Eulalie la Niaise
Par Eulalie , mercredi 12 octobre 2005 à 14:13 :: Journal
- Mademoiselle Eulalie, cette phrase est incorrecte et ne veut strictement rien dire.
- Je sais, Madame, je sais, mais pour les réclamations, il faudra que vous voyiez le SAV Compaq.
100 fois sur le cadran j’ai composé le numéro, et j’ai enfin accédé à l’Atelier des Dieux de la Réparation Informatique.
Le Saint Homme m’a expliqué que le modèle était très récent et que mon exemplaire avait été le premier à être rappelé à sa droite.
Bon, OK. C’est possible. J’étais hors délai pour suspendre mon abonnement à Murphy Inc, et je suis repartie pour un an.
Il a ajouté que comme c’était le tout premier retour, ils avaient préféré identifier le problème au lieu de m’en envoyer un autre qui aurait pu avoir le même défaut.
Bon, OK, un SAV consciencieux, cela paraît antinomique, mais pourquoi pas.
Il m’a ensuite dit qu’ils avaient même bloqué les chaînes de productions parce qu’ils ne voulaient pas qu’il y ait d’autres retours.
Bon, OK, je suis responsable du chômage technique de quelques employés qui, sur ce, vont s’arsouiller sévère en jouant au baby foot au café du coin et qui rentrent bourrés trop tard pour embrasser leurs babys choux à eux. On peut aussi me reprocher les licenciements sans indemnités de chefs de projet qui vont bientôt perdre famille, maison et 307 CC.
Il m’a également confié qu’ils avaient interdit aux revendeurs de les commercialiser, et que par conséquent, le V4147EA n’était plus en vente sur terre.
OK, je suis la cause de la baisse du chiffre d’affaire de HP, dans un mois ils déposent le bilan et licencient à tour de bras. J’espère juste que ce n’est pas Acer qui récupère les clients, parce que chez Acer, c’est vraiment des buses. (Et je ne parle pas des imprimantes)
Il m’a enfin assuré que l’erreur avait été identifiée, qu’un nouveau modèle partait l’après-midi même via UPS (Union des Perfides Siphons) et que je l’aurais le lendemain, ou, au-pire-du-pire-je-vous-le-promets, le surlendemain, allez-en-paix-ma-sœur.
Quand j’ai raccroché, je débordais d’amour pour cette fantastique entreprise, pour ce merveilleux homme si rassurant, (en tout bien tout honneur, n’est-ce pas) et, par extension, pour toute cette sublime chaîne de compétences qui allait me rendre mon petit bijou et son écran 15’4.
Le hic, c’est que cela fait 9 jours aujourd’hui, et que ma ferveur a pris une toute autre dimension.
Il y a 9 jours, je me sentais exceptionnelle d’être à l’origine d’une telle chaîne de catastrophe et d’avoir pu accéder à la parole d’un Saint Ingénieur Informaticien.
Aujourd’hui, lorsque je repense à tout ce baratin en bois qu’on m’a servi et auquel j’ai adhéré avec l’application d’une ménagère de moins de 50 ans devant les émissions pédagogiques de M6, j’ai surtout envie de mettre ma tête sur le clavier du portable et de plier l’écran très fort.