Bon, alors, en fait, donc. L’histoire a commencé il y a environ un an, lorsque l’écran de mon ordinateur portable, après moult tergiversations qui auront duré environ 362 jours, a finalement opté pour un monochrome bien noir. Quatre jours plus tard, soit un jour trop tard pour la garantie, j’ai retrouvé les papiers de garantie. Bien entendu, les Hautes Instances Surcoufiennes m’ont ri au nez en me disant que c’était le jeu ma pauvre Lucette et que je pouvais aller brosser Martine, mais de préférence un peu plus loin, là-bas.

Martine débarrassée de ses pluches, j’ai raccordé un moniteur moyen vieux au portable, qui pour le coup est devenu difficilement portable, surtout lorsqu’on n’a pas de brouette. Evidemment, quelques temps plus tard, le moniteur moyen vieux m’a révélé ses intentions de suicide. Rien ne pouvait le faire revenir sur sa décision. Pas chien, il m’a promis dans un dernier « bzzrii » de passer le bonjour à feu l’écran de portable au paradis des écrans. (M’est avis qu’il est plutôt en enfer, l’écran, après un coup pareil)

Super Papou m’a alors déniché un moniteur sénile qui faisait parfaitement l’affaire ; il ne crépitait pas tant que ça et il était tout à fait droit, à condition de pencher la tête vers la droite et de rajouter un chouia de di-antalvic pour faire oublier aux cervicales que la position la plus couramment prise n’était pas tout à fait naturelle.

Les cervicales assommées ont arrêté de réclamer leurs mères, mais le dos a vivement manifesté son désaccord. Une coalition interne à mon corps a fait remonter une info au cerveau : les sous, ça se dépense. Le cerveau a communiqué la bonne nouvelle à mes yeux et j’avais à peine vu ce petit bijou avec un écran 15,4", un disque dur de 100Go et de l’Intel Pentium inside que j’avais déjà un carton sous le bras.

Transfert des données sur la nouvelle merveille, et, donc, suppression de tous les fichiers, dossiers, favoris, cookies, de l’ancien que je comptais débiter comme un réparateur EDF que je viendrais d’assassiner pour le revendre en pièces détachées. Et puis il se faisait tard, j’avais envie de me coucher, j’ai donc éteint le nouvel ordi sans faire au préalable de sauvegarde de la poignée de documents que je m’étais contentée de transférer grâce à ma clé USB que j’avais ensuite vidée.

Oui, oui, je sais, là, vous voyez tous venir un truc que je n’imaginais pas pouvoir arriver. Mon nouvel ordi, 6 jours au compteur, n’a jamais voulu se rallumer, enfermant dans son antre des documents qui m’étaient précieux. Ecrin de malheur, coffre fort inviolable pour la micro geekette que je suis…

Dans l’informatique, les techniciens aiment bien envoyer les néophytes brosser Martine. T’as beau les appeler Ramona (1), ils s’en fichent ; ils ont dû passer un contrat spécial avec Martine Incorporated. Après l’avoir brossée en long, en large et en travers sur un merveilleux 08 etc à 5,76 euros la seconde, j’ai décidé de me débrouiller toute seule pour faire une copie de mon disque dur qui allait immanquablement se faire formater.

Après des heures d’intenses recherches, j’ai fini par trouver un petit magasin qui a accepté de réaliser cette opération Ô combien périlleuse pour seulement 100 euros TTC, prime de risque incluse. Non, rigolez pas, retirer un disque dur, le brancher sur un lecteur externe et graver le tout sur un dvd, c’est ultra risqué. Même que parfois, y’en a qui voient des trucs super bizarres dans les ordinateurs des autres, ça leur vrille la rétine, c’est terrible.

Quand je suis revenue, tous les petits geeks du magasin avaient les rétines vrillées. Ils étaient tous en train de regarder le même écran, goguenards. Et quand ils m’ont vue, ils m’ont littéralement déshabillée du regard. - Bon, Mademoiselle, j’ai eu un souci avec votre disque dur. J’ai récupéré tous les fichiers musicaux. (ah ? ben youpi, justement je vous avais dit de ne pas vous intéresser au dossier musique, moi je veux les trois petits words sur le bureau !) J’ai aussi récupéré votre fichier photo.

Votre fichier photos. Airs goguenards. Geeks rigolards. Sur le même écran. Fichier photos. Photos. Webcam. OK, ces sales petits cons ont vu les photos en *petite tenue*. Ahahaha. Même pas honte. Hum. Bouh. Un peu rageant de constater que le bigleux m’estime à 20 euros, mais je ne vais quand même pas me plaindre de n’avoir payé que 80 euros. (C’était donc bien la période sensuelle qui était bénéfique pour les finances, oh, ooh !!)

L’adorable livreur UPS (Est-ce qu’il y a des livreurs vraiment sympathiques chez UPS ? Je n’en ai jamais vu en tout cas) est passé dans le créneau horaire annoncé, c’est à dire entre 8h et 18h. (UPS, champion du monde des créneaux). Ils ont même téléphoné à 8h20 pour annoncer qu’ils passeraient vers 12h00 et sont arrivés à 14h40.

A ce jour, je suis donc revenue à la configuration vieux portable raccordé à écran sénile qui me tord les cervicales. Mais une donnée a tout de même changé : désormais, je ne suis plus la seule à faire la tronche : mon compte en banque aussi.




(1) « Appeler quelqu’un Ramona » : expression familiale. Disputer quelqu’un. « Ooops, j’ai cassé le phare d’Eckmühl, je vais me faire appeler Ramona par l’Association Thalassaïenne des Défenseurs des Phares Bretons ».