Parfois, tous les éléments décident de se liguer, et ni un sacrifice de poulet ni l’ingestion de cornes bouillies de chihuahua ne peut contrer la malédiction. Il faut tâcher de garder à l’esprit quelque chose de positif ; comme par exemple « ouais, ok, mais ce soir, je dors sur la Côte d’Azur à côté de mon Glubiglounet joli ».

Durant les deux heures et demie de trajet jusqu’à Paris, un chaton à peine sevré a miaulé à s’en assécher le gosier, sans pour autant mourir de déshydratation et la clim ne fonctionnait pas dans le wagon.
Ouais, ok, mais ce soir, je dors sur la Côte d’Azur à côté de mon Glubiglounet joli.

A la consigne de la Gare de Lyon, le type de la sécurité me prend pour une niaiseuse et tient absolument à m’aider, les sushis au saumon du seul japonais ouvert à Bastille ont dû mariner pendant quatre jours dans les chaussettes de Zidane pour avoir ce goût de vieille sueur fumée ignoble, et le prix de l’heure de connexion au web café est tout à fait prohibitive.
Ouais, ok, mais ce soir, je dors sur la Côte d’Azur à côté de mon Glubiglounet.

Retour à la gare de Lyon, un pigeon à une patte rate son rase-mottes et atterri à moitié dans mes cheveux, m’arrachant au passage quelques cheveux. Les panneaux d’affichage annoncent de deux heures à vingt minutes de retard à l’arrivée et au départ de Paris.
Ok, mais ce soir, je dors sur la Côte à côté de mon Glubiglounet.

Dans le train, la greluche en face de moi raconte toute sa vie au téléphone et à tout le wagon. Une petite fille de quatre ans prend place de l’autre côté de l’allée, avec une mère qui a l’air bien fatigué. Un petit garçon de cinq ans s’assoit juste à côté de moi. Il y a six enfants en bas âge dans mon wagon.
Ok, mais ce soir, je dors sur la Côte avec le Glubiglou.

La petite fille est en fait la progéniture cachée de Hadès et le petit garçon est le très attendu Antéchrist. Trois heures qu’ils hurlent, sautent, se chamaillent, pignent, font des caprices, chouinent, chantent à tue-tête, se disputent, pendant que leurs mères s’échangent des conseils d’éducation. Elles finissent par menacer de sévir au bout de 3h30. Mais elles se ravisent rapidement, amusées parce que le petit garçon de CINQ ans vient de ROULER UNE PELLE à la petite fille de QUATRE ans. Une des mères capte mon agacement et mon exaspération et me fusille du regard.
Mais ce soir, je dors sur la Côte avec le Glub’.

Le taxi nous informe que son compteur est cassé et qu’il ne faut pas en tenir compte, qu’il nous indiquera le prix une fois la course terminée, deux euros du km plus la prise en charge.
Et ce soir, le Glub’ va me ronfler dans les oreilles sur la côte nianiania.

On arrive au gîte. Et il y a le wifi.
Et ce soir, après avoir relevé mes mails / blogs / comms / news pipole, je dors sur la Côte d’Azur avec mon Glubinounet.