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"Eulalie en B.Lue ? Serait-ce possible ?"
Non, pas vraiment, je ne voudrais pas être habillée "Commensacq".

Merci DPC !

Muche s'en fout

18h34.

- « Mat a raison Muchigros, votre style est ampoulé pour ne pas dire surchargé. Vous pourriez alléger. »

- « Ne m’appelez pas Muchigros s’il vous plaît. »

- « Ne faites pas votre mauvaise tête. »

18h36. Rumine, rumine et rumine encore.

18h40. «Est-ce si grave ? »

18h41. « Meuh non, Muchoubidou. Juste que votre langage est quelquefois comme les plats que vous aimez, ils sentent bons mais sont lourds et pénibles à digérer. »

18h42. « Tout de même Truchouille, mon désarroi est grand. N’auriez-vous pas pu me signaler ce défaut avant la quarante quatrième note ? »

18h43. Recommence à ruminer.

03h12. Rumine encore. Elle a de ces réflexions la Truchette de temps en temps !

03h13. Pourvu qu’elle n’apprenne jamais que je l’appelle comme ça.

05h02. Je me réveille brusquement par terre.

05h03. Je rejoins les draps et questionne : « Faisais-je encore semblant de ronfler ? »

05h04. « Non, vous parliez en rêvant. Dormez maintenant.»

10h44. Le café au lait et le pain de mie toasté sont les meilleurs amis de l’homme affamé en chaussons de cuir et robe de chambre.

10h45. D’une voix fraîche elle me demande « Monsieur Muche, qui est cette Truchette que vous réclamiez cette nuit ? »

10h46. Je fais mine de m’intéresser au grille-pain.

10h48. Mon menton vient de subir trois minutes de grattage intensif.

10h50. « Donc, mon style doit évoluer avez-vous dit. J’ai bien réfléchi, je suis d’accord. Mais je vais avoir du mal à me séparer du mien. Que me conseilleriez-vous ma douce ? »

10h51. Elle tapote ses lèvres de son index.

10h52. « Pourquoi ne vous inspireriez-vous pas de mes favoris ? ça ferait un bon début. »

10h53. Haussement de sourcils dubitatif. L’idée est envisageable.

13h20. La souris clique sur les liens zébro-pailletés et pailleto-zébrés.

14h00. Celui-là m’a l’air bien.

14h05. C’est décidé, pour le prochain texte j’imiterai [Thomas|http://thomassenfout.free.fr/|fr]



La femme de la pluie

Amélie attrape toujours le nombre exact de ce qu’elle souhaite du premier coup.

Par exemple, s’il lui faut 23 élastiques et 23 affiches, du premier coup, elle attrape 23 affiches dans la centaine restante, et 23 élastiques dans la boite de 500. A côté, dans la même situation, je prends entre 7 et 53 affiches et entre 11 et 47 élastiques. (D’ailleurs, me concernant, c’est devenu une règle : je ne réussis jamais à attraper un seul coton à démaquiller, je ne réussis jamais à prendre 1kg de fruits du premier coup, et même quand je veux attraper un homme, je me plante, j’en ai toujours 4 ou 0.)

J’ai cherché toute l’après-midi à déterminer si elle était télépathe de la fourniture bureautique, si sa capacité à compter était dans ses mains et non dans son cerveau, ou bien si elle avait une connexion instinctive avec les éléments.



Et j’ai fini par découvrir que ce don était d’une inutilité à pleurer. Parce que malgré tout, dans l’éventualité où ça rate, Amélie est toujours obligée de compter.

Un don inutile, cela me semblait bizarre. J’ai donc statué ; Amélie est au premier stade de l’autisme. Aussi, quand elle s’est exclamé pour la 20ème fois de la mâtinée Et encore ! Le compte est bon ! avec un sourire chargé de plaisir et de complaisance mêlés, je n’ai pas pu résister à l’envie de doucher son enthousiasme. - Oh, ça va, Amélie Pluie, te vante pas, on commence comme ça et on finit par dire en boucle qu’on conduisait la Buick de papa dans l’allée !

Non mais c’est vrai, c’est inutile, mais c’est agaçant.