Timohël est un fainéant du muscle de l’arrière gorge.
Par Eulalie , jeudi 21 octobre 2004 à 00:00 :: Journal
Il ronfle.
Je suis dans le salon, sur le canapé, il est dans sa chambre, dans son lit, porte et murs nous séparent, et je l’entends comme si nous partagions le même oreiller. Mais comment fait la Demoiselle pour dormir à ses côtés ?!
J’essaie de réagir en bonne âme compatissante, oui, vraiment. J’essaie de le plaindre, lui qui n’a pas un sommeil réparateur et qui devra aller travailler demain alors que je squatterai le canapé lit jusqu’à 14 heures du matin. Mais l’envie de lui donner une bonne raison de se livrer à ses séances d’apnée nocturne en lui collant un oreiller sur le museau est beaucoup plus forte.
Il faut dire que ça fait plus de deux heures que j’essaie de dormir, et que je ne connais rien de plus insupportable que ce bruit de fond qui empoisonne la descente vers le sommeil. Timohël, malheureusement, n’est pas aussi simple qu’un robinet d’eau qu’on peut serrer à fond pour ne plus entendre de plic ploc. Je devrais faire une lettre bien virulente à ses géniteurs.
J’ai tenté toutes les actions que mon esprit irrité m’a dictée d’essayer pour moins entendre l’insupportable duo entre l’air et le relâchement de ses crétins de muscles de l’arrière gorge.
Soupirer bruyamment, ça ne sert absolument à rien à part à s’agacer encore plus lorsqu’on n’est pas aux côtés dudit ronfleur. Idem pour se retourner furieusement en amplifiant ses mouvements. En plus, le matelas du canapé-lit n’est pas propice aux retournements violents dans lesquels on met tout son poids. Aïe.
Respirer très fort pour ne plus entendre que sa propre respiration, cela ne fonctionne qu’un temps : soit on sombre effectivement dans le sommeil, et notre respiration se fait plus douce et donc insuffisante à couvrir les bruits de réacteurs du mou de la glotte, soit on crée une sensation d’hyperventilation plutôt inconfortable.
Se confectionner un chapeau avec les oreillers, non seulement cela fait mal au cou, mais en plus cela tient beaucoup trop chaud, même à cette période de l’année. Gratter le matelas pour se concentrer encore sur un autre bruit, c’est fatiguant avant d’être efficace.
Je n’ai plus de pile dans mon lecteur Mp3. Et je n’ai pas pris avec moi ce livre que je tente de lire depuis très longtemps et qui m’endort à tous les coups. (Mrs Dalloway de Virginia Woolf)
J’imagine qu’au nom de notre lumineuse et superbe amitié blablablaaa, l’option petit meurtre d’un ami est à écarter ? Bon, il ne me reste plus qu’à bloguer les écouteurs sur les oreilles, OK.