Joyeux modem !

Employé, nonchalant - Est-ce que vous savez à quel moment de la journée votre modem déconnecte ?
Eulalie, précise - Hé bien, je dirais qu’il se déconnecte une fois par matin, deux fois pas après midi, et ensuite, à partir de 18 heures, c’est la catastrophe, impossible de tenir connectée plus de 6 secondes d’affilée.
Sherlock, sérieux - Hmm, à partir du moment où l’éclairage public s’allume, donc…

Trois mois. Trois mois de relations tendues avec ce service qui n’a de hotline que le nom, qui n’a de professionnel que la base line, pas l’ambition, encore moins la volonté, non, la base line, quelque chose qu’un esprit malade de publicitaire qui croit encore au Père Noël a imaginé pour eux, trois mois d’appels surtaxés, de téléchargement de pilotes et de mises à jour, de cochage puis de décochage de case, de tests en tous genres, de recochage de case décochée, de changements de valeur dans des onglets secrets pour en arriver là.
Mon modem ne fonctionne pas ; pas parce qu’il est défaillant, cassé, ou vieux, mon modem ne fonctionne pas parce que les éclairages publics s’allument à 18h. Les éclairages publics, il n’y en a pas, je vis dans une maison au bout d’un chemin sans éclairage, mais comme il paraît que nous sommes en lune descendante et que le capricorne est dans la maison du cancer, alors, oui, si mon modem ne fonctionne pas, ce doit être à cause de l’éclairage public.

Eulalie, agacée - Ah. Bon. Alors ça va être quoi, cette fois ? Je dois faire une requête à ma mairie pour qu’ils changent les ampoules dans un rayon de 10 km ?
Sherlock, sérieux – Double-cliquez sur l’icône ADSL. Dans l’onglet information, lisez-moi…
Eulalie, coupant la parole - La version des pilotes. Nianiania. NON. Ca aussi, c’est fait. C’est pas marqué dans votre « dossier » ?!
Sherlock, destabilisé – Si, mais c’était …
Eulalie, coupant la parole – Pour vérifier ? Les pilotes sont les derniers. Les mises à jour sont faites. On a coché tout ce qu’on pouvait cocher, on a décoché tout ce qu’on pouvait décocher, on a fait toutes les combinaisons possibles et imaginables, on a modifié les valeurs de certains endroits, on a rétabli parce que ça ne faisait rien, on a même « réparé des défauts » sur ma ligne, on me l’a confirmé par texto, et depuis que vous êtes intervenus, c’est PIRE. Depuis que vos techniciens ont fait mumuse à réparer les défauts, dans les rapports d’échec de connexion, il est écrit qu’il y a des « défauts de ligne persistants ». Cela fait TROIS mois, trois mois que je ne peux pas user de ma connexion en étant sereine, trois mois que je paie pour un service qui ne m’est pas rendu, trois mois que je vous appelle, trois mois qu’on me mène en bateau. Alors épargnez-moi vos putains de questions, vos procédures à la con, lisez mon dossier et trouvez une so-lu-tion.
Sherlock, qui n’a probablement rien écouté de ma tirade – Un moment s’il vous plaît.

Il n’a rien écouté, il n’a probablement rien compris à part que j’étais en colère. Si à première vue cela me fait sortir de mes gonds, je me dis bien vite qu’il a en fait compris l’essentiel. C’est usant, mais seuls les râleurs et les emmerdeurs finissent par avoir gain de cause. Cela ne sert strictement à rien d’être gentil, il n’y a pas de médaille de bonne poire.

Sherlock, blasé – Bon, je vais faire une demande de modem.
Eulalie, faussement étonnée – Ah bon ? Pourquoi cela ?
Sherlock, élémentaire – Parce que je pense que votre modem a un dysfonctionnement.
Eulalie, faussement étonnée – Tiens donc ? J’aurais donc eu raison depuis le premier jour ? Mon modem avait un souci ? Rien à voir avec les lampadaires ou ma moquette ??

Encore une fois, il n’a pas écouté. On doit leur apprendre à se blinder dans des cours spéciaux. Tant mieux pour eux.

Sherlock, blasé – Alors, cela vous sera facturé…
Eulalie, coupant la parole – Je ne pense pas, non. Cela ne me sera sûrement pas facturé. D’une, parce que depuis trois mois, je vous ai certainement payé en hotline plus que le prix du modem, et de deux, parce que vous arrivez à la même conclusion que la mienne d’il y a trois mois, c'est-à-dire que le modem a un dysfonctionnement et qu’il faut la changer. Or, à cette époque, il était encore sous garantie. Il y a une semaine, même, il était encore sous garantie. Il est absolument HORS DE QUESTION que je paie le moindre centime. Et je suis à deux doigts d’écrire un courrier à une association de consommateurs avec copie à votre direction.
Sherlock, qui a eu la bonté de me laisser finir mon monologue – Un moment s’il vous plaît.

Non, non, on ne m’aura pas, je ne paierai pas, pas un centime, cela fait déjà trop longtemps que je paie ces hotliners incompétents, je ne paierai pas leurs erreurs et leur manque de formation.

Sherlock, blasé – Bon, alors on va faire un échange. Cela ne vous coûtera rien, mais il faudra que vous nous renvoyiez votre actuel modem avec une étiquette déjà payée. J’ai fait une demande de remplacement qui devra être validée. A l’acceptation de votre dossier, vous recevrez un sms. A partir de cette date, un colis vous sera expédié dans les 72 heures.

Hé bien, j’espère que ce colis là ne s’autodétruira pas au bout d’une minute…

Eulalie, visage noir après l’explosion du modem – Bonjour, je vous appelle parce que le modem que vous m’avez envoyé s’est autodétruit une minute après son installation.
Sherlock 2, blasé – Ah, je vais reprendre votre dossier… Je vois. Triple-cliquez sur l’icône ADSL. Il me semble que vous n’aviez pas le bon pilote.




Billy May, Rudolph, the Red-Nosed Reindeer Mambo



#35





Merci mon Oncle !

J'ai justement la musique qui va bien...

(Eartha Kitt, Santa Baby)



Outch

Elle s’est servie de ce furtif coup d’œil au miroir pour me prendre en traître. Là, juste là, avec une brutalité animale, elle a frappé au coin de ma bouche, et j’en suis restée K.O., les yeux fixes et grand-ouverts.

Avait-elle été envoyée par Mam, sombre thénardière qui tente depuis une bonne décade de me faire travailler mon rire qu’elle trouve si ridicule ? (Je m’inscris en faux ; mon rire est spon-ta-né.)

Une chose est en tout cas sûre, l’assaillante a souhaité me punir de ma quotidienne gaîté, des railleries ordinaires, de l’hilarité coutumière, de l’habituelle dérision et … de ma si charmante insouciance.
Comment, en effet, vivre comme si tout cela ne s’était pas produit ? Comme si mon visage n’arborait pas cette grossière cicatrice ?

Alors que je la détaille et me lamente, ma ride me contemple de toute sa profondeur et me rit au nez. Enfin, rit pas loin de mon nez. Si, ma ride se poile. Et c’est pour cela qu’elle est à ce point intolérable. (Pas de dessin mental svp)

Plus jamais je ne me regarderai dans un miroir ; lorsqu’elles arrivent à la vitesse de la lumière, elles s’en servent comme d’un trampoline pour frapper le visage. Vieillir mal coiffée, maquillée comme un panda avec du fond de teint dans des sourcils étrangement épilés, folle à lier puisque je suis la seule à entendre ma ride rire, oui, mais ridée comme une figue molle, NON !



P.S. à l’attention de Petit Papa Noël : en passant, merci de me prendre du jus de botox à l’épicerie.

Correspondance avec Melle de S.

Chère Amie,

Je suis enchantée de lire que vous coulez des jours heureux quoique frisquets auprès de votre bien aimé dans votre nouveau pays, ce n’est pas un pays c’est l’hiver, d’adoption. Il est vrai que les hiverois sont des individus très chaleureux, et je ne doute pas un instant du bon quoique glacial vivre de cet endroit du globe.

J’espère sincèrement que vos problèmes de vaches volantes et de lait tourné trouveront une issue positive grâce à votre psy pour vache. Je suis pourtant tentée de vous recommander d’envoyer votre petit chez un psy pour petit. Il me semble en effet plus judicieux de traiter la cause plutôt que la conséquence ; un enfant d’à peine cinq ans qui fait tourner des vaches au-dessus de sa tête, même si c’est mieux que des serviettes, ce n’est pas tout à fait normal.

Monsieur Muche et moi sommes également très heureux, une fois passés les orages des divergences ménagères. Nous jouons désormais la vaisselle au shifumi, et j’ai arrêté de profiter du fait que, la nuit, il avait la bouche ouverte pour la lui remplir de coton. Pourtant, cela atténuait notablement le bruit de ses ronflements. Contrairement à vous, nous ne pensons pas faire de chat et encore moins d’enfants. En effet, au mois d’août, nous avions déjà trois filles et un garçon.

Bon, à cause d’un malencontreux incident de parcours, que certains d’ailleurs n’hésiteraient pas à qualifier de négligence alors que ce n’est jamais qu’un tout petit peu d’inadvertance, nous avons oublié jusqu’au prénom de la petite dernière. Oh, elle n’était pas bien vilaine, et malgré un physique tout de même assez ingrat, elle parvenait même à nous faire sourire. Mais c’est le souci de faire un tout petit enfant muet ; nous la voyions si peu, nous ne l’entendions jamais, alors un jour, nous l’avons oubliée. Et probablement que nous oublierons un jour jusqu’à son existence. C’est la vie ! (Dit-elle avec un air attendri)

La troisième, par contre, et Monsieur Muche sera d’accord avec moi, nous ne pouvons pas l’oublier. Remuante, bruyante, brillante à cause de sa peau à tendance grasse, nous savons quand Jeanne-Jésusa rôde alentours ! Sûr ce, nous savons aussi quand elle ne l’est pas, et je dois avouer que c’est plus agréable. Nous pensons donc la perdre, mais nous attendons le printemps, parce que comme nous comptons la perdre dans un bois, ce serait dommage que la pauvrette réussisse à nous voir nous éloigner. Nous ne sommes pas cruels ; quitte à disparaître, autant le faire bien. Alors nous attendons que les feuilles repoussent aux arbres.

Le deuxième, oh, le petit deuxième !! (Dit elle en joignant les mains) Mon adorable garçon, blond comme son père à son âge, avec la même petite moue espiègle, oh, mon John-Schlomo, mon ange, mon petit garçon !
Depuis peu, quand il plisse très fort les yeux, il réussit à faire de la vapeur avec ses oreilles. En plus d’être absolument adorable, c’est très pratique pour nettoyer les vitres et les miroirs. Vous verriez Monsieur Muche lui courir après avec un chiffon ! Ah, ça, nous passons de bien cocasses après-midis. Nous espérons réussir à le dresser à faire des glaçons pour cet été.

Et la première, notre grande œuvre, la pétillante blonde, le diamant chatoyant, la mirifique supercalifragilistique expiladiossieuse Miiiiiiilllllldred-Bbbbbbelzébuuuuthaaaaaaaaa ! (Mimile pour les très intimes)(C’est-à-dire elle-même, et uniquement dans sa tête)(Faut pas trop la contrarier la petite, elle est assez nerveuse)
Mildred-Belzébutha, nous sommes très fiers de ce prénom. Mais le curé, lui, ne faisait pas trop le fier. Pourtant jeune, il la trouvait un chouia impie sur les bords. Alors nous lui avons donné d’autres prénoms pour le rassurer : cela donne donc « Mildred-Belzébutha, Marie, Joseph ». Et tout le monde a été content. Surtout cet urgentiste qui a fait les points de suture du curé, il n’avait plus vu de telles morsures depuis la guerre d’Algérie, et ça lui a rappelé plein de burlesques souvenirs.

D’aucuns affirment que nous nous sommes vengés sur nos enfants. Ils ont raison. Et nous en sommes très fiers, nous espérons même avoir initié une tradition familiale qui perdurera comme elle le mérite.

Je vous embrasse,

Mademoiselle Truc.

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Si vous allez sur www.journalduneblonde.net, vous découvrirez le monde merveilleux de Walt Disney de la blonde rozébrée, des phrases chics, chocs ou simplement crétines dans « De la tolérance capillaire », tous les fanarts qui ont flatté mon ego et m'ont donné l’envie de continuer dans "Zigougouis et chouinchoins" (d'ailleurs, mon ego et moi trouvons que vous êtes un peu mous du genou en ce moment niveau zigouigoui et/ou choinchoin), des reportages incroyables dans l'intimité de mon couple dans "un Muche, une Truc" et les pages de libre expression absolument pas censurée (Hein ? On voit ma massue ?) de Monsieur Muche.

Ce qui est chouettos avec l’URL www.journalduneblonde.net, c’est qu’elle affiche toutes les notes récentes publiées sur le carnet. Donc, si vous remplacez www.journalduneblonde.net/index.php/Journal par www.journalduneblonde.net, vous aurez accès à toutes les notes récemment publiées sur le carnet, puisque cette adresse affiche toutes les notes récentes publiées sur le carnet. Plus besoin de cliquer sur les rubriques, grâce à www.journalduneblonde.net, URL qui permet d’avoir accès à toutes les notes récemment publiées sur ce carnet. Grâce à l’URL www.journalduneblonde.net, qui permet d’avoir accès à toutes les notes récemment publiées sur ce carnet, votre souris retrouve des couleurs (puisque vous la poignassez moins) et vous divisez par trois votre risque d’être atteint du syndrome du canal carpien.

www.journalduneblonde.net, une adresse qu’elle est bien.

[Edit : P.S. : par exemple, là, si vous êtiez sur le www.journalduneblonde.net, vous verriez juste sous cette note (qui est à cet instant précis la plus récente note) une entrée qui s'appelle "Mucho Brimado" et qui est diablement chouette, même si un peu moins récente puisqu'antérieure à cette lo, mais quand même plus récente que celle d'encore en dessous, voyez.]