Je lâche le Yuk’ pour honorer la promesse faite à Adrenalynn il y a quelques temps, à savoir faire le récit d’un évènement un peu gore qui m’est arrivé. Que les effarouchés de l’hémoglobine jaillissante aillent donc chercher le prénom de la fille de Geri Halliwell ; cela reste effrayant mais ne devrait pas trop causer de dommages psychologiques.

Eté 1999. Guérie depuis quelques temps d’une sournoise maladie, je passe régulièrement des examens médicaux.

Ce jour là, je devais faire une prise de sang, et je tombe sur un jeune stagiaire biactol.
Il fait le garrot, saisit la seringue et pique le creux du bras, quand, tout à coup, il est prit d’un spasme nerveux ou de folie sadique, qu’en sais-je, il enfonce l’aiguille trop profond. Surprise par cette douleur soudaine, je retire mon bras en criant.

N’ayant pas pensé à arracher le garrot, le sang gicle sur le mur et la porte, mais aussi sur la blouse et même les lunettes du laborantin. Je regarde fascinée ce geyser qui jaillit violemment en quantité vraiment impressionnante, sans vraiment percuter, comme hypnotisée.

- VOUS ÊTES COMPLÉTEMENT INCONSCIENTE !
- C’EST VOUS QUI ÊTES D’UNE NULLITÉ NAVRANTE !

Je finis par prendre du coton pour faire pression sur mon bras en regardant le mur et la porte qui dégoulinent de sang.

Ses esprits repris, A-Peine-PubèreBoy recommence son travail… Et rate la veine. Il peste et me fait comprendre avec son seul regard que je n’ai pas intérêt à la ramener. Evidemment, je ne peux pas m’empêcher, plus pour le provoquer que par réelle douleur, de crier un :

- AIEUUUU MAIS VOUS ME FAITES MAAAAAAL !!!

juste avant de lui sourire en le fixant.

Il ratera encore son coup deux fois avant de réussir.

Les tubes remplis, nous devons sortir de la pièce, c’est-à-dire pousser cette porte, maculée de sang frais, dégoulinant et encore rouge, qui donne directement sur la salle d’attente, et sortir, alors que nous sommes plus tachés que des bouchers. Nous avons rejoint le comptoir sous les regards horrifiés des futurs piqués.

Le problème avec les cabinets d'analyses médicales, c'est que leur geste commercial est très limité ; une prise de sang, même gratuite, ça ne fait pas super envie. Mais le mois suivant, le jeune stagiaire n’était plus là. J’espère juste qu’il n’est pas devenu acupuncteur.