Kalinka (Un peu d’humour noir)
Par Eulalie , mardi 7 février 2006 à 00:52 :: Journal
L’amour filial, c’est beau comme un accordéon.
Intérieur jour dans la télé de mon intérieur nuit.
Monsieur et Madame X sont à l’aéroport. Ils sont très excités ; l’avion en provenance de Roumanie doit leur apporter le jouet qu’ils ont commandé sur un catalogue d’occasion : un enfant de neuf ans atteint de troubles neurologiques qui l’empêchent de marcher convenablement et qui lui imposent à vie un traitement médical quotidien.
Adrien arrive. Les larmes de bonheur perlent et ruissellent, l’enfant conscient qu’il aura accès à des soins qu’il n’aurait jamais eu dans son pays rit de bon cœur, on immortalise l’instant avec une belle photo souvenir et hop, direction la maison.
Il est accueilli par un comité composé d’enfants (sept, il me semble) également malades (myopathe, trisomique…). Après un léger temps de flottement, il trouve ses repères grâce à une fillette du même âge que lui qui le prend par la main pour l’aider.
Et là, c’est le drame.
Dans la salle de jeux, on colle dans ses mains… Un accordéon.
Si.
Comme j’vous l’dis.
On y a collé un accordéon au p’tio roumain.
Masse téléphage naïve, nous pensions jusqu’alors que les petits roumains accordéonistes arrivaient en France à cause d’une mafia qui les forçait à travailler ensuite pour elle.
Alors qu’en fait, ils sont recueillis et formés très tôt par des familles d’accueil françaises et catholiques qui les réparent pour accomplir leur sombre et machiavélique dessein : casser les oreilles et taper sur les nerfs de tous les usagers du métro jusqu’à ce qu’ils hantent les rues comme des zombies en marmonnant Kalinka.
Alors je me demande quelle sera la première phrase qu’on lui apprendra en français : « bonjour et bon voyage ! », « excuse moi de vous dérange » ou « pour la musique. ».
Je me demande aussi si on peut rendre l’enfant à l’orphelinat et récupérer les sommes engagées (plus dommages et intérêts) s’il finit par guérir.
Et j'éteins la télé.
Intérieur jour dans la télé de mon intérieur nuit.
Monsieur et Madame X sont à l’aéroport. Ils sont très excités ; l’avion en provenance de Roumanie doit leur apporter le jouet qu’ils ont commandé sur un catalogue d’occasion : un enfant de neuf ans atteint de troubles neurologiques qui l’empêchent de marcher convenablement et qui lui imposent à vie un traitement médical quotidien.
Adrien arrive. Les larmes de bonheur perlent et ruissellent, l’enfant conscient qu’il aura accès à des soins qu’il n’aurait jamais eu dans son pays rit de bon cœur, on immortalise l’instant avec une belle photo souvenir et hop, direction la maison.
Il est accueilli par un comité composé d’enfants (sept, il me semble) également malades (myopathe, trisomique…). Après un léger temps de flottement, il trouve ses repères grâce à une fillette du même âge que lui qui le prend par la main pour l’aider.
Et là, c’est le drame.
Dans la salle de jeux, on colle dans ses mains… Un accordéon.
Si.
Comme j’vous l’dis.
On y a collé un accordéon au p’tio roumain.
Masse téléphage naïve, nous pensions jusqu’alors que les petits roumains accordéonistes arrivaient en France à cause d’une mafia qui les forçait à travailler ensuite pour elle.
Alors qu’en fait, ils sont recueillis et formés très tôt par des familles d’accueil françaises et catholiques qui les réparent pour accomplir leur sombre et machiavélique dessein : casser les oreilles et taper sur les nerfs de tous les usagers du métro jusqu’à ce qu’ils hantent les rues comme des zombies en marmonnant Kalinka.
Alors je me demande quelle sera la première phrase qu’on lui apprendra en français : « bonjour et bon voyage ! », « excuse moi de vous dérange » ou « pour la musique. ».
Je me demande aussi si on peut rendre l’enfant à l’orphelinat et récupérer les sommes engagées (plus dommages et intérêts) s’il finit par guérir.
Et j'éteins la télé.