Grêve du titre

Les yeux sensibles à la lumière, les oreilles bouchées, la barre au niveau du front, la tête qui pèse des tonnes, le visage ultra-sensible, le corps qui grelotte, conjugués au plus que présent avec une mauvaise humeur incontrôlable, l’envie de tuer sans sommation toute personne qui ose m’adresser la parole sans chuchoter, et une incapacité réelle à me mouvoir plus vite que l’intrigue d’un livre de Virginia Woolf.

Voilà donc quelques jours que je fais la poule morte devant la télé, m’assommant plus encore à grands coups de séries minablement bien pensantes. Parce que Timohël, en bon tortionnaire sans cœur, non content d’avoir subtilisé le DVD de Troy, l’a en plus rendu à son propriétaire au lieu de le glisser dans mon bagage pour que j’ai une bonne surprise en rangeant mes affaires (1).

Je prends soin de gémir à chaque fois qu’un être doué d’audition passe près de moi. Quitte à être à l’agonie, la tête appuyée sur les genoux de la Faucheuse qui aiguise la lame de sa faux (si, si, je le vois bien), autant en faire un max. De toute façon, une fois que j’aurais trépassé, on ne se souviendra que du meilleur. Alors je râle, je soupire, je geins, je me lamente, oui, je suis une très mauvaise malade, non, je n’ai pas honte. Cela éloigne les individus à vocation de garde-malade, espèce dévouée et attentive que j’abhorre. Qu’on me laisse mourir seule, bordel !

Mais quand même, mourir en ayant imprimé dans la rétine les fesses de Bradou, ça aurait plus de classe que la tronche de Jane Seymour qui cherche la vérité sur son passé dans le tourbillon de ses souvenirs.

Punaise, comment ça s'éteint, déjà, une télé ??

(1) Place de meilleur ami à prendre : envoyez-moi votre candidature. Cherche homme trilingue, formidablement charmant, indécemment cultivé, outrageusement drôle, incroyablement patient, immensément généreux, démesurément intelligent, sublimement courtois, entouré de superbes amis, adorant m’accompagner à des spectacles drôles, au cinéma et faire des courses, volontaire pour toute bataille de boudins/polochons/mie de pain improvisée et possédant un appartement dans Paris avec un canapé lit, un ordinateur et une connexion internet.

France – People - Eulalie, vicieuse de l'arrêt sur image

PARIS (AFP) – Selon nos sources, le rythme d'écriture d'Eulalie se serait trouvé, ces derniers jours, fortement réduit. Un lecteur inquiet, sous couvert de l'anonymat, a affirmé à notre correspondant avoir envoyé un message afin de connaître la raison de cette pénurie de note, et n'avoir à ce jour toujours pas reçu de réponse. Alors que la rumeur prétend qu'Eulalie répondrait généralement aux mails dans l'heure qui suit, en envoyant en plus un chèque de 33 euros, un bouquet de tulipes blanches et un exemplaire de la Bible dédicacé par les apôtres, on imagine l'inquiétude gagnant la population.



On chuchote déjà dans les milieux autorisés qu'elle travaillerait depuis peu sur un projet d'ampleur qui lui prendrait énormément de temps. Cela pourrait donner une explication à son incroyable absence de trois jours.

Une source proche d'Eulalie nous a confié tout à l'heure qu'elle se levait très tôt le matin et qu'elle travaillait jusque tard dans la nuit, lunettes vissées sur le nez, cigarette dans la main gauche et sans jamais arrêter de fixer son écran. Des voisins ont déclaré à notre micro que, vers 3 heures cette nuit aurait éclaté une dispute entre Eulalie et son meilleur ami Timohël, compagnon de longue date. Ce dernier aurait reproché à Eulalie ses gloussements et cris de midinettes qui l'empêcheraient de s'adonner à son si précieux sommeil réparateur. Elle lui aurait répondu, et ceci est à prendre au conditionnel, que pendant qu'elle glousse, au moins, elle n'entend pas ses ronflements.

Ce matin, des témoins auraient vu alors Timohël sortir de l'appartement en vitesse, serrant contre lui le DVD de TROY. A Madamemoiselle, il aurait confié "Cela fait trois jours qu'elle fait des arrêts sur image en maudissant le monteur d'avoir coupé la scène pile poil au moment où on va voir les fesses de Bradou. Cette espèce de groupie baveuse est en train de bousiller mon lecteur DVD."

Il s'agit de la seule hypothèse connue à ce jour pour expliquer l'angoissante absence de la carnetiste. Interrogés pas l'institut CSA, les Françaises pensent à 87% que merde, les fesses de Bradou auraient au moins pu apparaître dans les bonus du DVD.

On me veut du mal.

Je ne suis pas parano. Une multitude de petits riens se produisent constamment lorsque je dors chez Timohël, et il n'est pas possible que tout cela ne relève que du pur hasard.

Ainsi, alors que je pensais que les murs n'étouffaient pas les sons parce qu'ils n'en étaient pas capables, je me rends aujourd'hui compte qu'ils les amplifient. Lorsque le fainéant des muscles de l'arrière gorge donne ses concerts nocturnes, grâce à un neuro-vibrateur high-tech qui titille directement l'oreille interne grâce à une fréquence précise, les sons arrivent directement dans mon oreille.

Cet hiver, alors que tous les moustiques de France étaient morts et non enterrés, des "zzzzzzzzz" tournoyants me retenaient au monde des éveillés. Débutait alors cette fameuse bagarre à armes inégales, lumière allumée, oreiller à la main paré à s'enfiler de la crêpe d'insecte, et le moustique, bien entendu, aussi invisible que bruyant.

Encore ce matin, alors que je savourais un moment de bien-être grâce à un parfum apaisant qui enveloppait mon corps et mon esprit, et alors que je reprenais le pommeau de la douche pour rincer le soin crème réparateur enrichi en Nutri-Céramide + qui, en plus de repérer les fissures dans les cheveux, les répare tout en gainant et lissant les écailles, un jet d'eau très froide m'a rappelé à la terrible réalité du ballon d'eau chaude farceur.

Plus tard ce matin, transie de froid d'avoir du rincer "généreusement" l'après-shampooing, je décidais de me faire un bon (oui, quitte à faire, hein) chocolat pour me réchauffer. Un bol de lait froid ne s'échappe jamais des mains, sauf lorsqu'on vient juste de finir la bouteille. Le bol de lait a plutôt tendance à attendre, tapi dans le micro-onde, le moment propice pour déverser le liquide bouillant sur les fringues propres et brûler si possible au second degré les mains et les cuisses.

Qu'en déduire ? Cet appartement démoniaque cherche-t-il à me faire plier mes gaules, allant jusqu'à faire un élevage de moustiques mutants voraces ? Titou m'en veut-il ? Suis-je en train de payer les gentilles moqueries, les tortures physiques, les après-midi shopping ? Est-ce que je dois voir un message dans le cadeau de la (très chouette) bande dessinée (dédicacéééééhouauaouaruaourua)(à mon nommmmmmmmm et touuuuuut) de Boulet ? Philippe Astor serait-il, en plus du reste, Maître des Eléments ? Philou, Chouchou, faut pas le prendre comme ça…

Philippe Astor est passionnant.

"Journal d'une blonde
No comment
Elle est blonde. Elle raconte sa vie passionnante. Exemple : elle a déblayé deux fois la neige qui obstruait l'allée de son jardin pour se rendre à l'anniversaire d'une copine et ça lui vaut plein de courbatures aux avant-bras… Cette info capitale suscite 35 (1) commentaires ! Si le cœur vous en dit, rendez-vous sur le site de cette jeune femme qui fait partie d'une minorité opprimée. Philippe Astor"
(1) pas 35, mais 34… Révélateur ?

On reproche souvent aux blondes, dans les moult blagues dont elles sont l'objet et qui font le bonheur de l'oncle Furr dans les déjeuners familiaux, de tout prendre au premier degré. Ressort comique classique et, il faut l'admettre, qui fonctionne…parfois. Sachez, Mesdames et Messieurs, que la maladie du 1° degré, dans la réalité, n'est pas réservée qu'aux blondes. En effet, j'ai découvert un brun atteint de cette grave pathologie. Malheureusement pour lui, Philippe Astor est journaliste, et cette tare, cumulée à un grave dysfonctionnement de retranscription des éléments lus, l'empêche de mener à bien son emploi.

Vous distillez avec brio des informations vraiment capitales sur votre blog, "Digital Jukebox", bien loin des déblayages d'allées qui me sont si chers. Mais comme vous déformez le sens de mes textes, donnant une importance primordiale à ce qui ne servait que de prétexte à tenter de faire sourire, j'avoue douter que vous soyez capable de faire preuve de plus de sagacité dans vos écrits. Saupoudrer ainsi vos propos de cynisme me semble tout à fait malvenu, voire relever de la malhonnêteté intellectuelle. J'admets que juger de haut est toujours plus facile que d'essayer de comprendre.

Peut-être devriez-vous vous cantonner à vos hobbies ? Puisque vous semblez plus attiré par l'industrie musicale et les nouvelles technologies, plutôt que de vous porter volontaire pour "critiquer" les blogs persos, peut-être auriez-vous dû demander avec plus d'insistance de pouvoir donner votre avis éclairé sur les sélections musique et high tech ? En mettant en exergue mon carnet, dont le sens manifestement vous échappe, vous avez gâché un espace. C'est dommage, non ? Vous auriez plutôt dû reprendre cette info capitale que vous nous livrez sans ménagement sur votre propre carnet : le Media Music Center du SNEP n’offre aucune fonction d’export et ne permet qu’une écoute en streaming des nouveautés, qui plus est dans une qualité inférieure à celle du CD. Je me demande comment le monde pouvait tourner avant de savoir ça !

Dites-moi, Philippe, (je peux vous appeler Philippe ?), est-ce plus intéressant, lorsque je parle de vous ? J'aurais aimé vous envoyer un mail, mais je ne l'ai pas trouvé. J'aurais aussi aimé résumer bêtement l'un de vos articles, comme vous l'avez fait me concernant, mais contrairement à vous, je ne suis pas masochiste pour deux sous. Lorsque cela ne m'intéresse pas, lorsque je ne suis pas passionnée, je ne me force pas, je vais voir ailleurs.

Quelle drôle d'idée, Philippe, de recommander quelque chose qu'on n'aime pas.

The Mask

J’ai récemment fait l’acquisition d’un masque pour les yeux. Il s’agit d’un bandeau avec du liquide à l’intérieur qu’on met au frigo ou dans un bol d’eau chaude et qui est censé avoir des vertus miracles, comme combattre la fatigue, les maux de tête, les poches sous les yeux, apporter chance aux jeux et faire revenir l’être aimé sur un cheval blanc avec une rose blanche entre les dents.

Sur la notice, on peut lire en majuscule et caractères gras : « usage externe exclusivement ». C’est gentil de prévenir. Parce que étourdie comme je suis, je pensais m’injecter le liquide en intraveineuse ou l’avaler avec un grand verre d’eau.

Par contre, ce qui n’est pas précisé, c’est qu’on ne peut pas s’en servir de masque de Zorro ou de lunettes comme Cyclope. C’est bêta, mais en fait, à travers, on ne voit rien. La porte, elle, comme elle ne cherche pas à combattre ses maux de portes, elle n’a pas de masque de porte. C’est pour ça qu’elle m’a vue venir, elle.

Eh bien, croyez-moi ou pas, j’ai toujours aussi mal au crâne.