Rancune
Par Eulalie, lundi 24 avril 2006 à 03:28 :: Journal :: #457 :: rss
25 ans pour apprendre la rancune.
Je n’arrive pas à pardonner leur absence et leur silence.
Il m’est arrivé de tirer des traits sur des personnes de mon entourage pour des raisons qui me paraissaient -et me paraissent toujours- légitimes, mais j’ai pardonné, accepté et intégré mes torts, je suis en paix avec ces histoires.
Cette fois, la paix ne vient pas. Il y a de la rancune, à l’intérieur, comme un vers profondément ancré qui se nourrit de colère et qui balaie les raisonnements, rejette en bloc les idées de compréhension, d’affection et de pardon qui régissent d’habitude mes rapports aux autres. Un combat interne très violent entre ce qu’il faudrait faire et ce que je suis en mesure de faire.
J’ai honte de ce sentiment qui selon moi relève de la mésintelligence. Je ne cherche pas à heurter en retour, je ne tiens pas de propos fielleux, je n’en deviens pas pour autant malveillante, cette forme de rancune là reste heureusement étrangère.
Je leur trouve même des excuses tout à fait acceptables, du type de celles que j’avancerais en y croyant si on me contait un cas similaire, je lis leurs mots en me disant qu’il faut un courage vraiment formidable pour prendre le clavier après autant de temps, et j’essaie de me rappeler que l’honnêteté devrait toujours être récompensée.
Je pourrais alléger les choses, j’ai le pouvoir d’amoindrir des sentiments de culpabilité, mais je ne le fais pas. Si ma raison me chuchote que pardonner est la seule et unique conduite à avoir, mes émotions hurlent plus fort « Non ! Non !! » à m’en déchirer les tympans.
J’ai encore plus honte de moi lorsque j’en parle, parce que tous s’accordent pour dire « il FAUT pardonner », comme si ma vie en dépendait, comme si grâce à cette action toute ma moralité allait être prouvée puis figée. Alors j’affirme que je n’y arrive pas.
J’affirme que je n’y arrive pas mais je mens. Je n’essaie jamais jusqu’au bout, il y a toujours cette petite part qui n’en a pas envie, qui est trop déçue, trop meurtrie, qui s’est sentie trop seule, qui attendait, connement, que des individus proches passent du baume sur la douleur.
Pas évident de se forcer quand il y a autant de souffrance et de peine conjugués.
A y réfléchir, ils sont probablement aussi un exutoire. Un moyen de sortir toute la colère que je ne sais pas vers quoi orienter.
C’est mesquin, médiocre, minable, de ne pas passer outre ces querelles, de pointer du doigt ces petites douleurs alors qu’il y a une bien plus grande.
Je suis en manque, en manque de ses câlins, de ses caresses sur mes cheveux et sur mon front, de son regard tellement si doux, en manque de légèreté, et surtout de sens, putain, Mado, t’es partie avec tout le sens des choses, je ne parviens pas à le retrouver, c’est juste une suite insupportable de jours interminables avec des sourires calculés et de la bonne humeur factice, tu me manques, tellement, tellement, que je deviens mesquine, médiocre, minable.
Je n’arrive pas à pardonner leur absence et leur silence.
Il m’est arrivé de tirer des traits sur des personnes de mon entourage pour des raisons qui me paraissaient -et me paraissent toujours- légitimes, mais j’ai pardonné, accepté et intégré mes torts, je suis en paix avec ces histoires.
Cette fois, la paix ne vient pas. Il y a de la rancune, à l’intérieur, comme un vers profondément ancré qui se nourrit de colère et qui balaie les raisonnements, rejette en bloc les idées de compréhension, d’affection et de pardon qui régissent d’habitude mes rapports aux autres. Un combat interne très violent entre ce qu’il faudrait faire et ce que je suis en mesure de faire.
J’ai honte de ce sentiment qui selon moi relève de la mésintelligence. Je ne cherche pas à heurter en retour, je ne tiens pas de propos fielleux, je n’en deviens pas pour autant malveillante, cette forme de rancune là reste heureusement étrangère.
Je leur trouve même des excuses tout à fait acceptables, du type de celles que j’avancerais en y croyant si on me contait un cas similaire, je lis leurs mots en me disant qu’il faut un courage vraiment formidable pour prendre le clavier après autant de temps, et j’essaie de me rappeler que l’honnêteté devrait toujours être récompensée.
Je pourrais alléger les choses, j’ai le pouvoir d’amoindrir des sentiments de culpabilité, mais je ne le fais pas. Si ma raison me chuchote que pardonner est la seule et unique conduite à avoir, mes émotions hurlent plus fort « Non ! Non !! » à m’en déchirer les tympans.
J’ai encore plus honte de moi lorsque j’en parle, parce que tous s’accordent pour dire « il FAUT pardonner », comme si ma vie en dépendait, comme si grâce à cette action toute ma moralité allait être prouvée puis figée. Alors j’affirme que je n’y arrive pas.
J’affirme que je n’y arrive pas mais je mens. Je n’essaie jamais jusqu’au bout, il y a toujours cette petite part qui n’en a pas envie, qui est trop déçue, trop meurtrie, qui s’est sentie trop seule, qui attendait, connement, que des individus proches passent du baume sur la douleur.
Pas évident de se forcer quand il y a autant de souffrance et de peine conjugués.
A y réfléchir, ils sont probablement aussi un exutoire. Un moyen de sortir toute la colère que je ne sais pas vers quoi orienter.
C’est mesquin, médiocre, minable, de ne pas passer outre ces querelles, de pointer du doigt ces petites douleurs alors qu’il y a une bien plus grande.
Je suis en manque, en manque de ses câlins, de ses caresses sur mes cheveux et sur mon front, de son regard tellement si doux, en manque de légèreté, et surtout de sens, putain, Mado, t’es partie avec tout le sens des choses, je ne parviens pas à le retrouver, c’est juste une suite insupportable de jours interminables avec des sourires calculés et de la bonne humeur factice, tu me manques, tellement, tellement, que je deviens mesquine, médiocre, minable.
Commentaires
1. Le lundi 24 avril 2006 à 06:55 pétantes, Fuzzi a déclaré :
2. Le lundi 24 avril 2006 à 06:56 pétantes, delest a déclaré :
3. Le lundi 24 avril 2006 à 07:54 pétantes, Ataraxie a déclaré :
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27. Le mardi 25 avril 2006 à 14:58 pétantes, [sarah] a déclaré :
28. Le mardi 25 avril 2006 à 22:18 pétantes, chupamarj a déclaré :
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30. Le jeudi 27 avril 2006 à 11:57 pétantes, Crooke a déclaré :
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