Kool n' the Gang, the Rolling Stones.
Par Eulalie, dimanche 16 septembre 2007 à 22:53 :: Journal :: #621 :: rss
Dimanche, intérieur, jour. Eulalie et Glibidou sont dans le salon, avachis sur les poängs, les bras tombants, l’œil hagard, le teint terne, les lèvres sèches.
Eulalie, rompant le silence – Je nous fais du riz ?
Glibidou, tenant au silence pour sa tête - Bof.
Une heure que nous avons a réussi à nous extirper du lit, pris d’une pêche aussi inespérée que furtive.
Ça a commencé vendredi. La matinée de congé arrachée à mon geôlier à 8h30 aura servi à tenter de trouver la force mentale de stopper la valse du décor. Au bureau, j’ai pris conscience que j’étais incapable de réaliser la moindre action en dehors de 1/ me tenir la tête, 2/ m’écrouler sur mon clavier, le souffle court. C’est ainsi que vingt minutes après mon arrivée, j’ai pris la déchirante décision d’aller voir un médecin.
Je me rendais chez ce praticien inconnu avec la certitude que mes jours étaient comptés et me préparais mentalement à décliner l’invitation à aller examiner tout cela à l’hôpital. Je déteste le corps médical ; pour décider d’aller voir de mon propre chef un docteur, c’est que je me savais proche de passer l’arme à gauche.
J’ai failli mourir deux fois dans le bus, vomir sur trois personnes différentes, m’évanouir une demi-douzaine de fois et m’exploser les dents en ratant le trottoir. Pendant la remontée de la rue qui m’aura pris quelque chose comme 5 ans, ma seule pensée qui me permettait de tenir était « quels sous-vêtements ai-je mis ce matin ?! ». Parce que si je m’évanouissais pour de vrai chez le médecin, je n’échapperai probablement pas à l’hôpital et que si je survivais au cancer de la typhoïde du choléra en stade terminal, je ne survivrai sûrement pas au fait d’avoir exhibé devant tout un service d'urgences mon string Snoopy H&M acheté dans un moment de faiblesse en juin 2003.
Il n’aura fallu que deux heures d’attente auprès d’une dame déterminée à me faire comprendre que 27 ans ça commençait à être tard pour procréer pour enfin accéder au cabinet du dépaysant Docteur Kraspek. Il suffit en effet de passer la porte pour se retrouver dans un authentique dispensaire d’une province rurale de Roumanie. Un fouillis désastreux, des moutons au sol, une table d’auscultation recouverte de dossiers poussiéreux et de vieux ustensiles suspectés d’être rouillés, des rideaux grisâtres, le tout hanté par un homme dont les traits, dès qu’il ne sourit pas, deviennent aussi froids et inquiétants que ceux d’un savant fou.
Il m’a écoutée, a pris ma température en appliquant un thermomètre-bande (qu'il a cherché pendant cinq bonnes minutes dans un petit tiroir crado) sur le front, a écouté mon cœur et a annoncé son verdict, sans me ménager :
« Intoxication alimentaire ».
Intoxication alimentaire ?? Impossible. Je suis au bord du coma. C’est AU MOINS une méningite. Je l’ai fait répéter trois fois son diagnostic en prenant soin de répéter mes symptômes mais, lorsqu’il m’a annoncé « 22 euros » en soupirant, j’ai compris que mon intérêt était plutôt dans le fait de le remercier et d’aller chercher mes médicaments.
Quand je suis rentrée enfin à l’appartement, j’ai retrouvé un Gru tout cassé qui attendait la faucheuse en gémissant sur notre lit.
- Arrêtez-donc votre char, Sarah Bernhard, nous n’allons pas mourir aujourd’hui, annonçai-je en m’étalant lourdement sur le lit.
- Ma douce, prononça-t-il dans une expiration surjouée, je pense que j’ai une méningite.
- Intoxication alimentaire, répliquai-je.
- Intoxication alimentaire ? demanda-t-il
- Intoxication alimentaire, répétai-je.
- Oh ? interrogea-t-il
- Oui, répondis-je
- Oh… prononça-t-il, visiblement déçu.
Je partageai donc avec lui mes médicaments puis, une fois sous la couette, la fièvre passée, retirai mon jean. Mon sang ne fit qu’un tour. Je portai mon string Snoopy acheté dans un moment de faiblesse en juin 2003.
Merci petit Jésus.
Eulalie, rompant le silence – Je nous fais du riz ?
Glibidou, tenant au silence pour sa tête - Bof.
Une heure que nous avons a réussi à nous extirper du lit, pris d’une pêche aussi inespérée que furtive.
Ça a commencé vendredi. La matinée de congé arrachée à mon geôlier à 8h30 aura servi à tenter de trouver la force mentale de stopper la valse du décor. Au bureau, j’ai pris conscience que j’étais incapable de réaliser la moindre action en dehors de 1/ me tenir la tête, 2/ m’écrouler sur mon clavier, le souffle court. C’est ainsi que vingt minutes après mon arrivée, j’ai pris la déchirante décision d’aller voir un médecin.
Je me rendais chez ce praticien inconnu avec la certitude que mes jours étaient comptés et me préparais mentalement à décliner l’invitation à aller examiner tout cela à l’hôpital. Je déteste le corps médical ; pour décider d’aller voir de mon propre chef un docteur, c’est que je me savais proche de passer l’arme à gauche.
J’ai failli mourir deux fois dans le bus, vomir sur trois personnes différentes, m’évanouir une demi-douzaine de fois et m’exploser les dents en ratant le trottoir. Pendant la remontée de la rue qui m’aura pris quelque chose comme 5 ans, ma seule pensée qui me permettait de tenir était « quels sous-vêtements ai-je mis ce matin ?! ». Parce que si je m’évanouissais pour de vrai chez le médecin, je n’échapperai probablement pas à l’hôpital et que si je survivais au cancer de la typhoïde du choléra en stade terminal, je ne survivrai sûrement pas au fait d’avoir exhibé devant tout un service d'urgences mon string Snoopy H&M acheté dans un moment de faiblesse en juin 2003.
Il n’aura fallu que deux heures d’attente auprès d’une dame déterminée à me faire comprendre que 27 ans ça commençait à être tard pour procréer pour enfin accéder au cabinet du dépaysant Docteur Kraspek. Il suffit en effet de passer la porte pour se retrouver dans un authentique dispensaire d’une province rurale de Roumanie. Un fouillis désastreux, des moutons au sol, une table d’auscultation recouverte de dossiers poussiéreux et de vieux ustensiles suspectés d’être rouillés, des rideaux grisâtres, le tout hanté par un homme dont les traits, dès qu’il ne sourit pas, deviennent aussi froids et inquiétants que ceux d’un savant fou.
Il m’a écoutée, a pris ma température en appliquant un thermomètre-bande (qu'il a cherché pendant cinq bonnes minutes dans un petit tiroir crado) sur le front, a écouté mon cœur et a annoncé son verdict, sans me ménager :
« Intoxication alimentaire ».
Intoxication alimentaire ?? Impossible. Je suis au bord du coma. C’est AU MOINS une méningite. Je l’ai fait répéter trois fois son diagnostic en prenant soin de répéter mes symptômes mais, lorsqu’il m’a annoncé « 22 euros » en soupirant, j’ai compris que mon intérêt était plutôt dans le fait de le remercier et d’aller chercher mes médicaments.
Quand je suis rentrée enfin à l’appartement, j’ai retrouvé un Gru tout cassé qui attendait la faucheuse en gémissant sur notre lit.
- Arrêtez-donc votre char, Sarah Bernhard, nous n’allons pas mourir aujourd’hui, annonçai-je en m’étalant lourdement sur le lit.
- Ma douce, prononça-t-il dans une expiration surjouée, je pense que j’ai une méningite.
- Intoxication alimentaire, répliquai-je.
- Intoxication alimentaire ? demanda-t-il
- Intoxication alimentaire, répétai-je.
- Oh ? interrogea-t-il
- Oui, répondis-je
- Oh… prononça-t-il, visiblement déçu.
Je partageai donc avec lui mes médicaments puis, une fois sous la couette, la fièvre passée, retirai mon jean. Mon sang ne fit qu’un tour. Je portai mon string Snoopy acheté dans un moment de faiblesse en juin 2003.
Merci petit Jésus.
Commentaires
1. Le dimanche 16 septembre 2007 à 23:01 pétantes, Hobiecat a déclaré :
2. Le dimanche 16 septembre 2007 à 23:16 pétantes, Marla a déclaré :
3. Le dimanche 16 septembre 2007 à 23:26 pétantes, philippe a déclaré :
4. Le dimanche 16 septembre 2007 à 23:45 pétantes, dpc a déclaré :
5. Le lundi 17 septembre 2007 à 00:36 pétantes, matthieu a déclaré :
6. Le lundi 17 septembre 2007 à 00:38 pétantes, Delio a déclaré :
7. Le lundi 17 septembre 2007 à 00:39 pétantes, Delio a déclaré :
8. Le lundi 17 septembre 2007 à 00:46 pétantes, Delio a déclaré :
9. Le lundi 17 septembre 2007 à 10:15 pétantes, a n g e l a déclaré :
10. Le lundi 17 septembre 2007 à 12:30 pétantes, Freefounette a déclaré :
11. Le lundi 17 septembre 2007 à 14:23 pétantes, Moukmouk a déclaré :
12. Le lundi 17 septembre 2007 à 16:30 pétantes, silphi a déclaré :
13. Le lundi 17 septembre 2007 à 17:07 pétantes, Nino a déclaré :
14. Le lundi 17 septembre 2007 à 19:54 pétantes, Mirabelle a déclaré :
15. Le lundi 17 septembre 2007 à 23:36 pétantes, silphi a déclaré :
16. Le mardi 18 septembre 2007 à 00:35 pétantes, philippe a déclaré :
17. Le mardi 18 septembre 2007 à 10:22 pétantes, Silphi a déclaré :
18. Le mardi 18 septembre 2007 à 11:30 pétantes, drenka a déclaré :
19. Le mardi 18 septembre 2007 à 12:10 pétantes, Delio a déclaré :
20. Le mardi 18 septembre 2007 à 22:05 pétantes, Delio a déclaré :
21. Le mardi 18 septembre 2007 à 22:32 pétantes, Nina a déclaré :
22. Le mardi 18 septembre 2007 à 23:52 pétantes, philippe a déclaré :
23. Le mercredi 19 septembre 2007 à 19:05 pétantes, Nina a déclaré :
24. Le samedi 23 février 2008 à 23:06 pétantes, Eulalie a déclaré :
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