Taïaut ! (Charge gratuite)

Madonna, 47 ans, est sportive et fière de l’être.

C’est sans doute la raison pour laquelle elle croit utile de nous rappeler à longueur de clip qu’elle n’a pas les fesses de son âge et qu’elle est parfaitement capable de réaliser des écrasements faciaux sans broncher ou de mettre sa jambe derrière sa tête les doigts dans le nez. (C’est là que je me dis qu’elle a perdu de sa provocation ; on ne la voit jamais mettre ses doigts dans son nez, même pas pour le symbole)

Mais était-ce vraiment nécessaire de sortir cet album très « dance » sans originalité aucune, à la pointe de rien, sinon de cette insupportable tendance à tout recycler en prenant garde de ne surtout rien créer, samplant par exemple les tubes disco suédois ? On ne peut pas être fière de son corps sans pomper des musiques, prétextes à l’exhiber ? Hein ? Non mais ho, entre nous ?

C’est tout à fait normal d’aimer ces jolis escarpins à bride et à talon. Je n’en aurais peut-être pas pris 50 paires, mais après tout la démesure est très américaine, ça se pardonne, c’est exotique pour nous, Européens.
C’est compréhensible d’avoir des coups de cœur pour des blousons aviateurs, sauf peut-être le pailleté argenté, qui me semble d’un goût plutôt douteux.
C’est nettement moins compréhensible de flasher sur ces justaucorps que j’ai personnellement toujours haïs pendant les cours de danse.

Mais tout porter ensemble, franchement ? Elle se sent pas un petit peu ridicule, avec son justaucorps brillant, sa ceinture corsetée pour marquer sa taille, son corsaire moulant couleur chair qui lui garrotte le dessous du genoux, ses escarpins à bride qui lui scient la cheville et son blouson aviateur ?

Surtout qu’elle a attrapé froid, cette grosse finaude, à ne pas mettre de pantalon (non, ne nie pas Louise, je t’ai vu retirer ton jean tout ça pour exhiber ton justaucorps vert pour agacer le monsieur), alors elle danse, pose, s’étire la bouche ouverte et les yeux à demi fermés. A ce point là, c’est vraiment loin d’être sexy, ça donne juste l’air nounouille. (« Rhaaa mais ferme ta bouche quand tu chantes pas ! », lui hurlai-je pas plus tard que ce matin.)(Hmm ? Hurlai-je à ma télé ? Oui, p’têt bien.)(Ridicule aussi ? Oui, sûrement, le ridicule n’est pas réservé aux pipoles.)

Parfois, le ridicule devrait pouvoir annihiler toute forme de volonté de sortir des albums qui n’ont de nouveau que la date de production et de réaliser ces clips navrants de narcissisme. Surtout quand le narcissisme est brushé 70’s. Surtout.

Non, parce que, ça m’énerve, un peu. Moins que le fait de devoir faire une couronne avec 400 euros de ma poche parce que le remboursement de mon inutile mutuelle est plafonné, c’est sûr. Mais quand même.

Madonna serait ma dentiste, j’aurais fini le boursin juste avant le rendez-vous et je lui aurais mordu les doigts.


De la cohérence à l’incohérence cohérente.

Le Fabuleux Zip de la Sensationnelle Radioblog du Fantastique Kek a ses limites. Oui, oui, malgré tout ces merveilleux superlatifs, Kek le Stupéfiant a oublié dans ses formidables instructions d’expliquer une chose : comment faire un ensemble cohérent de morceaux musicaux.

C’est après un rapide coup d’œil à ma bibliothèque musicale que je me suis rendue compte de l’ardu de l’entreprise. A titre d’exemple, on ne peut décemment pas faire cohabiter sur la même liste Marylin Monroe, les Black Eyed Peas, Susheela Raman et Franz Ferdinand.

En l’Ère 1 de la Radio Blog Eulalienne, on vit donc naître le principe de liste, partant de ces quatre artistes. Ce n’est qu’après qu’on se rendit compte que la bibliothèque musicale regroupait d’autres talents.

C’est ainsi qu’en l’Ère 1 + 3h07 – 3 poignées de cheveux, naquit le principe du « oula cet artiste là est bigrement trop bon, je lui consacrerai un jour une radio blog rien qu’à lui. » Malheureusement, on omit le fait que tous les artistes n’étaient pas des Damien Rice ou des –M-, et que par conséquent, parfois, dans certains albums, un seul titre sortait du lot.

C’est ainsi qu’en l’Ère 1 + 5h12 – (3pdc + 2 ongles), on décida de regrouper certains artistes sous diverses catégories. Apparut alors, à l’initiative de la Sécurité Sociale, la catégorie générique. Malheureusement, on se heurta à divers problème, ce principe ne répondant pas aux besoins spécifiques. Par exemple, pour la catégorie générique « Rock », on se rendit compte que la rencontre Franz Ferdinand et Muddy Waters donnait une impression vraiment étrange.

En l’Ère 1 + 7h34 – (3pdc + 2o + 2 phalanges), on vota une loi qui avait pour but de créer des catégories de proximité. Ainsi, on décida d’affecter Glory Box de Portishead à la catégorie « Tristounette à Déprimante voire carrément Lacrymatoire ». Puis, on pensa lui rattacher la petite reprise de Wish you were here par Radiohead.
Vive contestation du parti des « Reprises » qui s’attribuait ce morceau et qui menaça de ne plus respirer jusqu’à ce qu’on accède à leurs revendications. On céda, et pour les calmer, on leur accorda même El Tango de Roxane de la comédie musicale Moulin Rouge.
Protestation de la foule sur El Tango de Roxane ! Les partisans de la « Tristounette à Déprimante voire Lacrymatoire » et des « Reprises » s’unirent pour manifester contre ce qu’ils appelèrent une hérésie, tandis que les aficionados de la catégorie « Comédie Musicale Moderne » réclamèrent tous d’une même voix qu’on leur livre sur le champs la chanson qui n’avait rien à faire dans cette catégorie, la chanson n’étant qu’une reprise à 49,9%.

C’est ainsi qu’en l’Ère 1 + 9h02 – (4pdc + 3o + 2½p), pour calmer tout le monde, on décida de créer une catégorie spécifique à chaque morceau, ne reliant les œuvres entre elles si et seulement si les partisans des catégories concernées notifiaient leur accord par écrit.

C’est ainsi qu’en l’Ère 1 + 16h27 – (5pdc + 12o* + 5¾p), sous le regard amusé de Monsieur Muche, on fut envahi de feuilles noircies de ratures partout dans la pièce, débordant du bureau, tombant sur la moquette, recouvrant la banquette.

L’Ère 1 de la Radio Blog Eulalienne fut marquée par l’immobilisme de ses dirigeants et une réelle incapacité à trouver des solutions. On finit légitimement par s’insurger de voir que tout le temps qui avait été investi dans le projet n’avait finalement servi à rien. La controverse enfla jusqu’à ce qu’on descendit dans la rue pour protester. Non ! On n’avait pas téléchargé, dézippé, uploadé, retouché, installé Filezilla et Cdex pour des nèfles ! Il fallait réagir, trouver une solution !

C’est ainsi que Monsieur Muche, agacé de voir les cheveux arrachés joncher les feuilles raturées, déclara : « Truchinette, si vous ne parvenez pas à créer un ensemble cohérent, laissez donc cette liste de "bal musette de Saint Jean un peu triste mais joli", et créez une liste merveilleusement décadente, farouche, désordonnée, en un mot : sublimement incohérente ! »
Et l’Ère 2 commença. Evidemment, il fallu travailler à la cohérence de l’incohérence, pour que l’ensemble soit parfaitement incohérent.

Alors voilà. Tout ça pour dire, elle est là, dans la colonne de gauche, la Radio Blog, entre Catégories et Liens, les petites phrases vertes.
Et comme toutes ces bidouilles amusent Grunichou, il y en a même deux.
Youpi Rintintin !


*Oui, on attaqua aussi les doigts de pieds.


Eulalie FM
1. America, Betty Wand, George Chakiris, the Sharks, their Girls, BO de “West Side Story”.
2. Est-ce que tu aimes, Arthur H et M, “Adieu Tristesse”,
3. Let’s get retarted, Black Eyed Peas, “Elephunk”,
4. Liquefy, the Servant, “the Servant”,
5. Nowadays / Hot Honey Rag, Renée Zellweger, Catherine Zeta-Jones, Taye Diggs, BO de “Chicago”,
6. Rodeo Clowns, Jack Johnson, “On and on”,
7. Trust in me, Susheela Raman, “Salt Rain”,
8. Woman Like a Man, Damien Rice, “B-Sides”,
9. Visur Vatnsenda Rosu, Björk, “Songs from the Cold Seas” d’Hector Zazou.


Muche FM, sans liens, mais avec des commentaires éclairés
1. A Cheap excuse, Chocolate Genius, “Black Music”. Pour la douceur.
2. Au mont Sans-Souci, Jean-Louis Murat, “Mustango”. Un peu de piano ne nuit jamais. Sauf si c’est moi qui joue.
3. I Live, Jason Falkner, “presents Author Unknown”. Saviez-vous que Jason Falkner avait été le leader de Jellyfish ? Moi, oui.
4. Misty Roses, Colin Blunstone, “One Year” ? Ca commence comme une salsa lente et que ça se transforme en quasi musique de film baroque. C’est intéressant.
5. The Ghetto, Donni Hatthaway, “Everything is everything”. Que serait une radio sans ce morceau ? Une radio inachevée il me semble.
6. You ain’t seen nohtin yet, Bacchman Turner Overdrive, “Best of B.TO.”. Juste pour le riff.
7. Wonder, Natalie Merchant, “Tigerlily”. Saviez-vous que Natalie Merchant avait été la chanteuse des 10.000 Maniacs ? Oui ? … c’est vrai que tout le monde le sait.
8. Chance, Big Country, Best-Off “Through a Big Country”. Au début, puisque Truchijolie voulait donner de la cohérence à sa radio, je pensais faire une playlist “Chansons dont les interprètes ont fini pendus”, mais hélas je n’ai pas de titre d’INXS, de Joy Division ou de Raphaël. Vous dites ? Raphaël ne s’est pas pendu ? C’est dommage.


# 39

La Durée me rend un hommage tellement discret que c’est cette chère Ava qui me l’apprend. Merci !



Pssss ! M’ssieurs Dames de La Durée, je veux bien cette jolie boîte qui trouvera forcément une utilité chez moi. Si elle est pleine de macarons chocolat, café et pistache, ne vous embettez pas, je me chargerai de la vider moi-même.


Mon festival du film asiatique

Quand elle m’a suggéré d’assister au huitième festival du cinéma asiatique, immédiatement mille images délicieusement exotiques éclairèrent l’écran de mon imagination.

Ici, un plan fixe de huit heures d’un caillou subissant une pluie battante tandis qu’un panda chante dans une lointaine forêt de bambous.
Là, un travelling méticuleux autant que sublime le long d’un roseau des rives du Yang-tseu-kiang au petit matin.
Ou ailleurs encore, l’attente libératrice de la parole forcément profonde quoique légèrement chevrotante du vieux maître lissant énigmatiquement sa barbe.
Et que sais-je encore ? Peut-être une libellule.
J’ai donc répondu oui tout de go.

Quelle ne fut pas ma surprise de constater que tous les asiatiques ne partagent pas ma conception du cinéma asiatique.

Je n’ai jamais assisté au spectacle de mangoustes se livrant à un combat de chatouilles, mais j’imagine que le mélange de vitesse, de précision et de « bonds dans tous les sens » puisque je n’ai pas de meilleures expressions sous la main serait le même que celui que j’ai vu.

Bien sûr, le réflexe premier du gentleman est de froncer les sourcils en lâchant, navré, un « Tss, tss » de circonstance quand deux humains s’abaissent à se livrer à la violence physique pour régler leurs différends. Mais, il faut avouer que dans l’obscurité d’une salle de cinéma, il est plaisant de se laisser aller à écarquiller les yeux en se disant « Ces zigotos sont furieusement agiles » (Veuillez excuser ce langage populacier à la limite du hooliganisme, mais toute honte bue, je dois confesser que le mot zigoto est bien celui qui m’est venu en tête)

Je soupçonne aussi la plupart des réalisateurs de s’être adonnés au visionnage massif, prolongé et visiblement jouissif des « Blues Brothers » (« The Blues Brothers » est une œuvre aimablement subversive par trop méconnue du cinéma américain dit "underground"). Car le nombre de véhicules sacrifiés à l’autel des cascades en voitures par film frise indécemment l’hécatombe. Quand on connaît le prix de ces engins, le cœur ne peut que se serrer.
A l’unisson de celui de Mademoiselle Truc qui se serrait pour d’autres raisons moins romantiques comme la mort tragique de la jeune héroïne dans un des accidents en question.

J’ai néanmoins failli voir rouge après qu’une poursuite se soit soldée par l’écrasement de quelques roseaux. J’étais bien décidé à saisir ma plume vengeresse pour tancer de quelques formules impitoyables le réalisateur. De quel droit osait-il ainsi détruire le matériel de ses confères plus sensibles au charme de la nature ?
La traductrice très menue a eu beaucoup de mal à se frayer un chemin au milieu de ces gros bras du service de sécurité qui tentaient de m’arracher au fauteuil que, pris par la rage, je mordais à belles dents.
Elle a tiqué quand j’ai recraché à ses pieds la mousse de l'accoudoir pour lui expliquer la raison de mon emportement.
Elle m’a contemplé longuement de son regard mystérieux où se reflétait une sévère réprobation.
Finalement, il ne manquait qu’une barbe à lisser. Car si elle n’a pas été énoncée par un quelconque vieux maître, la parole libératrice tant attendue a été profonde et légèrement chevrotante.
Le message délivré étant la garantie qu’aucun roseau n’avait été blessé durant le tournage, promis juré monsieur, c’est marqué là dans les trois idéogrammes du générique, il faut rentrer chez vous maintenant.

Alors, je suis rentré chez moi.

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Merci à la talentueuse Little Léo pour le nouvel avatar !