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« Le point commun entre les Cahiers du Futcheballe et toi, c'est une plume agile et rafraîchissante, en ce moment, c'est agréable.
Ce que j'admire chez les Cahiers, c'est leurs légendes de diaporama.
Et chez toi, c'est la constance et l'élégance (surtout quand tu vouvoies ton cher et tendre, ça, c'est la classe !)»



Un ronronnement chez moi, une virile poignée de main chez les Cahiers : merci Nino !


Envie de crâner

- Muchigros, votre laisser aller capillaire n’a d’égal que votre relâchement ventral. Songeriez-vous par hasard à une étude comparée sur les taux de croissance des uns, de l’autre et de l’effet désastreux du tout sur votre allure générale ?

Même piqué au vif, le gentleman sait trier le bon grain de l’ivraie et reconnaître une réflexion pleine de bon sens quand on la lui assène, fut-ce avec la vigueur du boucher estourbissant le bœuf promis à l’abattage imminent.

Si la seule conduite à tenir en vue de regagner un ou deux crans sur la ceinture est de s’astreindre à une rigoureuse ascèse alimentaire, la résolution du problème capillaire est de nature à soulever plus d’interrogations.

En premier lieu, il s’agit d’admettre que la tentative de rapprochement avec le clan des surfeurs, cheveux mi-longs et libres de toute entrave, a été un échec. L’unanimité s’est prononcée pour une sentence définitive : cela ne me sied guère.
Soit.

En second lieu, il faut alors opter pour un nouveau look.
Si ma vision ne me fait pas défaut, il semblerait que la mode actuelle soit à une exubérante fusion des plus calamiteux courants des vingt dernières années, c’est à dire : beaucoup de gel, de l’ébouriffé façon punk atteint d’un sérieux Parkinson, un semblant d’iroquois mal assumé puisque la tonsure sur les côtés est passée aux oubliettes, un hommage aux footballeurs polonais des années 80 avec quelques cheveux longs filasses sur la nuque et une sorte de revival Wham avec des mèches décolorés pour compléter le tableau.
Autant dire que je ne me voyais guère passer des heures au salon de coiffure pour aboutir à cet ornement pour le moins bizarroïde.
De surcroît, le décadent qui se respecte ne suit jamais la mode. Ou alors de très loin, quelques décades si possible.
Mais pour autant décadent que je me proclame, je ne suis pas non plus adepte de l’agressivité visuelle. Je crois fermement que le monde n’est pas prêt pour un retour à la raie bien droite et telle qu’elle se pratiquait de l’après guerre jusqu’au milieu des années soixante. Le choc serait trop rude. Il existe sûrement quelques personnes qui se délectent de raies bien droites, mais ce sujet est hors de propos.

Finalement, la lumière est venue d’une séance d’introspection.
Mon acteur préféré : l’immense Marlon Brando, inoubliable interprète du colonel Kurtz dans Apocalypse Now.
Ma série préférée : The Shield dans laquelle Michael Chiklis incarne le très impressionnant détective Vic Mackey.
Ma publicité préférée : celle de Nike pour l’Euro 96 où, sur un extrait Wagnérien de la sublimissime « Mort de Siegfried », Cantona jouait un sombre légionnaire qui prenait une douche.

La conclusion s’imposait d’elle-même.

Kojak n’a plus qu’à bien se tenir.

Ou alors…ou alors …j’ai complètement fabulé, inventé cette histoire pour ne pas avoir à admettre que j’ai complètement échoué ma tentative d’auto coupage de cheveux et que j’ai dû me raser l’occiput.
Mais ce n’est pas mon genre.


M-e meu, s-u zu, r-e reu, me-su-re

Un dictionnaire compte environ 60.000 mots ; on estime que le vocabulaire quotidien comporte entre 300 et 3.000 selon l’individu. Je suis convaincue que Monsieur Muche utilise plus de 4.000 mots, tant j’ai appris de vocabulaire à son contact, du patois aux mots tombés en désuétude en passant par les divers argots.

Pourtant, et ce malgré son grand âge et ses reins qui craquent, il est un mot qu’il n’a pas dans son vocabulaire et une idée qu’il n’intègre pas à sa philosophie de vie : la « mesure ».

Non pas qu’il souhaite ajouter de nouveaux tableaux Vademecum aux murs, et qu’il n’a pas mesuré les longueurs des cadres et murs avant de planter les clous.

C’est plutôt que le Gru est un être dénué de toute modération. Tout est toujours sujet à l’emphase, à l’hyperbole ou à l’exagération.

Par exemple, il y a deux mois et demi, alors que je fautais en recouvrant mes cheveux d’or d’un voile noir, j’ai amorcé à mon insu la Grande Révolution Capillaire Muchienne (GRCM). Il m’a annoncé ne plus vouloir aller chez le coiffeur par soutien envers ma chevelure endeuillée. Or, à cette lointaine époque, ses cheveux méritaient déjà de croiser des ciseaux experts depuis trois bons mois.

Plongée dans un profond désarroi, voilà deux mois et demi que je guerroie régulièrement afin de lui faire comprendre que sa coupe de surfeur ne peut PAS être une solution puisque c’est un problème. Comme cette chère Crooke, toutes les cartes possibles y sont passées. Sentiments, avis éclairés d’experte fan de la Fashion Police, moqueries acerbes, prises à partie des tiers, tentatives de réveil de son instinct écologique ; rien n’y a fait.

Et les cheveux de pousser, pousser, jusqu’à atteindre, tenez-vous bien, pas 8 cm, pas 10 cm, pas 12 cm, non, 15 cm, messieurs dames, quinze centimètres. Brrrrr.

Quinze centimètres jusqu’à ce récent appel :
« Bonjour Truquinounette, je cherchais à vous joindre parce que… Hmmm… Vous souvenez-vous, Etoile de mes Jours, comme j’ai été compréhensif et serein à l’annonce de votre changement de couleur de cheveux ? Vous souvenez-vous, Soleil de mes Nuits, que je n’ai pas fait de scène alors que je chérissais plus encore vos cheveux que ma fille unique, ma merveilleuse Aglaé ? J’aimerais, Douceur dans mon Obscurité, que vous vous souveniez bien de tout cela alors que je vais prononcer la phrase suivante. Hum hum... Jemesuisrasélatête. » (clic !)

Pffff. Tout ça pour gagner le titre de la plus grosse bourde capillaire. Très bien, Muchigrou, vous avez gagné, je me couche !


PS : envoyez vos dons au GRCM pour qu’on lui trouve un traitement à base de plantes du Kazakhstan sub-aquatique méridional ou de petit guano de petites mouettes ramassé au petit matin par de petites vierges portugaises pour que ses tout petits cheveux repoussent. S’il vous plaît. Merci. Sinon je remets des morceaux de Yuk’. Avec des rires.


PS2 : pas de bande son pour cette note, figurez-vous que l’industrie musicale n’a cure des problèmes capillaires. Ah, ça, pour parler de l’intolérance ou de la guerre, y’a du monde, mais pour traiter les vrais sujets de fond, y’a plus personne. Heureusement que je suis là pour dénoncer, tiens.
Donc, si vous voulez de la musique, ouvrez donc ma radio, le premier morceau, celui où je joue du yuk’, histoire que vous compreniez / que vous vous remémoriez pourquoi il est urgent de faire des dons au GRCM.


Notulette spéciale dauillomane ; faut pas se sentir visé par la lutte anti cheveux-longs, gros.