Romain
Par Eulalie, lundi 29 mai 2006 à 00:07 :: Journal :: #473 :: rss
« Lorsque la volonté se tait, l’instinct parle ; en l’absence de l’âme, le corps va son chemin. »
Romain Rolland, Jean-Christophe
Non, Romain, non. C’est parce que l’instinct a parlé que la volonté s’est tue. Le corps voulait continuer à aller son chemin sur ses deux pieds, si possible sans boiter, et l’âme était plutôt d’accord parce qu’elle aime bien se mouvoir dans un corps qui n’a pas le vomitif balancier d’un dromadaire.
Je n’ai pas essayé de me soustraire à la merveilleuse idée de Grunichou, Romain, la volonté était là, vaillante et forte de superbes résolutions toutes neuves.
J’ai sorti le sac du placard, Romain, je l’ai ouvert et j’ai dépoussiéré la paire de patins. J’ai lancé la rotation des roulettes de mon index, presque émue de constater que malgré leurs dix ans d’âge, leurs éraflures et bignes, ils étaient encore en plutôt bon état.
C’est la volonté qui m’a poussée à les chausser, Romain, la volonté de vérifier qu’ils étaient toujours à ma taille et que je n’allais pas me bousiller les pieds, certes, mais elle n’est pas moins louable.
Fière et vaillante bien que physiquement plus instable que quelques minutes auparavant, je me suis levée, Romain, plus rien ne pouvait m’arrêter, la volonté était en marche, je sentais déjà mes cuisses et mes fessiers réclamer grâce, mon cœur s’emballer, mais je ne les écoutais pas, Romain, j’étais chaussée, debout, j’étais plus forte que tout.
Et je suis tombée. A l’arrêt. Même pas une belle chute, pas de moulinés humoristiques des bras, pas de tentatives désespérées de rester debout en patinant sur place, je me suis juste écrasée lourdement et bruyamment par terre.
Mes fessiers ont râlé un « on t’avait prévenue ! », mes cuisses m’ont promis de stocker deux fois plus d’eau pour se venger, mon dos a pleuré que c’était vraiment trop injuste, les rollers se sont poilés tout ce qu’ils ont pu.
L’instinct, en ce moment précis, était de se dire que si je suis capable de tomber à l’arrêt, il était légèrement présomptueux voire risqué de tenter une randonnée. Alors je les ai remis dans leur sac, je suis retournée, claudicante, les remiser au placard. Disons, pour dix ans.
Et le paquet de cookies ? Quoi le paquet de cookies ? Romain, je t’emmerde.
Romain Rolland, Jean-Christophe
Non, Romain, non. C’est parce que l’instinct a parlé que la volonté s’est tue. Le corps voulait continuer à aller son chemin sur ses deux pieds, si possible sans boiter, et l’âme était plutôt d’accord parce qu’elle aime bien se mouvoir dans un corps qui n’a pas le vomitif balancier d’un dromadaire.
Je n’ai pas essayé de me soustraire à la merveilleuse idée de Grunichou, Romain, la volonté était là, vaillante et forte de superbes résolutions toutes neuves.
J’ai sorti le sac du placard, Romain, je l’ai ouvert et j’ai dépoussiéré la paire de patins. J’ai lancé la rotation des roulettes de mon index, presque émue de constater que malgré leurs dix ans d’âge, leurs éraflures et bignes, ils étaient encore en plutôt bon état.
C’est la volonté qui m’a poussée à les chausser, Romain, la volonté de vérifier qu’ils étaient toujours à ma taille et que je n’allais pas me bousiller les pieds, certes, mais elle n’est pas moins louable.
Fière et vaillante bien que physiquement plus instable que quelques minutes auparavant, je me suis levée, Romain, plus rien ne pouvait m’arrêter, la volonté était en marche, je sentais déjà mes cuisses et mes fessiers réclamer grâce, mon cœur s’emballer, mais je ne les écoutais pas, Romain, j’étais chaussée, debout, j’étais plus forte que tout.
Et je suis tombée. A l’arrêt. Même pas une belle chute, pas de moulinés humoristiques des bras, pas de tentatives désespérées de rester debout en patinant sur place, je me suis juste écrasée lourdement et bruyamment par terre.
Mes fessiers ont râlé un « on t’avait prévenue ! », mes cuisses m’ont promis de stocker deux fois plus d’eau pour se venger, mon dos a pleuré que c’était vraiment trop injuste, les rollers se sont poilés tout ce qu’ils ont pu.
L’instinct, en ce moment précis, était de se dire que si je suis capable de tomber à l’arrêt, il était légèrement présomptueux voire risqué de tenter une randonnée. Alors je les ai remis dans leur sac, je suis retournée, claudicante, les remiser au placard. Disons, pour dix ans.
Et le paquet de cookies ? Quoi le paquet de cookies ? Romain, je t’emmerde.
Commentaires
1. Le lundi 29 mai 2006 à 01:39 pétantes, Nina a déclaré :
2. Le lundi 29 mai 2006 à 03:28 pétantes, Leto a déclaré :
3. Le lundi 29 mai 2006 à 04:02 pétantes, Spokons-nous a déclaré :
4. Le lundi 29 mai 2006 à 07:19 pétantes, ln a déclaré :
5. Le lundi 29 mai 2006 à 08:13 pétantes, Mel a déclaré :
6. Le lundi 29 mai 2006 à 10:15 pétantes, ulfablabla a déclaré :
7. Le lundi 29 mai 2006 à 10:15 pétantes, Adrenalynn a déclaré :
8. Le lundi 29 mai 2006 à 11:25 pétantes, attachiante a déclaré :
9. Le lundi 29 mai 2006 à 11:48 pétantes, Tonton Miko a déclaré :
10. Le lundi 29 mai 2006 à 12:28 pétantes, Eulalie a déclaré :
11. Le lundi 29 mai 2006 à 12:33 pétantes, Camille des iles a déclaré :
12. Le lundi 29 mai 2006 à 13:07 pétantes, ulfablabla a déclaré :
13. Le lundi 29 mai 2006 à 13:45 pétantes, Leto a déclaré :
14. Le lundi 29 mai 2006 à 14:18 pétantes, Adrenalynn a déclaré :
15. Le lundi 29 mai 2006 à 14:56 pétantes, drenka a déclaré :
16. Le lundi 29 mai 2006 à 15:06 pétantes, Eulalie a déclaré :
17. Le lundi 29 mai 2006 à 18:12 pétantes, Romain a déclaré :
18. Le lundi 29 mai 2006 à 19:25 pétantes, toki38 a déclaré :
19. Le lundi 29 mai 2006 à 19:45 pétantes, Moukmouk a déclaré :
20. Le lundi 29 mai 2006 à 20:34 pétantes, attachiante a déclaré :
21. Le mardi 30 mai 2006 à 00:46 pétantes, Eulalie a déclaré :
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