géométrie
** Boulle, pensons marqueteries et dorures
*** Le vin, pensons raisin et verre à pieds
****L’apéritif, pensons zakouski et boisson



LIBERTAD !

Cela fera bientôt 7 semaines que mes pieds ont été pris en otage par la mafia des baskets Adadas.


Voici les dernières photos de mes pieds en liberté.

Depuis, les dernières nouvelles sont inquiétantes ; le Docteur Tchoutchou a été d'une aide capitale pour les libérer du Gang de l'Attelle, mais ils sont ausitôt retombés dans une embuscade orchestrée par la Ligue Contre-Révolutionnaire de la Chevillière Armée (voire Renforcée).
Leurs conditions de rétention sont épouvantables ; outre les tortures infligées par le quotidien garrotage de mollet, ils sont dans l'obligation de porter des baskets de ville et ont en conséquence le plus grand mal à trouver une tenue sympathique qui sorte de l'ordinaire pull - jean - baskets.

Nous demandons à ce que l'Opinion fasse pression pour que ces atrocités cessent. Mais pas sur la cheville, merci bien.

Correspondance

De : don.balthazar.de.la.mucha@adresse-pro.co.uk
A : eulalie.de.la.garenne@adresse-perso.fr
Date : le 04/04/2008, 10:45
Sujet : Drame

Ma Mie,

Il va falloir que vous soyez forte...

Ce matin, en mettant mes chaussures, j'ai cassé un des jumeaux.
J'ai fui comme un lâche en laissant l'objet gire sur le sol, sans même prévenir les secours.

Saurez-vous me pardonner ? Croyez-vous que nous devrons dire au chausse-pied restant que son frère/sa sœur est parti sans rien dire ?
Devrons-nous envoyer de fausses cartes postales ?

Des bisous


De : eulalie.de.la.garenne@adresse-perso.fr
A : don.balthazar.de.la.muche@adresse-pro.co.uk
Date : le 04/04/2008, 12:35
Sujet : Re : Personne ne devrait survivre à son chausse-pied.

Balthazar,

C'est quelque chose d'énorme, que vous me demandez là. Le pardon n'est pas si évident. Je ne peux pas m'empêcher de vivre cet évènement comme une traîtrise. La situation aurait-elle été différente si j'avais été présente et si vous m'aviez laissée vous aider ? Très certainement. J'en parlais justement avec Hector Banciotti au déjeuner, un type formid', il s'est senti très concerné par le drame que nous vivons.

Il pense que vous pouvez apprendre de vos erreurs et devenir un meilleur homme. Alors voilà, Balthazar, ce que nous allons faire : à mon retour, nous conjuguerons ensemble le verbe "gésir".

Des bisous.

P.S. : Bazardez-donc Saucisson, ça nous fera une bonne occasion de retourner chez Ikéa, on dira à Salsifi que son frère aîné est parti avec sa guitare suite à une divergence d'opinion entre vous sur son mode de vie.


Depuis, étrangement, plus de nouvelle du Gru.

Crocs blancs

Dans ma quête de la zénitude, j’ai essayé énormément de remèdes miracles pour combattre le stress ;

- Les cures de magnésium.
Mon problème, c’est l’assiduité. La prise de médicaments est gérée par le département Nageoires et Branchies de mon cerveau. Pas de bol. Surtout quand on considère que la consignation de tous les digicodes des appartements dans lesquels j’ai vécu depuis mes études est dirigée d’une trompe de fer par la Division des Eléphants.

- La restructuration cognitive.
Au début, dit comme ça, forcément, ça n’a pas l’air apaisant du tout. A vrai dire, après non plus ; il faut identifier ses distorsions cognitives pour s’accommoder de ses pensées négatives voire les modifier en pensées positives. Ça fait mal à la tête hein ? Tout ce que je sais, c’est que quand j’essaie, je remarque surtout que je dois chasser un poil sur une jambe armée de ma pince à épiler ou bien je pars dans une grande dramaturgie interne à base de « Que sera ma vie si jamais cette foutue cheville droite ne dégonfle jamais ?? » Pas destressant, non.

- Le défoulement.
Sauter dans tous les sens sur les Scissors Sisters ou Philippe Katerine. Ça marchait pas mal du tout, mais ma voisine du dessous s’est fermement opposée à l’adoption de cette pratique qu’elle a qualifiée d’une façon ma foi fort vulgaire. Pour résumer, entre gens civilisés, on dira que son propos était d’opposer son droit à la tranquillité chez soi. Pfffff. Quelle intolérance !

- La respiration abdominale.
Alors ça, c’est d’la couille.
D’une, je vois pas en quoi me concentrer sur mon ventre peut avoir un effet sur mes tics nerveux. Regarder mon abdomen gonfler est plutôt angoissant, rapport au maillot de cet été qui boude d’avance ou à un certain film d’un malade mental notoire dans lequel des trucs pas vraiment choupinous traversent la peau pour venir pourrir la bonne ambiance bonne franquette de la salle commune.
Et de deux, si je réussis à faire abstraction du point 1 (mais quel con ce Ridley Scott !!), ça me bloque tellement de réfléchir à ma respiration que j’en perds mon rythme. Résultat, dans ma panique, soit je sur-ventile, soit je sous-ventile et je mets un temps monstrueux à récupérer un rythme normal. Ce qui est très stressant. La respiration abdominale TUE, je suis sûre qu’un jour le tabou sera levé et que ce sera une affaire au moins aussi important que les hormones de croissance.


Finalement, j’ai trouvé la solution. Je l’ai testé de nouveau ce soir. Aucun doute possible, efficacité assurée à 100%, technique infaillible, coût modéré voire gratuit selon les cas.
Il faut mettre toute sa hargne et toutes ses tensions dans une bonne grosse vieille morsure bien vilaine à son dentiste.


Cette méthode a été expérimentée samedi sur le Docteur Roulette alors qu’elle avait encore ses deux doigts gantés dans ma bouche. J’ai passé un week-end dé-li-cieux.
Alors j’ai récidivé ce soir.

Et si jamais cela ne fonctionne pas chez vous, vous aurez au moins gagné un détartrage. Alors, merci qui ?