Chaud & froid

Al Patchino2 a eu beau me chauffer le dos, j'ai le sang glacé par les mots qu’il a prononcés ce matin : "niet meer dan één patch per 24 uur op dezelfde zone gebruiken".
Oui, Al Patchino parle le NLeu, et il ne veut pas être en contact plus de 12 heures par 24 heures avec moi.
Aïe.


[Edit de l'edit : suffit d'ajouter quelques mots par ci par là, et paf ! Ca fait des chocapics ! Ah, peut-être pas, mais ça donne du sens, au moins.]

Patchino et Eulaliette

60 ans dans mon dos en un seul mouvement.

Aïe.

Paraît-il que s’étirer le matin réveille le corps, mais ce matin, c’est la douleur, là, en haut sur la droite, qui s’est réveillée dans un sursaut. La douche forte et brûlante ne l’aura apaisée que le temps des 75 litres de contenance du ballon, et sitôt la poignée du mitigeur rabaissée et la dernière goutte tombée, l’insidieuse garce a recommencé à irradier, poussant mes épaules vers la terre-grand-dieu-qu’elle-est-basse-la-terre-ouyouyouille-oulalah.

Aïe.

C’est avec toute la célérité dont est capable une voûtée petite vieille que je me suis emmitouflée pour aller chercher un remède à la pharmacie.

C’est généralement lorsqu’on a besoin d’un médicament sur ordonnance qu’on se trouve à 200 bornes de sa gentille quoique bavarde pharmacienne. Aucun dealer agréé n’a donc voulu me fournir ma précieuse dose de di-antalvic. La démarche mal assurée et la tête baissée, j’ai dû courir (ramper) les officines pour en trouver une qui consente à me vendre au moins un médicament avec du paracétamol codéiné en plus d’un patch thermo actif.

Une fois passée la délicate épreuve du « comment poser un patch chauffant dans son dos alors qu’on a mal audit dos et qu’on est toute seule ahaha la bonne blague je veux ma môman » + 20 minutes de temps, le Nirvana s’est répandu le long de ma colonne vertébrale.

Une infidélité torride (jusqu’à 68°c), un amour de douze heures, une passion sans lendemain qui connaîtra une fin violente digne des romans les plus émouvants, Al, mon Patchino, amène mon corps à des records de chaleur pour tuer la douleur.

Et je ronronne de bonheur, essayant d’oublier que le temps joue contre nous et que bientôt, l’alouette, messagère du jour, remplacera le rossignol et percera le tympan craintif de mon oreille. L’aube joyeuse touchera du bout du pied le sommet brumeux des collines, et mon Patchino, quel que soit son désir, rester ou partir, s’éteindra doucement le long de mon échine glacée.

Mais toute Eulaliette que je suis, je ne me poignarderai pas avec l’emballage ; j’ai trop mal au dos pour faire le mouvement.


La bonne intention

La bonne intention, aussi concentrée soit-elle, qu’on la prenne au saut du lit ou qu’on la fasse mariner avec un quelconque élément permettant de l’étoffer avant de la prendre, ne réussira jamais un repas à votre place. Pareil pour la volonté de bien faire.

Mais alors, qu’est ce qui permet de réussir un repas, me direz-vous avec votre coutumier petit ton suppliant et impatient pendant que, me relevant trop rapidement, alors que je prenais un plat dans le placard sous le four, je m’assomme sur le coin de la porte du four.

Hé bien… Je n’en sais rien. Je ne comprends pas. Tout est flou autour de moi. J’erre, damnée, dans les limbes de la gastronomie pourtant simpliste, essayant d’échapper à des chefs en toque qui cherchent à me pendre haut et court avec leur cordon bleu.

Mais soudain, alors que j’allais me faire piéger par la grosse toque en filet, une liane à nœuds de velours a été lancée dans ma direction. Je me suis délicatement agrippée à cette providentielle apparition. Une fois en haut, Salvatore Viviano, le maître de la tendance canalplussien, m’a parlé.

Quand je me suis réveillée, j’étais allongée dans la cuisine, sous le four, avec une bosse sur le front. Mon cake aux olives et au jambon parfaitement doré me narguait. Il se savait plus fort que moi et surtout bien trop dur pour être mangé ou frappé, avec ses trois fois trop de farine ahahaha je me suis gourée en lisant la recette.

Je ne me suis pas démontée. La Force Tendance Salvadorienne était en moi. Alors j’ai planté trois fleurs avec des tiges en fer dedans. Et comme par magie, mon cake aux olives et au jambon est devenu un formidable et très tendance centre de table.

Et c’est fière comme un petit banc tendance qui a son jean dans ses bottes cavalières que j’attends mes invités ce soir, pour manger des pâtes tendance à la sauce bolognaise Buittoni sur une table tendance ornée d’un centre de table très tendance.

Merci Salvadore. Mais la prochaine fois que je m’assomme avec le four, je préfèrerais avoir la visite d’Eric Roux. Histoire d’arrêter de passer pour une pauvre buse, surtout en présence des frère et sœur de Monsieur Muche.


20 questions, 20 réponses, 2

01. Qui suis-je ? 02. Qui me connaît le mieux ? 03. Quel âge ai-je l'impression d'avoir ? 04. La chose la plus importante dans ma vie est ... 05. Je porte toujours ...
06. Quelque chose que je fais toujours ... 07. Je suis la plus heureuse quand ... 08. Le lundi matin, vous pouvez me trouver ... 09. Mon moyen de transport favori ... 10. Mes yeux sont ...



11. L'objet que je préfère posséder est ... 12. Pour me détendre, j'aime ... 13. La ville où j'habite est ... 14. Ma plus mauvaise habitude ... 15. Mon plaisir défendu ...
16. La première chose que je regarde chez quelqu'un, c'est ... 17. Je pense que ... est magnifique 18. Quelque chose dont je peux me passer ... 19. Quelque chose que les gens ignorent à mon propos ... 20. Ma vie est ...




Toujours pompé .

La prochaine fois, Monastère, oui !

Monsieur Muche est parti. Il a rassemblé ses affaires, il m’a embrassée sur le front et sur le bout du nez, il a caressé ma joue, et il a fermé doucement la porte (« BLAAAM ! ») bon, ok, le plus doucement possible, nous allons dire.

Monsieur Muche met des cravates, c’est dire si Monsieur Muche est un homme sérieux. Il travaille beaucoup. De temps en temps, il passe ses fins de semaine, nuits comprises, avec ses collègues. Non, il ne se met pas au vert ; il va à des séminaires.

Mais il ne m’oublie pas pour autant. A 3h17 du matin, parfois, il se souvient parfaitement de mon existence. Et ne pouvant résister à l'envie d’entendre ma douce et délicieuse voix, il m’appelle. Comme je n’ai pas pour habitude de rester proche de mon téléphone portable, je rate ses appels.

Heureusement, l'homme a inventé le répondeur, et je ne loupe alors pas une miette de l'essence de ses propos.

« Bon, huhuhu, tu dois me maudire pffrtthuhuh, parce que, euuuh, soit tu dors, soit…pffftrtttthuhu tu dors, huhuhu, et, … huhuhu, et, pffftgttrr bah voila, je rentre de ma soirée, et j’avais juste…euh, envie de te téléphoner pour t’embrasser, et tout ça, et pour te dire que c’était une bonne soirée, que tu m’avais manqué quand même, (reniflement)… je sais pas ce que je raconte pffftrtrtehuhuhuh, et, huhuhu, et, huhuh, et pis c’est tout. J’te fais des bisous, et, huhuhu, bonne nuit, et j’espère que, ahahah, je ne vais pas le payer trop cher parce que tu vas me maudire. Voila ! hahaha. Bon. Huhu. Chuis cooon ahahahaha ! Bisous, huhuhuh. Bi… huhuhu. Bisous. »

Séminaire de travail. Voilà voilà.
Si tant est que s’arsouiller avec ses collègues dans le sud ouest de la France soit un travail.