T’as pas 100 balles ?
Par Eulalie , dimanche 14 janvier 2007 à 19:03 :: Journal
J’ai cherché pendant des jours –depuis mardi soir pour être précise, comment introduire mon histoire. Sous quel angle attaquer l’indicible ? Puis-je la jouer détachée, cool, relax en me peignant la mèche façon banane ?
Non, point de banane ne peut s’afficher sur mon visage.
Monsieur Muche a jeté ma carte bleue.
Oui, Monsieur Muche qui m’héberge chez lui et qu’en contrepartie j’héberge ici, Monsieur Muche, ce gentleman à la conduite irréprochable seize heures par jour (l’animal qui sommeille en lui prenant le pas sur l’homme dès qu’il sombre dans les bras de Morphée), Monsieur Muche, cet ange pur au regard si doux, Monsieur Muche, l’homme auquel j’ai sacrifié « Plus belle la vie », OUI, Monsieur Muche, apprenti cow-boy dégainant son mortel harmonica plus vite que son ombre, a jeté ma carte bleue.
Evidemment, si on me demande les détails de cette sordide affaire, je devrais admettre que ladite carte avait passé la nuit dans un sac Franprix, que je n’avais pas eu la présence d’esprit de la récupérer le lendemain matin (c’est qu’à 8h du mat’, mon esprit n’est pas présent), et que ledit sac a simplement servi à jeter les détritus de mon vacancier de con. Cubin.
Mais les esprits les plus aiguisés admettront sans peine aucune que l’agencement des circonstances est douteuse.
20h20 : Retour des courses. Le Gru range les prosions* tandis que je m’affale dans la canapé, épuisée d’avoir dû monter les 99 000 étages à pieds chargée d’un sac plein de salade et de cotons à démaquiller.
20h25 : je rappelle à l’homme auquel j’accorde encore toute ma confiance que je dîne le lendemain avec mon amie Sarah.
7h05 : je me réveille, je le bouscule, je lui colle mes boules quiès dans les trous de nez, je me lève en m’appuyant sur son ventre, je claque la porte.
7h10 : sous la douche : « faut que je pense à récupérer ma carte bleue ».
7h20 : sous le séchoir : « faut que je pense à récupérer ma carte bleue ».
7h30 : en m’habillant : « faut que je pense à récupérer ma carte bleue ».
7H40 : en me maquillant : « faut que je pense à récupérer ma carte bleue ».
7h50 : en me coiffant : « faut que je pense à récupérer ma carte bleue ».
8h00 : en partant, j’oublie de récupérer ma carte bleue.
Et là, tout s’enchaîne :
22h00, au moment de payer le restau, je me rends compte que mon porte carte n’assure plus sa fonction.
22h05, j’appelle le Gru pour lui demander de vérifier dans le sac. 22h06, il m’annonce, l’air penaud, qu’il a descendu il y a peu un sac Franprix qui a servi de poubelle.
22h07, nous sommes coupés, je n’ai presque plus de batterie.
22h09, le couperet tombe : ma carte bleue est dans la poubelle.
22h10, nous sommes coupés, ma batterie crie famine.
22h11, Le Gru depuis le local poubelle m’annonce que la poubelle est vide.
Et COMME PAR HASARD, le lendemain, les soldes commencent. Tu vois les super-bottes à paillettes roses, là, avec le bout pointu, façon santiags, celles qui auraient pu devenir abordables en soldes ? Non ? Ben tu ne les verras pas.
Jamais je ne croirai qu’il s’agissait d’un accident ; je pense qu’il s’agit d’un acte délibéré visant soit à m’empêcher de faire les soldes (pour que j’arrête d’envahir ses placards ou bien pour que j’économise pour qu’on emménage ensemble)(on vous a pas dit ?on va emménager ensemble)(dès qu’il aura réussi à dépasser son blocage psychologique concernant Mesdames Nichons et String), soit à caser sa dernière blague trop drôle :
Mademoiselle Truc, embêtée - ça va être compliqué pour avoir du liquide…
Monsieur Muche, hilare – il va vous falloir une gourde, ahahaha !
A la réflexion, c’est sans doute pour caser cette blague qu’il l’a jetée aux ordures.
Puis-je vivre avec un homme qui met en scène les situations pour sortir les blagues qu’il s’imagine dans sa tête ? La question est posée.
* les inconditionnels de Palace me comprendront, tant pis pour les autres, z’aviez qu’à être cultivés.
Note bien : Si une gentille lectrice ou un gentil lecteur travaille dans ce magasin dans lequel il y a des bottes façon santiags roses à paillettes, merci de me réserver une paire en 38-39, on trouvera une récompense, merciiii.
Non, point de banane ne peut s’afficher sur mon visage.
Monsieur Muche a jeté ma carte bleue.
Oui, Monsieur Muche qui m’héberge chez lui et qu’en contrepartie j’héberge ici, Monsieur Muche, ce gentleman à la conduite irréprochable seize heures par jour (l’animal qui sommeille en lui prenant le pas sur l’homme dès qu’il sombre dans les bras de Morphée), Monsieur Muche, cet ange pur au regard si doux, Monsieur Muche, l’homme auquel j’ai sacrifié « Plus belle la vie », OUI, Monsieur Muche, apprenti cow-boy dégainant son mortel harmonica plus vite que son ombre, a jeté ma carte bleue.
Evidemment, si on me demande les détails de cette sordide affaire, je devrais admettre que ladite carte avait passé la nuit dans un sac Franprix, que je n’avais pas eu la présence d’esprit de la récupérer le lendemain matin (c’est qu’à 8h du mat’, mon esprit n’est pas présent), et que ledit sac a simplement servi à jeter les détritus de mon vacancier de con. Cubin.
Mais les esprits les plus aiguisés admettront sans peine aucune que l’agencement des circonstances est douteuse.
20h20 : Retour des courses. Le Gru range les prosions* tandis que je m’affale dans la canapé, épuisée d’avoir dû monter les 99 000 étages à pieds chargée d’un sac plein de salade et de cotons à démaquiller.
20h25 : je rappelle à l’homme auquel j’accorde encore toute ma confiance que je dîne le lendemain avec mon amie Sarah.
7h05 : je me réveille, je le bouscule, je lui colle mes boules quiès dans les trous de nez, je me lève en m’appuyant sur son ventre, je claque la porte.
7h10 : sous la douche : « faut que je pense à récupérer ma carte bleue ».
7h20 : sous le séchoir : « faut que je pense à récupérer ma carte bleue ».
7h30 : en m’habillant : « faut que je pense à récupérer ma carte bleue ».
7H40 : en me maquillant : « faut que je pense à récupérer ma carte bleue ».
7h50 : en me coiffant : « faut que je pense à récupérer ma carte bleue ».
8h00 : en partant, j’oublie de récupérer ma carte bleue.
Et là, tout s’enchaîne :
22h00, au moment de payer le restau, je me rends compte que mon porte carte n’assure plus sa fonction.
22h05, j’appelle le Gru pour lui demander de vérifier dans le sac. 22h06, il m’annonce, l’air penaud, qu’il a descendu il y a peu un sac Franprix qui a servi de poubelle.
22h07, nous sommes coupés, je n’ai presque plus de batterie.
22h09, le couperet tombe : ma carte bleue est dans la poubelle.
22h10, nous sommes coupés, ma batterie crie famine.
22h11, Le Gru depuis le local poubelle m’annonce que la poubelle est vide.
Et COMME PAR HASARD, le lendemain, les soldes commencent. Tu vois les super-bottes à paillettes roses, là, avec le bout pointu, façon santiags, celles qui auraient pu devenir abordables en soldes ? Non ? Ben tu ne les verras pas.
Jamais je ne croirai qu’il s’agissait d’un accident ; je pense qu’il s’agit d’un acte délibéré visant soit à m’empêcher de faire les soldes (pour que j’arrête d’envahir ses placards ou bien pour que j’économise pour qu’on emménage ensemble)(on vous a pas dit ?on va emménager ensemble)(dès qu’il aura réussi à dépasser son blocage psychologique concernant Mesdames Nichons et String), soit à caser sa dernière blague trop drôle :
Mademoiselle Truc, embêtée - ça va être compliqué pour avoir du liquide…
Monsieur Muche, hilare – il va vous falloir une gourde, ahahaha !
A la réflexion, c’est sans doute pour caser cette blague qu’il l’a jetée aux ordures.
Puis-je vivre avec un homme qui met en scène les situations pour sortir les blagues qu’il s’imagine dans sa tête ? La question est posée.
* les inconditionnels de Palace me comprendront, tant pis pour les autres, z’aviez qu’à être cultivés.
Note bien : Si une gentille lectrice ou un gentil lecteur travaille dans ce magasin dans lequel il y a des bottes façon santiags roses à paillettes, merci de me réserver une paire en 38-39, on trouvera une récompense, merciiii.