Conte de Noël
Par Eulalie, mardi 28 décembre 2004 à 00:00 :: Journal :: #124 :: rss
Il était une fois une Tendre et Clémente Princesse à la chevelure dorée qui n’avait pas de manteau. Sa mère, l’Auguste Majesté Maman, ainsi que sa sœur, la Très Gracieuse Princesse Loune tentèrent tout ce qui était humainement possible. On alla dans tous les magasins du monde, par monts et par vaux, par Zara et H&M, mais rien n’y faisait. La vilaine sorcière Zara se bornait à tailler des manteaux pour les menues dames qui se faisaient limer la largeur des os tandis que la malicieuse sorcière Hachéhaime s’entêtait à fabriquer les manteaux dans des tissus douteux aux couleurs étranges. On eût beau faire des offrandes au Très Saint Comptoir des Cotonniers, rien n’y faisait : on refusait à l’Adorable et Miséricordieuse Princesse le geste honorable qui eût évité à sa menue bourse de trop souffrir.
L’hiver et son glacial souffle arrivèrent au Royaume. Notre Très Douce et très Gentille Princesse restait enfermée dans ses appartements, seuls lieux où elle ne craignait pas le froid grâce aux Radiances Chaleureuses des Radiants et à sa grenouillère en pilou-pilou. La journée, elle restait à sa fenêtre à regarder les autres jeunes personnes du Royaume se promener dans les parcs. La nuit, telle le Blond Phénix (si, si), elle attendait sa Renaissance pour enfin faire ce qui lui plairait. Les mages avaient prédit cet heureux événement vers le mois de mai.
Elle profitait de son statut de recluse entre les murs du Palais pour préparer les Somptueuses Fêtes de Noël. Décorations, menus, emballage des cadeaux, elle occupait son temps bien au chaud, sous l’œil aimant et désolé de sa famille.
Le 24 décembre vint, et le Palais se remplît de convives en tenue d’apparat et de Ferrero Rochers. On fît la fête, on mangea, on but, on dansa. Minuit sonna, la dinde aux escarpins de vair redevenait souillon, tandis qu’apparurent sous les yeux émerveillés de notre Magnanime et Délicieuse Blonde Princesse deux énormes paquets cadeaux.
Le premier contenait un sublime et très tendance manteau ¾ noir en laine, double boutonnage, col amovible. L’Auguste Majesté Maman avait en effet, sans en informer notre Princesse, demandé aux fées Naf et Naf de fabriquer un manteau pour sa bien aimée fille.
Dans le second paquet était plié un magnifique et indémodable manteau ¾ beige en laine et cashmere, simple boutonnage, col rond. Le Superbe Roi Papou, dans le plus grand secret, avait commandé aux Fées Tara et Jarmon un manteau pour sa bien aimée fille.
La Blonde Princesse, émue, embrassa et remercia ses Adorables Royaux Parents.
Et ils se marièrent et eurent bien chaud en hiver.
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