Dans un de mes boulots, nous avions une réunion récurrente tous les vendredis après-midi. (Oui, tous les vendredis, une réunion obligatoire qui commençait toujours à la bourre malgré mes gros yeux et mes tapements de pied.) Alors au déjeuner, la bande de petits rebelles casual Friday tempêtait du cerveau entre deux parties de baby afin de trouver des mots incongrus à placer dans les comptes-rendus. Le plus dur n’étaient pas de placer « psychodysleptique » ou « protozoaire » en relatant les avancées du projet de l’intranet, mais plutôt de ne pas exploser de rire en les entendant en situation.

A l’Assemblée Nationale aussi, il y a de grands enfants. Le souci, c’est qu’on est censé y prendre des décisions plus importantes que la mise en page d’une home et plus capitales que l’éternel dilemme menu déroulant ou menu dynamique. Et puis là-bas, il y a caméras et micros, alors que personne ne nous voyait modifier les listes de correction automatique du word de Stéph.

Finalement, nous, nous restions crédibles.
Alors que, à l’Assemblée Nationale, quand on joue à « çui dont le nom sera le plusse cité par Jean-Louis a gagné »*, sous l’œil attendri de leur gentille baby sitter Jean-Louis, la crédibilité pleure et inonde l’hémicycle.

Il ne me semble pas que l’Assemblée Nationale soit la garderie idéale pour ces enfants atteint de progeria**. Ou alors, il faudrait retirer les caméras de la salle de garderie.
Et, pourquoi pas, les rebrancher dans le lieu*** où les vrais adultes se retrouvent pour travailler et débattre. Histoire de voir à quoi ressemble une vraie session parlementaire.


* Hier, c’est le petit Jean-Marc de la Loire Atlantique qui a remporté haut la main la médaille en chocolat grâce aux très nombreux rappels à l’ordre dont il a été l’objet.
** Maladie génétique qui provoque entre autre un vieillissement accéléré.
*** Le village de Ronald Mac Donald ?