Rapide

Juste pour signaler à Monsieur Jean-Pierre X. qu’il devrait être plus attentif lorsqu’il donne son numéro de portable. Monsieur, je tiens à vous signaler que le centre de cure ambulatoire en alcoologie, le service médico-psychothérapique et le centre médico psychologique cherchent à vous joindre. C’est ce qu’on m’a dit de vous dire. Bien que je ne vous connaisse pas. Mais la dame a tellement insisté qu’à la fin je n’osais plus la contrarier.

Ah, aussi, grâce à un lecteur érudit, nous savons désormais écrire bitoniau. Bitoniau: n.m Fam. Petit bouton permettant d'actionner un mécanisme, petite protubérance (d'un objet).

Et puis hop, une anecdote : hier, lors du bain de la bulle, nous jouions avec un lapin marin.
Lilli, tata modèle - Et c’est quoi ça comme animal ?
Bulle, élève modèle - Un lapin !!
Lilli, tata modèle bis - Oui. Et ça mange quoi ?
Bulle, salivant - Des frites !
Bon, on va devoir reprendre la chanson du petit-lapin-caché-dans-le-jardin-cherche-moi-coucou-coucou-je-suis-caché-dans-un-chou…

Chat va pas

La démarche molle, l’œil hagard et le poil terne, le matou roux se traîne comme une âme en peine, du canapé au tapis, du tapis au canapé, du canapis au tapé, du tanapé au capis. Il refuse de manger et de boire. Et quand un chat refuse de boire, paraît qu’il faut s’inquiéter.

La maisonnée, donc, dont je suis la Reine depuis ce week-end, s’est réunie en conseil et j’ai été désignée pour aller faire le poireau chez le véto. (Paraît que les serfs travaillent… Tu parles, quelle belle bande de glandeurs !) Il faut savoir que notre chat a un sens de l’humour très moyen : embolie pulmonaire, problèmes cardiaques, déboîtements (oui, « S ») de la hanche, déchirure du coussinet, pneumonie, le roukmoute nous aura tout fait. Et à chaque fois, c’est grave. Et à chaque fois, on nous dit qu’il ne faut pas placer trop d’espoir dans les opérations.

C’est donc le cœur gros que, la nièce dans son siège auto, et le chat dans sa caisse, j’ai emmené tout le monde chez le véto. En étant à deux doigts de les abandonner sur le trottoir, parce qu’au bout d’un moment, les concerts duettistes de « miaoooooo » faibles et de « le chââââât !! Le ChAAAt ! » puissants, c’est assez pénible.

Chez le véto, ce ne sont plus des duos, mais une chorale. Le Colley qui flippe, le truc-de-race-mais-je-connais-pas-le-nom qui grogne sur la caisse du chat, le chat prostré de peur, le Terre Neuve à poils ras (bizarre) qui hurle à la mort, les maîtres qui essaient de se faire obéir « chouchoune, tais-toi ma chouchoune. Rhôôô, n’avait des gros malheurs ma chouchoune *smouatch* » (Chouchoune fait la taille d’un poney, avec des dents d’alligator), le téléphone qui pleure, euh non, sonne, c’est plutôt moi qui devait pleurer. J’ai peur des chiens. Surtout quand ils sont gros. Mais aussi quand ils sont petits. Et encore plus lorsqu’ils sont agités et qu’ils grognent.

Quand le vétérinaire prononce enfin mon nom, je soupire de soulagement. La bride du sac entre les dents, la nièce sous le bras, la poignée du panier du chat dans la main, les manteaux et jouets sur l’autre bras, nous voilà partis dans une pièce dont la porte filtre la cacophonie.

Le docteur remarque tout de suite le manque de combativité du matou. En effet, il a à peine sorti les griffes, alors qu’en temps normal, il lui aurait déjà lacéré la main avec un rictus satisfait. (Sur son dossier vétérinaire, est inscrit, et souligné deux fois : « Attention, chat teigneux ») Là, rien qu’un petit miaulement ridicule. Questions rituelles, auscultations, température, palpations, vérification des oreilles, des yeux, vérification minutieuse de la peau à la recherche d’une tique, et verdict : ce chat n’a rien.

Nous enchaînons donc sur ses balades nocturnes, et son environnement. Et il y a une semaine, nos voisins sont retournés en Nouvelle Calédonie. Nos voisins avaient une petite chatte, avec laquelle il se dorait souvent les poils au soleil. Même qu’ils mangeaient dans la même gamelle et qu’ils dormaient ensemble. Bon sang. Mon chat est amoureux. Et son amoureuse est partie à 20.000 km.

Bilan de la visite : mon chat est neurasthénique. Il vit un chagrin d’amour. Et il est sous Prozac pour chat. Alors moi je dis, comme on me l’a dit un jour, bien que les circonstances étaient différentes, « Keep Walking Roukmoute »

P.S. : Un poireau s’est caché dans ce texte. Sauras-tu le retrouver ?

J'aime la galette, savez-vous comment ?

Quand elle est bien faite et sans la fève dedans.

La fève, c’est l’arnaque. D’une, parce que la place allouée normalement à de la bonne frangipane est comblée par un bout de truc moche qui ne se mange pas et qui ne sert même à rien, et de deux parce qu’on vous colle sur la tête une couronne en papier généralement très vilaine. (Le jour où la fève sera en or et où la couronne sera ornée de diamants baguettes, je reverrai ma position)(Oui, ho, je suis une fille, je suis une blonde, j’aime tout ce qui brille. Merde. C’est pas de ma faute si l’or et les diamants me vont bien.)

A table, donc, les coudes sur la table en signe de protestation, je me lamente, ma couronne en papier sur la tête, la fève moche sur le rebord de l’assiette, sur la frangipane dont j’ai été odieusement privée. Et en souvenir de ce sacre forcé, je décide d’être une Reine odieuse. Odieuse I.

Ma première réforme d’Odieuse Reine de Maisonnée a été de renommer les personnes présentes. Papou devient « Serf Cuisto », Mam « Serf Bouffonne », le Roukmoute « Serf Câlin », et comme je manque odieusement d’imagination, les autres sont odieusement nommés Serf 1, Serf 2, etc.

Ma seconde réforme odieuse a été d’imposer le vouvoiement et une nouvelle appellation me concernant : « Votre Gracieuseté ».

Ma troisième réforme a été une tentative de levée d’impôts pour acheter la Meuh-Chaise hors de prix et une chaîne qui lirait les CD. (Ça serait chouette, ça)

Malheureusement, mes Serfs ne sont pas du tout un modèle d’obéissance et de dévotion. Ah, les ravages de la démocratie… Plus personne n’est disposé à obéir à un monarque suprême injuste et intolérant. J’avoue que je comprends qu’ils n’aient pas fondamentalement envie de céder à mes caprices, même si la Galette a parlé. Et malgré tout plus charitable et compréhensive que ce que je laissais supposer, j’ai décidé d’inviter mes deux principaux serfs au cinéma pour repartir sur des bases plus saines.

Mais le serf est une saleté fourbe qui a un humour très douteux. Me laisser sortir du Royaume sans me rappeler que j’avais gardé la couronne sur ma tête, c’est de la vraie malveillance.

Brad Pitt et Jennifer Aniston annoncent leur séparation

LOS ANGELES (AFP) – Le sublime acteur américain Brad « Bradou » Pitt et sa compatriote Jennifer Aniston, la starlette à drôle de menton de "Friends", ont annoncé leur séparation après quatre ans et demi de mariage. « Nous voudrions annoncer qu'après sept ans de vie commune, nous avons décidé formellement de nous séparer », indique le couple dans un communiqué commun qui n'évoque pas quand il compte divorcer. Brad Pitt, 41 ans et Jennifer Aniston, 35 ans, s'étaient mariés en juillet 2000 après s'être rencontrés en 1998.

On chuchote déjà qu’une autre femme serait en cause.

Lorsqu’on interroge Brad Pitt sur une certaine Eulalie, il déclare : « Je l’ai vue pour la première fois le 22 mai 2004. Je l’ai remarquée lors d’une projection de TROY. Elle était assise, superbe, dans un fauteuil d’un Gaumont près de Montparnasse. Je jouais Achille depuis longtemps déjà, mais ce soir là, c’est comme si c’était la première fois. Diane (NDLR : Diane Krüger), bien que très jolie, me paraissait bien pâle face à la luminescence et à la rayonnance (NDLR : Oui, on sait, mais nous on fait que retranscrire, hein) de cette jeune femme. Ses cheveux blonds en chignon, des lunettes strictes, son port de tête, elle avait la classe d’une héroïne Hitchcockienne. J’étais subjugué. Mais aussi très réaliste : jamais une femme de cette trempe ne s’intéresserait à un petit acteur comme moi. Plus tard, j’ai réussi à découvrir son nom : Eulalie… (NDLR : il se lève, la main sur son cœur)
Eulalie... I‘ve just met a girl named Eulalie and suddenly that name will never be the same to me
Eulalie... I’ve just met a girl named Eulalie and suddenly I found how wonderful a sound can be
Eulalie say it loud and there’s music playing, say it soft and it’s almost like praying
Eulalie, I’ll never stop singing Eulaliiiiiie » (NDLR : là on l'a laissé, il devenait flippant)

La jeune Eulalie n’a jamais donné suite à ses avances, souhaitant « respecter les liens qui unissait Brad à sa Sorcière à sa femme », même lorsqu’il lui a fait livrer un T Shirt qu’il avait lui-même brodé.

Hier, le 7 janvier, quelques heures avant que le communiqué officiel sur la rupture de Brad Pitt et Jennifer gros Nez Aniston ne soit publié, Eulalie a annoncé publiquement « Je refuse de me reproduire avec un quadra. Sauf peut-être Bradou. Et encore, il faudrait qu’il me le demande poliment. »

Une source proche de Brad Pitt nous a déclaré ce matin qu’il s’était inscrit à des cours de Français et de savoir-vivre avec Nadine de Rothschild. Une affaire à suivre, donc…

On n'est pas sérieux quand on a 40 ans

Cet après midi, au sortir d’un magasin, je croise l’Homme Divorcé, quadra charmant mais… quadra. Attention, dans l’absolu, je n’ai rien contre les quadras. Comme le dit l’adage « les quadras sont nos amis, il faut les aimer aussi » Et s’il y a bien une chose en ce bas monde que je respecte, ce sont les adages. Je fais gaffe à mes cruches, je me méfie des hirondelles et je ne me découvre pas d’un fil.

Et manifestement, c’est cette histoire de fil qui ennuie l’Homme Divorcé. En effet, tous ses plans visant à me les dénuder se sont avérés infructueux. Je n’ai pas réagi comme il l’escomptait aux tentatives « tactiles » (massage de la nuque, de bisous dans le cou, … ont plus eu comme effet immédiat des regards coléreux et des tapes sèches sur la main. On ne sent pas le cul Didier !), aux tentatives dites de « mise en concurrence » (compliments, massages, câlins à des dindes rieuses et rougissantes… euh, oui, et alors ? Tu te farcis des dindes si tu veux, les seuls glouglous doux à mes oreilles sont ceux du bloody mary qu’on verse sur les glaçons), ni aux tentatives de « rentre-dedans » (invitations crues, promesses de 8ème ciel… les doigts experts d’un quadra expérimenté ? Que je prenne une culotte petit bateau ? Moui oui… c’est marrant, on m’avait dit qu’à 40 ans, c’était plus chamallow et cheminée que Rocco et Rococo.)

Aujourd’hui, en me croisant avec sa pochette de photos fraîchement développées, lui est venue une nouvelle idée de séduction. Il sort deux photos de son enfant, mignon blondinet de 5 ans.
- Je voudrais que tu regardes ça et que tu reconsidères ma proposition.
- Tu veux que je garde ton enfant ?
- Non, je voudrais te montrer que je sais faire de beaux enfants. Tu vois, c’est mon portrait craché. Il ne doit rien à sa mère. Et ensemble, je suis sûr qu’on ferait les plus beaux enfants que la terre a jamais porté.
- Ecoute, le prends pas mal, mais avoir un gamin de 5 ans à 40 ans, ça en dit long sur ce que tu faisais entre 20 et 35… et je crois que te reproduire encore une fois serait folie pure…
- Sûrement, mais te reproduire toi est d’une importance considérable pour les générations futures, et j’aimerai avoir cet honneur.
- Tu te plantes, ce serait plus un sacerdoce, ça se fait pas dans le calvados

Je m’interroge sur la pertinence de faire appel à l’instinct maternel d’une jeune fille même pas Catherinette pour la mettre dans son lit. Et je me dis soudain que si il a attendu 35 ans pour se fixer avant de divorcer aussitôt, ce n’est peut-être pas parce que c’est un tombeur, mais plutôt parce qu’il s’y prend comme un manche. Le plus troublant, c’est qu’en général, je fais peur aux hommes, et c’est tant mieux. Mais lui, je ne l’effraie pas. Vivement le prochain Halloween…

Pour en revenir aux adages, il en est un qui j’ai recommandé chaudement à l’Homme Divorcé : « Une teigne, c’est comme un mur. Si on lui rentre dedans trop souvent, on finit par se faire mal »