La plaie du foot

Eulalie, mielleuse - Grunichoune d’amûûr, j’arrive tard ce soir, viendrez-vous me chercher à la gare ?
Le Grou, doucereux - Ma dulcinée, vous savez bien que vous passez avant toute chose. Cependant, je ne puis m’engager, je ne sais pas qui joue ce soir.
Eulalie, étonnée - Plaît-il ?
Le Grou, didactique - Oui, lorsque je dis que vous passez avant toute chose, ma Mie, j’entends avant Lorient-Sedan, Le Mans -Sedan, mais soyons raisonnables, vous passez tout de même après Bordeaux-Monaco, et dans tous les cas, après OM-PSG ou PSG-OM, après Lyon-OM…


(L’émotion trop forte après la débandade de dimanche dernier, -4-1 pour les non initiés et les réfractaires du ballon rond- il s’arrête un instant, la gorge serrée)


Eulalie, cherchant à comprendre - Et comment suis-je censée savoir seule quand je passe après vos errances sportives ?
Le Grou, kamikaze – C’est facile, en gros, vous passez après les affiches, mais avant les trucs intéressants. Vous êtes une affichette, en quelque sorte.
Eulalie, glaciale – Ravie de l’apprendre.
Le Grou, scientifique - Je conçois que cela ne soit pas facile à retenir, aussi je vais vous rédiger un petit document attribuant à chaque équipe une valeur, un coefficient d’intérêt, un coefficient de cœur et une variable saisonnière. Il vous suffira d’effectuer quelques multiplications et si le total excède les 200 points, alors vous saurez que vous pourrez compter sur moi.
Eulalie, enjouée – Parfait, comme ça si je me fais agresser à Saint Lazare, je saurais à cause de quelle équipe, et sur mon lit d’hôpital, alors que les médecins se demanderont si je pourrais remarcher un jour, lorsque j’en aurais assez de m’acharner sur vos portraits avec mes ciseaux, je pourrais écrire des lettres d’insultes à chaque joueur ou apprendre à fabriquer des petites bombes pleines de clous. Ça m’occupera.
Le Grou, attendri – C’est tout vous, ça, toujours mille idées pour vous occuper ! Je viendrai vous rendre visite, sauf bien entendu les soirs de Heindoven-L’Ajax, ou de derby milanais.


Pffff. Voilà, si à partir de ce soir, plus de note, ce sera à cause de Lyon-Nancy.


Dis camion !

Ce blog est victime de sa renommée internationale. (Hmm ? De quartier ? Tout au plus ? Ah bon ? Seulement ? Bon.)
Madame Nichon, dont le hobby principal n’est à première vue pas la lecture frénétique de pièces de Molière mais plutôt de ne pas cacher ses seins afin qu’on puisse les voir, sait lire.

C’est ainsi que la mal nommée Madame Nichons ne montre plus ses jolis atouts à la fenêtre, faisant résonner moult sanglots et provoquant pléthore de défénestrations dans la cour depuis maintenant près de deux semaines.
Mon cher Gru, d’habitude si digne et si courageux, suçant son pouce et se rentrant les coins de sa couverture-doudou dans l’oreille tel un vieux Linus van Pelt, chouine des heures entières devant la fenêtre de la cuisine.
Il y a moins d’une heure, il s’est même presque évanoui à la vue de l’indécent tee-shirt sans l’once d’un prémisse de décolleté qu’elle portait ce soir.

Maintenant que l’on ne voit plus guère de balcon à sa fenêtre, l’attention peut se porter sur autre chose, comme ses oreillers orange. Sa housse de couette orange. Sa moquette orange. Son jus d’orange. Son luminaire … orange et son canari … hé non, jaune !

Or, ange, cette occultation pulmonaire coïncide, comme par hasard, avec la première mention de ladite Madame Nichons dans ce texte resté fameux du 12 octobre 2006.

En nous référant aux commentaires émis par l’accusée, Mademoiselle Orange-Drenka, propriétaire d’un carnet orange et d’une paire de nichons en bonne et due forme, il apparaît clairement à l’Accusation que nous représentons aujourd’hui que Madame Nichons et Mademoiselle Orange-Drenka ne sont qu’une seule et même personne.

« Cette ignominieuse dérobade mammaire prouve que l’accusée est en intelligence avec des puissances ennemies dont le seul but est de saper le moral de la nation et de la cour en général et du Gru en particulier !! », dixit le Gru, qui a tendance à délirer quelque peu et à parler de lui à la troisième personne depuis qu’il n’a plus sa dose quotidienne.

Voilà pourquoi nous requérons contre Orange-Drenka qu’elle nous montre ses nichons.
Parce les sanglots longs, même étouffés, du Gru, la nuit, réclamant ses amis Boule et Bob, ajoutés aux ronflements, soufflements et sifflements, je ne vais plus tenir longtemps.


Patron, la même chose !

La vérité, c’est moi qui la détiens.

Si, si.

N’écoutez pas ce qu’on pourra vous affirmer ; les voisins, les amis, les parents ont le point commun d’avoir toujours tort.

Cette ESSENTIELLE petite robe noire en laine était INDISPENSABLE aux bottes rouges.

Si, puisque je vous le dis.


Quelqu’un pourrait-il se rallier à ma cause ? Je vois d’ici les gros yeux de Grunichou quand je vais alourdir encore un peu sa penderie et continuer d’envahir son placard à chaussures…


Les jeux de mots du mercredi

Intérieur, nuit. Monsieur Muche regarde La Grande Soirée Champions League (yeah, what a teuf) tandis que Mademoiselle Truc, préparant ses affaires du lendemain, essaie de déterminer s'il est plus judicieux de mettre ses bottines avec les noeuds ou ses ballerines avec les fleurs (Rock n' roll). Soudain, Monsieur Muche, affichant son sourire satisfait, s'écrie :

"Prendre un coup aux genoux, c'est avoir la tête aux pieds !",

juste avant d'ajouter, dans un éclat de rires, après avoir entendu des nouvelles du joueur Brandao (du FC Shakhtyor Donetsk, non, non, prononcez à voix haute) :

"BRANDAO DE MORUE ! HINHINHINHINHIN !"

...

Monsieur Muche ? Voulez-vous s'il vous plaît laisser Bixente "jargonner vaguement" ?


Cinq semaines de cohabitation, on cesse de faire des efforts, imposant à l'autre ses pires vannes et blagues. Si c'est pas malheureux.


Demain, je vous raconterai comment il hurle "ON LEUR MET DES PANSEMENNNNTS !" à chaque fois qu'il entend le refrain de l'insupportable chanson "les bobos" de Renaud.
Ou pas.



Le gai pinson

S'il est une qualité nocturne que l'on peut reconnaître au Gru, c'est bien son incroyable capacité d'innovation pour ce qui est de la nuisance inconsciente.
Ainsi, cette nuit, soucieux de se renouveler, il a expérimenté une nouvelle façon de m'empêcher de dormir : il se prend pour un sept nains ou se donne du courage avant un ardu nettoyage d'écurie ; Monsieur siffle en dormant.

Oui, oui, siffle, du verbe "siffler", "émettre une saleté d'atroce son aigu en expulsant l'air entre ses lèvres serrées".

M'est avis qu'il y avait des façons plus élégantes de me signifier que je devais me chercher un appartement. Tss tsss.