Y’a des marraines les fées qui ont fait l’école du rire, mais qui n’avaient certainement pas les capacités requises pour valider leur année et qui ont dû se recycler. Pourtant, le rire, elles l’ont en elle, et c’est tellement fort qu’à la moindre opportunité, faut qu’elles fassent des blagues.

Par exemple, au hasard, celle qui s’est penchée sur mon couffin pour s’occuper de mon cas, et m’offrir toutes ces petites particularités qui au final doivent former ma spécificité, faire de moi un être humain unique sans double absolu et total all over the world.

Alors qu’elle aurait pu offrir, disons, un métabolisme permettant de rester mince quelle que soit la quantité et la richesse des nourritures absorbées, un cerveau capable de faire des calculs compliqués de tête en 0,1 nano seconde, un front plus dur que le titane permettant de donner des coups de boule à tire-larigot ou la possibilité de lire dans les pensées des chats, elle m’a donné deux dons admirables de bêtise.

Mon premier don est un pied droit magique. Les amateurs de ballons ronds ou ovales commencent déjà à me jalouser : mollo sur les glandes salivaires, les gars, et gardez vos noms d’oiseaux. La magie réside dans le fait que mon lacet droit se dénoue systématiquement au bout d’une trentaine de pas. Cela fonctionne avec n’importe quelle paire de chaussures, en simple ou double nœud, et que cela soi moi ou une autre personne qui noue les lacets. Résultat, quand il pleut, les lacets sont mouillés, quand je me baisse je me fais bousculer, et quand je pose mon pied sur un rebord de vitrine c’est limite si je ne me fais pas chasser à grands coups de balais. Tss tssss.

Le second don a une utilité, mais personne ne me croit jamais. Lorsque je dois chercher un mot dans un dictionnaire, je tombe systématiquement à la bonne page. A une exception près : cela ne marche jamais si une tierce personne est dans la pièce. Un don plutôt chouette, mais impossible à prouver. A la réflexion, je préfère avoir celui là plutôt que celui, par exemple, de pouvoir voler sauf si quelqu’un me voit.
Parce que moi, si quelqu’un entre dans la pièce, au pire, je suis à trente pages de la bonne. Au pire du pire, je me coupe le doigt avec une page. Alors que Superman, si quelqu’un lève les yeux, il perd son slip. C’est pour ça qu’il le porte par-dessus son collant ; parce que sinon il se retrouvait cul nu devant les canards.

La marraine de Superman, c’était vraiment une garce. « Le petit Kal-El pourra voler, mais si quelqu’un l’aperçoit, il perdra son slip et se fera pincer les fesses (et plus si affinités) par les oiseaux migrateurs. »

En signe de soutien à Superman, ce billet n’aura pas de chute. Ni de slip. Et encore moins de canard.