Suite

Gueuler un bon coup n’a pas été facile. Et si cela m’a fait du bien d’évacuer ma colère, vingt quatre heures plus tard, je me sens toujours aussi mal.
Même si on continue à me dire que j’étais dans mon bon droit, que mon énervement était légitime, j’aurais préféré savoir rester indifférente.

Peut-être, après tout, que les avis de certaines personnes m’importent. Peut-être ne suis-je finalement pas si affranchie du regard des autres que ce que je croyais.

J’ai voulu blesser, tordre, déchirer, cette violence ne pouvait plus rester à l’intérieur, elle me serrait la gorge. A toujours vouloir protéger les autres, ne surtout pas faire de vagues, absorber et prendre sur moi, je me suis isolée parmi des secrets, des mépris, des jalousies qui ne m’appartiennent pas.
J’ai envie de tout brûler, mais pas comme lorsqu’on jette une photo au feu, pas de façon symbolique, brûler ma mémoire pour l’assainir.

« Est ce que tu vas te laisser marcher sur les pieds juste parce que tu veux protéger les autres qui le plus souvent ne le méritent pas ? »

Je ne sais pas faire autrement. Je suis celle qui dissimule pour les autres, celle qui absorbe, celle qui endosse les responsabilités qui ne lui appartiennent pas, celle qui est acquise, jamais bien loin, celle qu’on peut trahir, celle grâce à laquelle on peut mentir.

Et il aura suffit que je hurle un « stop ! » pour qu’on m’énonce mes qualités. Oui, j’ai été dure. Plus que cela, j’ai été très violente. Mais ce que j’ai pardonné aux autres, on ne pourrait pas me le pardonner, à moi ? Les éponges que je passe, on ne pourrait pas me les emprunter, juste pour me faire du bien, juste pour me soulager ? Pourquoi je n’aurais pas le droit, parfois, moi aussi, d’heurter sans me soucier des répercussions, juste par réflexe, par lassitude, par ras le bol ?

''Je suis la fille qui voulait être un courant d’air, l’albâtre qui rêve d’éther.'' Je suis la fille qui n’en peut plus de sourire juste parce que c’est plus joli et que ça n’inquiète pas les autres, je suis la fille qui voudrait ne plus avoir de dos, ne plus avoir d’avis, je suis la fille qui voudrait qu’on l’oublie lorsqu’on a besoin de baver, de cracher, de vomir, mais qui sera toujours là pour jouer l’épaule, l’oreille, ou le sourire.

Je suis fatiguée.

[Hé, dites, pendant que j’y pense, au(x) petit(s) malin(s) qui me gonfle(nt) avec leur théorie du complot, au lieu de m’accuser de tous les maux, suffirait que vous lisiez mes notes traitant de mes super prouesses informatiques pour vous rendre compte qu’il m’est impossible de hacker un blog, même si je le voulais. Arrêtez donc de me saouler avec ce putain de classement de préférés, je ne suis pas une veuve noire qui abat ses adversaires un à un.][Ma couleur, c’est le rose.][Connards.][Non mais.]

Ras le bol.

Mes parents m’ont appris très tôt à avoir conscience des répercussions qu’un mot, un geste, un acte peuvent avoir sur quelqu’un. Longtemps donc que je me mords l’intérieur de la bouche quand le rouge me monte aux joues, que je tourne les talons quand une situation devient trop électrique.

Je passe souvent pour la blonde glaciale qui ne s’implique jamais dans les débats et les émotions des autres. Hautaine, élitiste, ou simplement mal baisée, je me contrefiche de ce qu’on dit de moi.

J’ai parfois endossé le mauvais rôle, parce que l’énergie dépensée à essayer de démontrer mon innocence était un gaspillage inutile. Parce que mon mode de réponse est le mépris. Aussi parce que j’exècre la boue et je ne supporte pas de remuer la merde. Surtout celle des autres. J’admire la dignité et l’élégance.

Mais là, les querelles de maternelle, ça commence à bien faire. Je me fous d’où tu viens. Je me fous de ce que tu as vécu. Je me fous de ton ressenti. Je me fous de tes circonstances atténuantes. Je ne veux pas savoir pourquoi. Je ne veux rien savoir.

Simplement : Pour une fois, assume tes actes et leurs conséquences. Ne punis pas les autres des conneries que tu peux dire ou faire. Pense aux conséquences avant d’agir. N’oublie pas que tout finit toujours par se savoir. Alors ne mens pas, même pour ton confort. Tout le monde a quelque chose à se reprocher ; à toi de te tirer de tes erreurs avec élégance. Envisage les façons dont tes paroles peuvent être perçues avant de l’ouvrir. Peut-être passeras-tu pour une idiote, peut-être qu’on dira de toi que tu es longue à la détente. Et alors ? Tu es prête à échanger ta dignité contre l’estime usurpée de quelques personnes ?

Ecoute-moi parce que c’est ça qui fera de toi une adulte et pas, contrairement à ce que tu sembles croire, le fait de coller des personnes plus âgées que toi.

Ne cite plus mon nom à tort et à travers, surtout pour protéger tes arrières. Si tu dois justifier quelque chose, une parole, une absence, dis la vérité. Si tu ne l’assumes pas, apprends à mentir, mais à mentir correctement, ce qui signifie sans m’impliquer. Parce que j’ai des cartes en mains. Et ce n’est pas parce que je ne m’en suis jamais servie que je les ai jetées au feu. Si on t’accuse, essaie de comprendre pourquoi au lieu de te cacher derrière moi parce que tu as déduit que. Si tu es innocente, dis-le. Et si tu es coupable… Alors, tu es vraiment la dernière des connes, une abjecte personne, et je n’aurais pas de remords à t’oublier.

Ceci est un conseil. Mais pas d’amie. Je ne peux pas être amie avec une personne qui, par deux fois, a menti sans faire attention aux conséquences de ses mensonges. Maintenant, joue l’effarouchée si cela te plaît. Pleure. Morfonds-toi. Fais toi plaindre. Mais sois honnête au moins avec toi-même ; nous serons toujours deux à ne pas être dupes.

Sache pour finir que la culpabilisation des autres et l’auto apitoiement sont des armes pathétiques qui, contrairement à ce que tu crois, ne font que prouver encore un peu la bassesse dont tu fais preuve.

L'informatique, c'est pas automatique

Bon, alors, en fait, donc. L’histoire a commencé il y a environ un an, lorsque l’écran de mon ordinateur portable, après moult tergiversations qui auront duré environ 362 jours, a finalement opté pour un monochrome bien noir. Quatre jours plus tard, soit un jour trop tard pour la garantie, j’ai retrouvé les papiers de garantie. Bien entendu, les Hautes Instances Surcoufiennes m’ont ri au nez en me disant que c’était le jeu ma pauvre Lucette et que je pouvais aller brosser Martine, mais de préférence un peu plus loin, là-bas.

Martine débarrassée de ses pluches, j’ai raccordé un moniteur moyen vieux au portable, qui pour le coup est devenu difficilement portable, surtout lorsqu’on n’a pas de brouette. Evidemment, quelques temps plus tard, le moniteur moyen vieux m’a révélé ses intentions de suicide. Rien ne pouvait le faire revenir sur sa décision. Pas chien, il m’a promis dans un dernier « bzzrii » de passer le bonjour à feu l’écran de portable au paradis des écrans. (M’est avis qu’il est plutôt en enfer, l’écran, après un coup pareil)

Super Papou m’a alors déniché un moniteur sénile qui faisait parfaitement l’affaire ; il ne crépitait pas tant que ça et il était tout à fait droit, à condition de pencher la tête vers la droite et de rajouter un chouia de di-antalvic pour faire oublier aux cervicales que la position la plus couramment prise n’était pas tout à fait naturelle.

Les cervicales assommées ont arrêté de réclamer leurs mères, mais le dos a vivement manifesté son désaccord. Une coalition interne à mon corps a fait remonter une info au cerveau : les sous, ça se dépense. Le cerveau a communiqué la bonne nouvelle à mes yeux et j’avais à peine vu ce petit bijou avec un écran 15,4", un disque dur de 100Go et de l’Intel Pentium inside que j’avais déjà un carton sous le bras.

Transfert des données sur la nouvelle merveille, et, donc, suppression de tous les fichiers, dossiers, favoris, cookies, de l’ancien que je comptais débiter comme un réparateur EDF que je viendrais d’assassiner pour le revendre en pièces détachées. Et puis il se faisait tard, j’avais envie de me coucher, j’ai donc éteint le nouvel ordi sans faire au préalable de sauvegarde de la poignée de documents que je m’étais contentée de transférer grâce à ma clé USB que j’avais ensuite vidée.

Oui, oui, je sais, là, vous voyez tous venir un truc que je n’imaginais pas pouvoir arriver. Mon nouvel ordi, 6 jours au compteur, n’a jamais voulu se rallumer, enfermant dans son antre des documents qui m’étaient précieux. Ecrin de malheur, coffre fort inviolable pour la micro geekette que je suis…

Dans l’informatique, les techniciens aiment bien envoyer les néophytes brosser Martine. T’as beau les appeler Ramona (1), ils s’en fichent ; ils ont dû passer un contrat spécial avec Martine Incorporated. Après l’avoir brossée en long, en large et en travers sur un merveilleux 08 etc à 5,76 euros la seconde, j’ai décidé de me débrouiller toute seule pour faire une copie de mon disque dur qui allait immanquablement se faire formater.

Après des heures d’intenses recherches, j’ai fini par trouver un petit magasin qui a accepté de réaliser cette opération Ô combien périlleuse pour seulement 100 euros TTC, prime de risque incluse. Non, rigolez pas, retirer un disque dur, le brancher sur un lecteur externe et graver le tout sur un dvd, c’est ultra risqué. Même que parfois, y’en a qui voient des trucs super bizarres dans les ordinateurs des autres, ça leur vrille la rétine, c’est terrible.

Quand je suis revenue, tous les petits geeks du magasin avaient les rétines vrillées. Ils étaient tous en train de regarder le même écran, goguenards. Et quand ils m’ont vue, ils m’ont littéralement déshabillée du regard. - Bon, Mademoiselle, j’ai eu un souci avec votre disque dur. J’ai récupéré tous les fichiers musicaux. (ah ? ben youpi, justement je vous avais dit de ne pas vous intéresser au dossier musique, moi je veux les trois petits words sur le bureau !) J’ai aussi récupéré votre fichier photo.

Votre fichier photos. Airs goguenards. Geeks rigolards. Sur le même écran. Fichier photos. Photos. Webcam. OK, ces sales petits cons ont vu les photos en *petite tenue*. Ahahaha. Même pas honte. Hum. Bouh. Un peu rageant de constater que le bigleux m’estime à 20 euros, mais je ne vais quand même pas me plaindre de n’avoir payé que 80 euros. (C’était donc bien la période sensuelle qui était bénéfique pour les finances, oh, ooh !!)

L’adorable livreur UPS (Est-ce qu’il y a des livreurs vraiment sympathiques chez UPS ? Je n’en ai jamais vu en tout cas) est passé dans le créneau horaire annoncé, c’est à dire entre 8h et 18h. (UPS, champion du monde des créneaux). Ils ont même téléphoné à 8h20 pour annoncer qu’ils passeraient vers 12h00 et sont arrivés à 14h40.

A ce jour, je suis donc revenue à la configuration vieux portable raccordé à écran sénile qui me tord les cervicales. Mais une donnée a tout de même changé : désormais, je ne suis plus la seule à faire la tronche : mon compte en banque aussi.




(1) « Appeler quelqu’un Ramona » : expression familiale. Disputer quelqu’un. « Ooops, j’ai cassé le phare d’Eckmühl, je vais me faire appeler Ramona par l’Association Thalassaïenne des Défenseurs des Phares Bretons ».

L'ex[Muche]entrée

dixit #1 (© Méluzine )
M.T. : "Décoincez-vous donc Muchaillon ! Quand vous arrivez, on voit le parapluie avant l’homme."

Horoscope, aide à la naissance de vocations, capillocouleur indéfinie.

« Vous traversez une période sensuelle dans votre couple, peut-être grâce à votre créativité. Elle est à son point optimal et peut vous rapporter de l’argent, ce qui vous sécurise et vous insuffle des envies de loisirs, de voyages. »

Euh, 'ttendez, là, qu'est-ce qui est à son point optimal et qui peut me rapporter de l'argent ? Mince, les journaux people recrutent des prostituées chez les natifs du Cancer ! Le scoop !