Mon Cher Balthazar,

Voilà une longue journée que l’oiseau de fer vous a emporté en son antre chasser la méduse avant mon arrivée. Une journée sans vous à mes côtés me semble dix longues années, et c’est le ventre noué que je reste des heures à la fenêtre les yeux noyés dans la contemplation du couple de pigeons qui a élu domicile dans l’arbre ombrageant la fenêtre de notre chambre.
« Grosses raclures de pigeons de merde ! Je vais vous apprendre, moi, à me réveiller avec vos roucoulades enrouées ! »

J’erre sans fin et sans but dans nos appartements. Je doute encore de l’absolue nécessité d’emmener avec vous la si jeune Gudrun-Be dans votre quête de la plage parfaite. Afin de pallier à vos déchirantes absences, je jette vos dr me suis rendue au lavoir afin de savonner et frotter vos draps bleu/blanc et orange/vert.
Malheureusement, des bandits de grand chemin apparemment mal pourvus en linge de maison les ont subtilisés alors que j’étais remontée suspendre la guirlande de lampions et de papillons.
Ne vous inquiétez pas, mon aimé, par un heureux hasard tout à fait fortuit, il se trouve que j’avais justement rapporté un jeu de draps rose et rouge avec les taies assorties.

Les vivres viennent déjà à manquer mais je saurais faire face. Les deux boîtes de Special K, savamment rationnées, m’aideront à tenir.
Ne tremblez pas, mon aimé, non, n’ayez pas peur. Je ne dépéris que de votre amour. Et j’ai beau faire du sport à chaque fois que je cours bruyamment à travers l’appartement lorsque la très grosse coccinelle très agacée se cogne très fort dans les murs (je recherche activement un article relatant un cas rare de rage transmise par morsure de coccinelle, il semble que cela soit arrivé dans le Wisconsin) et me nourrir de demi bol de céréales et de thé, je vous l’affirme, Tinky Winky, j’ai compris le message délivré par le Elle de fin juillet 2007 ; être ronde, c’est tendance.

Et votre musthave de l’été vous rejoint très bientôt.
Dès qu’elle a fini de repeindre l’appartement en rose.

Tendrement,
Laa-Laa.