Comment bien commencer une journée.
Par Eulalie , vendredi 17 juin 2005 à 00:00 :: Journal
A la caisse d’une grande surface. Dès qu’il me remarque, un immense sourire ravi barre son visage. Il arrive en face de moi en un éclair, me pétrit les épaules, m’embrasse comme du bon pain malgré mes airs de religieuse (1).
Fils du boulanger, enjoué et souriant
- Lilliiiiiiiii !! Mais quel plaisir de te voir !! Comment tu vas !?
(Shcreugneugneu et creubleuzut, comment s’appelle-t-il ?!)
Lilli, enjouée comme Raikkonen qui vient de gagner un grand prix (2) mais bonne pâte
- Ahah, très bien, et toi, euuh, blondinet ?
(Ahaha, je suis vraiment douée, « blondinet », ahaha, je l’ai roulé dans la farine, il ne peut pas savoir que je ne me souviens absolument plus de son prénom.)
Fils du boulanger, enchanté et jovial
- Très bien !! Dis donc, tu n’as pas changé !! Alors, dis-moi, qu’est ce que tu deviens ?
(Aaargh. Je HAIS cette question. Au moins autant que « Et l’amour ? » qui me rappelle toujours que je ne suis la mie de personne)
Lilli, enjouée comme Raikkonen qui vient de perdre un grand prix (3)
- Hé bien, pour l’instant, rien.
Fils du boulanger, enthousiasme douché et moue de dégoût, jette un coup d’œil à mes courses et se raidit comme un string ficelle… euuh, non, rien
- Ah ouais d’accord. Donc, tout ça, là, c’est moi qui le paie. Je paie pour toi, quoi.
(Note pour plus tard : me souvenir de continuer ma tactique dite de la tête dans le four et ne surtout pas parler aux vieilles connaissances. Ou bien se munir dorénavant d’un rouleau à pâtisserie.)
Lilli, sourire figé glacé
- Ah ? Tu comptes me donner ta carte bleue ? Non ? Tant pis. (Tournant les talons, puis se retournant vers lui) Au fait ! Tu n’as pas changé non plus. Tu es toujours aussi con. Au revoir !
(1) C’est le fils d’un boulanger, superbe, hein, l’idée du champs lexical ?! Hein ? Non ? Ah bon. (2) astérisque à destination des ignares : ça veut dire pas très beaucoup (3) encore moins que pas très beaucoup
