Une nuit, insomnie aidant, je me suis calée sur une chaîne du service public qui retransmettait les prouesses des acharnés de la performance. (Non, pas ceux là, « chaîne du service public », j’ai dit)

Le jour suivant, le programme de la journée de half pipe (rhoo, mais non, ça se prononce païpe, enfin, chaîne du service public !) s’avérant plutôt distrayant, je suis restée toute la journée dessus, profitant des quelques décrochages pour aller me laver et chercher la bite de chocolats offerts par mam. (Hmmm ? Ah, bah c’est malin, avec vos bêtises je fais rien qu’à me tromper maintenant !! Ma MAMAN m’a offert une bOite de chocolats.)

Rapidement, j’ai pris l’habitude, et, de fil en aiguille, j’en suis arrivée à faire la moule (s’il vous plaît, ne soyez pas vulgaires non plus) devant le boarder cross, le saut à ski, le bobsleigh, le ski acrobatique et même le short track, avec cependant des impasses sur le combiné nordique et le hockey, parce que, faut pas déconner non plus, dans le premier il y a tellement peu d’action qu’on s’ennuie (je parle toujours de combiné nordique) et dans le second, le palet est tellement petit qu’on ne sait jamais où il est (sans commentaire).

L’autre jour, j’ai eu l’impression d’avoir touché le fond en pensant « rha, zut, le curling n’est pas diffusé, c’est con j’aurais bien aimé les regarder astiquer la glace. » (La glace !! Astiquer la glace !! Vous êtes en manque ou quoi ?!) Terrifiée par l’énormité (là, il faut lire en entier la phrase) de cette pensée (voilà, c’est la pensée qui est énorme), je me suis mordue les joues (oui, mais non, en fait), et pour oublier, je me suis faite (vous ne savez pas lire ?! il faut aller jusqu’au point au bout de la phrase !) la finale féminine du boarder cross.

Pourtant, le vrai fond, je l’ai atteint ce soir, alors que, zappant, j’ai entendu Annick vanter le porté réalisé par les patineurs grands bretons. Peu intéressée par le patinage artistique, je suis tout de même restée sur la chaîne pour regarder ce que ce porté avait de si enthousiasmant. Et là, c’est le drame :

« Oulalah oui dis donc, c’est vrai qu’il est joli ce porté ! »

Avec de l’émerveillement dans la voix.
J’ai peur.
Si ça se trouve, après ça, plus jamais ma vie ne sera la même.
Si ça se trouve, je vais m’acheter un costume de poupée de foire ou un avec ces superbes découpes en tissu imitation peau.
Si ça se trouve, je vais devenir accro aux sports télévisés.
Ou, pire, je vais devenir porno star hannnn non non !!! Sportive ! Je vais devenir sportive !



Mentions spéciales d’affligeante nullité décernées à :
- Philippe Candeloro pour ses remarques frisant l’obscénité. Il avouera par exemple à la fin que l’allemande et ses « jolies petites fesses » (sic) lui ont manqué pendant cette compétition. Il demandera un peu plus tard à Nelson d’arrêter de s’exciter sur les compétitrices parce que « c’est moi qui vous ramène à l’hôtel et je voudrais pas passer un sale quart d’heure si vous voyez ce que je veux dire » (sic, encore) (Toujours sévices publics, euuh, non, service, oui euh, ‘ttendez j’ai un doute, Nelson qui se fait Philippe dans l’ascenseur d'un hôtel italien, c’est service public ou pink TV ??)
- Annick pour son sens hors norme du français. « Aucune déduction technique ne peut être inculquée ». Sic, malheureusement.