La semaine dernière, Muchigrounou et moi sommes allés au Festival du « pendant que Takeshi se hara-kirise le bide pour exhiber ses boyaux, je vais te couper les doigts, ça t’apprendra à être sage, mon gros canaillou », du « ne bougez pas, Princesse je vous protégerai envers et contre tous, et avec ce bâton, je vais tuer dix par dix les guerriers de l’armée barbare, et tout ça au ralenti » et du « mon père est absent, je vais attendre 1 heure à la fenêtre, et vous allez attendre avec moi en regardant mon visage inquiet, tiens, il pleut, dehors », j’ai nommé, l’esthétiquement vio-lent (et parfois très drôle) cinéma asiatique.

Oui, nous sommes comme ça, nous. Le week-end à Deauville n’est pas romantique sur les planches chabada bada, mais joliment sanglant dans les salles de cinéma à regarder le sort s’acharner sur les jeunes filles pauvres, orphelines et malades qui auront cru trouver une solution, mais en fait, non, la solution mourra écrasée sous un bus après avoir été battue à mort par quatre proxénètes drogués, parce que faut pas déconner, dans la vie, y’a pas d’espoir, on n’est pas aux Etats-Unis non plus.

La vie est dure, injuste, cruelle ; si tu es méchant, toi et ta famille mourrez dans de terribles conditions, si tu es méchant mais que tu fais une bonne action, peut-être que tu seras épargné, mais alors on tuera ta famille et ton seul et unique enfant, celui que tu chérissais plus que ta vie, et tu devras vivre avec ça sur ta conscience de méchant, si tu es gentil, mais que tu as fait un truc pas bien, alors suicide toi tout de suite et évite d’adopter une enfant parce que tu vas mourir et ça lui retombera dessus alors qu’elle n’aura que 6 ans, si tu es gentil et innocent, y’a fort à parier que tu ne t’en sortes pas non plus, à tous les coups tu as des liens avec un méchant, un méchant un peu repenti ou un gentil un peu méchant, et sinon, tu seras probablement au mauvais endroit au mauvais moment.

D’ailleurs, si tu veux qu’il n’arrive rien à toi ou à tes proches, surtout, ne naît pas.


Palmarès Officiel :
Compétition Action Asia : Lotus décerné à « A Bittersweet Life », de Kim Jee-Woon (Corée du sud), sortie prévue le 10 mai,
Compétition officielle :
- Lotus de la critique : « Citizen Dog », de Wisit Sasanatieng (Thaïlande), sortie prévue le 12 juillet,
- Lotus du meilleur scénario : « Midnight my Love », de Kongdej Jaturanrasmee (Thaïlande), pas de sortie prévue,
- Lotus du Jury : « The Peter Pan formula », de Cho Chang-Ho (Corée du Sud), date de sortie non annoncée,
- Lotus du meilleur film : « Dam Street », de Li Yu (Chine), date de sortie non annoncée.

Palmarès Eulalien :
- Lotus Rose d’Eulalie pour la compétition officielle : « 4h30 » de Royston Tan (Singapour), d’une intensité captivante pour peu qu’on réussisse à rentrer dans le rythme très lent et qu’on ne soit pas gêné par le silence. (Pas de sortie prévue, dommage) (J’avoue toutefois ne pas avoir vu « Dam Street » et « The Peter Pan Formula »)
- Lotus Blond d’Eulalie pour la compétition Action Asia : « One nite in Mongkok », de Derek Yee (Hong Kong), parce que c’est désespéré, haletant et réalisé « à l’asiatique ». (Date de sortie non annoncée),
- Lotus Zébré d’Eulalie pour les films pas en compétition : « SPL », de Wilson Yip (Hong Kong), parce que putain, merde, quoi. (Pas de sortie prévue)


(Tiens, cela me fait penser que en Novembre dernier, je n’avais pas fait de note à ce sujet, mais nous avions assisté au Festival du Cinéma Russe de Honfleur -14-, les deux films qui sortaient du lot étaient « L’Italien » de Andreï Kravtchouk –pas sorti en France pour l’instant- et « Familles à vendre » de Pavel LOUNGUINE –sorti dans l’indifférence générale le 25 janvier-, deux films diamétralement opposés mais qui nous ont vraiment plus, sait-on jamais, si vous avez l’occasion !)