19h00, commande de quatre pizzas à emporter. Le choix n’est pas très pertinent, ce plat étant issu de la culture de ceux qui ont été désigné pour la soirée comme le « Mal Absolu », (pire que le nutella, c’est dire !) mais nous n’avons pas vraiment réfléchi (c’est quand même un match de foot).
19h05, le pizzaïolo, voyant débarquer tous ces supporters peinturlurés ou déguisés en Zidane, prend peur et s’enferme dans sa cuisine, prenant en otage nos pizzas, nos sous et même le son de la télé.
19h10, c’est bon, c’est bon, on est dans les temps.
19h15, c’est bon, c’est bon, on est dans les temps.
19h20, c’est bon, c’est bon, on est dans les temps, mais euh, il est où Super Mario ?
19h30, euuh, ouais, en courant, c’est bon, c’est bon, mais on va rater les hymnes, c’est dommage, j’adore chanter la Marseillaise.
19h40, est ce qu’il y a une porte derrière ? Pourquoi Super Mario n’est pas revenu ? Punaise mais on va rater le coup d’envoi, là, hey, ho, ils sont où Mario et Luigi ?!
19h45, NAN MAIS C’EST LES FRERES BAGGIO QUI FONT LES PIZZAS CE SOIR ET QUI ONT DECIDE DE NOUS FAIRE PAYER 98 OU QUOI ?!
19h50, bon, Grunichou, vous enfoncez la porte et moi, profitant de l’effet de surprise, je les assomme avec le ventilo et je prends les quatre premières pizzas que je trouve. On crachera les anchois par la fenêtre, tant pis.
19h52, rhaaaa putaiiiin mais c’est pas juuuuuste !!!
19h55, retour de l’immonde saboteur.
« Alors Mario, toujours pas de pizza au caviar, espère de aarrglllglglgl ?!!! »
Il affiche le sourire satisfait du salaud notoire qui a passé 55 minutes à emprisonner nos ondes positives de vainqueurs et à empoisonner les merguez.
20h00, coup d’envoi. Dans la pizzeria aussi, où la cohue a commencé, chacun cherchant sa boite.
20h02, course effrénée dans le métro et prières pieuses pour que les conducteurs de la ligne 9 n’aient pas subitement décidé de faire grève.
20h07, un supporter rentre dans la rame en hurlant
« Zizou il a marquéhéhéhééééé !! ». Nous décidons qu’il s’agit d’un canular et nous tentons de prendre l’évènement avec philosophie. OUI, la finale a commencé, OUI, nous sommes coincés dans le métro, OUI, nous allons rater la première mi-temps, MAIS on ne peut rien y faire et, NON, ce n’est pas le moment de se faire arrêter par la police détournement de métro, même si ce niqué connard de conducteur a le mauvais goût de s’arrêter à toutes les stations qui nous séparent de notre destination.
20h17, ENFIN remontés à la surface, nous recommençons à courir. Très brève halte pour regarder les scores et constatation incrédule que la France mène bien 1-0. Si le pizzaïolo avait libéré les pizzas 5 minutes plus tard, on aurait VU le but. Sûre qu’il l’a fait exprès. Faudra penser à aller cracher sur sa vitrine.
20h19, cris de joie en provenance des immeubles. Les balcons étant ornés de drapeaux français comme de drapeaux italiens, il nous est impossible de définir quelle équipe a marqué, et nous traversons la SEULE ET UNIQUE rue parisienne dans laquelle il n’y a pas de bar.
20h28, arrivée en bas de l’immeuble. Nous ne trouvons pas le nom de l’ami chez lequel nous sommes attendus.
20h30, coup de téléphone pour qu’il ouvre cette putaiiiin de poooooorte rhaaaaaaaa ! Il profite de sa position de force pour nous avouer sans ménagement aucun vivre au 4ème étage sans ascenseur.
20h34, transpirants, moites, rougeauds et à bout de souffle, nous sommes accueillis avec un mélange d’amusement, de compassion et de faim dans le regard par les comparses.
20h35, écroulation pachydermique flasque sur le canapé.
Nous avons vibré, hurlé, encouragé, conseillé, exhorté, sauté, applaudi, tremblé mais j’ai été la première à être choquée par ce geste puissant et terriblement sexy. Dieu que j’aurais aimé être à sa place à cet instant précis ! Moi aussi je connais la précision de ces frappes là, pour en distribuer à la pelle et avec plaisir.
Cette claque au cul de Domenech sur Thierry Henry m’a faite vibrer cette nuit, initiant un rêve délicieux dans lequel je portais un survêtement, certes, mais surtout dans lequel j’étais l’entraîneuse
(non, pas dans ce sens là, bande de chenapans !) de l’équipe de France et je les menais en finale de la Coupe du Monde 2010 à grands renforts de mains aux fesses et de causeries chargées d’émotion et de motivation. Et Bixente avait annoncé son retour juste pour moi. Avec des framboises.
Allez, Lilian, mon Lilian, ne pleurez pas, en 2010 on l’aura, la coupe, c’est dans mon rêve ! Faut juste que je me trouve un joli survêtement. (Ah ben non, en fait, du coup c’est pas gagné.)
Edit :
toi aussi, latte du rital.