Les réflexions de la plage

De plus en plus de parasols, et de moins en moins de femmes faisant les seins nus. Faut-il y voir une relation de cause à effet ?

Avec ce soleil de plomb, c'est ma seule réflexion depuis trois jours. Avec « Mais pourquoi diable les enfants de 4 ans ne sont pas capables de faire une grâce matinée, même lorsqu'on les a couchés à plus de 23h la veille ?!! »

Haute ébullition cérébrale, oui.





De retour sur 26

Si le bruiteur de la guerre des étoiles était passé aux abords de sa maison hier vers midi, il se serait précipité vers la maroquinerie la plus proche. Il y aurait acquis la malle disponible à la plus forte contenance et serait revenu au triple galop pour réclamer de sonnants et trébuchants royalties.
En effet, avec moult amplitudes, émanait de cette maison le fameux cri déchirant de Chewbacca. Celui qui glaçait les cœurs de tristesse quand le capitaine Han Solo se retrouvait prisonnier des sinistres séides de l’Empire.
Las, le pauvre se serait alors vu fort marri en constatant qu’aucune utilisation abusive de sa production n’était effectuée par de quelconques mauvais payeurs. Car la plainte lugubre provenait du gosier d’une charmante jeune femme blonde. Assise sur le bord d’un lit, elle se tenait la tête entre les mains et poussait ces cris de bête.
De temps en temps, d’une voie chargée de tremolos, elle plaçait cette énigmatique phrase « 26 ans, je suis bien trop jeune pour être si vieille »

Bien que j’aie placé ma ligne de conduite sous le signe de la décadence, je ne tiens pas à pousser plus avant le rapprochement entre cette créature, au demeurant fort sympathique mais à la pilosité surabondante, et la délicate jeune femme blonde mentionnée plus tôt. Question de survie.

D’ailleurs, retrouvons-là en début d’après-midi à proximité d’une falaise. Le ciel est bas, gris, chargé de nuages menaçant, les herbes hautes sont couchées par un vent mauvais qui souffle la colère d’un dieu rageur.
Habillée d’une robe de coton blanc dont elle plaque les pans contre ses cuisses, elle contemple la mer démontée dont les vagues viennent s’écraser contre les rochers en contrebas avec un fracas de charge militaire.
Une scène digne des « Contrebandiers de Moonfleet » ou des « Hauts de Hurlevent »

Un genre de Heathcliff se tient d’ailleurs à ses côtés.

- Non, non. Je ne puis désormais concevoir un monde où j’aurais 26 ans, c’est trop dur. Mon cœur ne s’y résout pas et ma raison flanche face à cette perspective.

Elle se rapproche d’un pas du bord de la falaise et, dans un élan de dramaturgie exacerbée, renverse la tête en arrière pose le plat de la main sur son front.

- Maudit sois-tu temps qui file ! Ne pouvais-tu donc m’épargner, ne pouvais-tu donc détourner de moi ton regard agressif ? Monstre d’avidité, il te les faut donc toutes ! M’attaquer ainsi sans relâche, tendre et innocente agnelle, alors que j’entre à peine dans la fleur de l’âge. N’éprouves donc tu jamais ni remords, ni pitié ? C’en est plus que je ne puis supporter. Mer, accueille en tes bras humides ta fille martyre, je ne saurais en souffrir plus.
- Ha non, Glibidouce, vous ne pouvez pas sauter.
- Tiens donc et pourquoi cela Grunigrou ?
- Parce que ça vous ferait bobo au genou et que vous rateriez le très bon dessert que votre sœur a préparé.


Elle se retourne, tout sourire :

- Panacotta à l'amande et petits choux à la crème chantilly et aux fraises et framboises, décorés de groseilles, le tout fait maison. C’est une tuerie. J’espère que ce coup-ci les médicaments contre l’ostéoporose ne me couperont pas l’appétit. On y va Gru ? Je ne voudrais pas être en retard. Sinon les autres morfales y vont nous laisser peau d'balle. Et avec mon déambulateur vous savez comme je suis lente.





Nuit

Il y a des nuits où rien ne peut dissiper cette sensation de solitude.
Ni les soupirs de la Bulle dans la chambre voisine, ni la douce voix de la chanteuse de Telepopmusic qui m’intime l’ordre « breathe », ni l’appel ce soir d’une personne qui m’aura fait me sentir un peu utile, ni le Gru qui m’offrait réconfort et soutien au téléphone.

Des nuits comme celles là, j’aimerais sentir une autre présence que la mienne, parce que si j’ai appris avec le temps à apprécier ma compagnie, Eulalie parfois à trop tendance à devenir Eilalue et à ruminer des idées noires.

Oui, Eulalie a des tendances un peu schizophrènes, et son double diabolique du côté obscur (celui qui ne pense pas toujours à rincer la baignoire, par exemple) s’appelle Eilalue.

Eilalue a tendance à me pousser à réfléchir, et réfléchir a tendance à embuer mon regard.

Je ne sais pas d’où vient cette nostalgie à l’approche de mon anniversaire, je sais que je suis jeune, hurler aux premières rides m’amuse plus que m’horrifie. Je n’ai pas de souvenir particulièrement traumatisant de cette date. Les gâteaux, normalement, c’est censé être réconfortant.

Cette année plus qu’une autre, le ventre se tord et la gorge se serre. Alors que je vais encore prendre un an, pour elle, où qu’elle soit, le temps s’est figé.

Cette année, les amis ne le sont plus, alors ils ne seront pas là.

Mais cette année, des personnes qui ne pouvaient pas venir l’année dernière seront là avec leurs sourires et leurs bonnes humeurs.

Enfin, surtout, cette année, pour la première fois depuis ma naissance, elle ne sera pas là.
Et c’est fou ce que cette prise de conscience est douloureuse. La culpabilité arrive et me glace l’échine alors que je me souviens que l’année précédente, elle n’était pas avec nous. Parce qu’elle nous semblait trop fatiguée, parce que c’était compliqué de la faire venir, je peine à me convaincre que ce ne sont pas que des excuses, et je m’en veux de ne pas avoir insisté. Procès stérile, mais va lui dire, toi, à la Culpabilité, que sa présence est férocement déplacée.

J’ai l’impression de vivre sans arrêt ce moment qui fait que certaines nuits, alitée, je me réveille en sursaut, la peur au ventre, parce que j’ai la sensation de tomber. Je me sens en suspension, prête à dégringoler, et j’essaie de minimiser mes gestes pour ne pas troubler cet équilibre si précaire.

J’ai envie d’un doudou parfumé au muguet. D’une trace de bisou rouge sur ma joue. De cette main tremblotante et maladroite, celle dont le majeur avait été sectionné, qui m’agrippe le poignet pour me ramener auprès d’elle, et je voudrais pouvoir pleurer, pleurer tout ce que j’ai, dans sa blouse blanche, dans la cuisine de la vieille maison, comme cet après-midi d’été où elle m’avait consolée lorsque le mouton m’avait chargée et avait cogné dans mes reins.

C’est une terrible prise de conscience que celle que je continuerai à vieillir sans elle, je pensais pas que c'était possible, sans son regard sur moi.





[Edit : je suis terriblement en retard pour répondre aux mails, je suis désolée, je promets de le faire, armez-vous de patience.]


La fabuleuse histoire de la finale de la Coupe du Monde

19h00, commande de quatre pizzas à emporter. Le choix n’est pas très pertinent, ce plat étant issu de la culture de ceux qui ont été désigné pour la soirée comme le « Mal Absolu », (pire que le nutella, c’est dire !) mais nous n’avons pas vraiment réfléchi (c’est quand même un match de foot).

19h05, le pizzaïolo, voyant débarquer tous ces supporters peinturlurés ou déguisés en Zidane, prend peur et s’enferme dans sa cuisine, prenant en otage nos pizzas, nos sous et même le son de la télé.

19h10, c’est bon, c’est bon, on est dans les temps.

19h15, c’est bon, c’est bon, on est dans les temps.

19h20, c’est bon, c’est bon, on est dans les temps, mais euh, il est où Super Mario ?

19h30, euuh, ouais, en courant, c’est bon, c’est bon, mais on va rater les hymnes, c’est dommage, j’adore chanter la Marseillaise.

19h40, est ce qu’il y a une porte derrière ? Pourquoi Super Mario n’est pas revenu ? Punaise mais on va rater le coup d’envoi, là, hey, ho, ils sont où Mario et Luigi ?!

19h45, NAN MAIS C’EST LES FRERES BAGGIO QUI FONT LES PIZZAS CE SOIR ET QUI ONT DECIDE DE NOUS FAIRE PAYER 98 OU QUOI ?!

19h50, bon, Grunichou, vous enfoncez la porte et moi, profitant de l’effet de surprise, je les assomme avec le ventilo et je prends les quatre premières pizzas que je trouve. On crachera les anchois par la fenêtre, tant pis.

19h52, rhaaaa putaiiiin mais c’est pas juuuuuste !!!

19h55, retour de l’immonde saboteur. « Alors Mario, toujours pas de pizza au caviar, espère de aarrglllglglgl ?!!! »
Il affiche le sourire satisfait du salaud notoire qui a passé 55 minutes à emprisonner nos ondes positives de vainqueurs et à empoisonner les merguez.

20h00, coup d’envoi. Dans la pizzeria aussi, où la cohue a commencé, chacun cherchant sa boite.

20h02, course effrénée dans le métro et prières pieuses pour que les conducteurs de la ligne 9 n’aient pas subitement décidé de faire grève.

20h07, un supporter rentre dans la rame en hurlant « Zizou il a marquéhéhéhééééé !! ». Nous décidons qu’il s’agit d’un canular et nous tentons de prendre l’évènement avec philosophie. OUI, la finale a commencé, OUI, nous sommes coincés dans le métro, OUI, nous allons rater la première mi-temps, MAIS on ne peut rien y faire et, NON, ce n’est pas le moment de se faire arrêter par la police détournement de métro, même si ce niqué connard de conducteur a le mauvais goût de s’arrêter à toutes les stations qui nous séparent de notre destination.

20h17, ENFIN remontés à la surface, nous recommençons à courir. Très brève halte pour regarder les scores et constatation incrédule que la France mène bien 1-0. Si le pizzaïolo avait libéré les pizzas 5 minutes plus tard, on aurait VU le but. Sûre qu’il l’a fait exprès. Faudra penser à aller cracher sur sa vitrine.

20h19, cris de joie en provenance des immeubles. Les balcons étant ornés de drapeaux français comme de drapeaux italiens, il nous est impossible de définir quelle équipe a marqué, et nous traversons la SEULE ET UNIQUE rue parisienne dans laquelle il n’y a pas de bar.

20h28, arrivée en bas de l’immeuble. Nous ne trouvons pas le nom de l’ami chez lequel nous sommes attendus.

20h30, coup de téléphone pour qu’il ouvre cette putaiiiin de poooooorte rhaaaaaaaa ! Il profite de sa position de force pour nous avouer sans ménagement aucun vivre au 4ème étage sans ascenseur.

20h34, transpirants, moites, rougeauds et à bout de souffle, nous sommes accueillis avec un mélange d’amusement, de compassion et de faim dans le regard par les comparses.

20h35, écroulation pachydermique flasque sur le canapé.


Nous avons vibré, hurlé, encouragé, conseillé, exhorté, sauté, applaudi, tremblé mais j’ai été la première à être choquée par ce geste puissant et terriblement sexy. Dieu que j’aurais aimé être à sa place à cet instant précis ! Moi aussi je connais la précision de ces frappes là, pour en distribuer à la pelle et avec plaisir.

Cette claque au cul de Domenech sur Thierry Henry m’a faite vibrer cette nuit, initiant un rêve délicieux dans lequel je portais un survêtement, certes, mais surtout dans lequel j’étais l’entraîneuse (non, pas dans ce sens là, bande de chenapans !) de l’équipe de France et je les menais en finale de la Coupe du Monde 2010 à grands renforts de mains aux fesses et de causeries chargées d’émotion et de motivation. Et Bixente avait annoncé son retour juste pour moi. Avec des framboises.

Allez, Lilian, mon Lilian, ne pleurez pas, en 2010 on l’aura, la coupe, c’est dans mon rêve ! Faut juste que je me trouve un joli survêtement. (Ah ben non, en fait, du coup c’est pas gagné.)





Edit : toi aussi, latte du rital.


Engagez-vous !

J’entends dire, ici et là, « Eulalie n’a pas de culotte ». (Si, surtout via les mots clés de Google, « blonde sans culotte », « Eulalie sans culotte », ...) C’est faux. Et je le prouve.


"Le Capiton est mon Ami."

Non seulement je porte une culotte, mais en plus il s’agit d’une culotte engagée, une culotte de paix, une culotte d’amour. Oui, j’aime le Capiton. Celui-là, là. Non, pas celui-là, ni celui-là, le petit mignon, là, tout chou, ouuuuh, hein mon petit capitonounet d’amour oh oui oui il est mignon ce petit capitonou là !

J’avoue tout de même lui préférer sa créatrice, la pétillante et girly Princesse Capiton.

Et toc. Mouchées, les mauvaises langues. (Hey, retire ton nez de là, toi)
Culottée ET engagée, l’Eulalie.