Hier soir, il fait nuit noire, j’attends un taxi. Une grosse Mercedes arrive et s’arrête à la borne. J’ouvre la porte et m’assois.

- Bonsoir Monsieur !

Et une voix féminine de me répondre froidement

- Bonsoir Monsieur. Vous allez où ?

Je suis une Super Héroïne. Il y avait déjà SuperMan, Super Résistant, Super Califragilistique, Super Cucul, moi je suis Super Boulette.

Bon, je suis désolée, Madame, il faisait noir, j’ai mal regardé, je n’avais pas mes lunettes sur le nez, j’avais un rhume carabiné, les yeux entr’ouverts, et puis faut quand même avouer que c’est une drôle d’idée pour une femme d’avoir les cheveux si courts, de si grosses lunettes culs-de-bouteille, et de pas avoir de décolleté qui attire l’œil, d’être habillée en noir dans une voiture noire par une nuit noire, de pas avoir un joli rouge à lèvre rose vif. Et puis si ça avait senti Chanel n°5, aussi, dans votre puanteur à roulettes, ben ça m’aurait peut-être mis la puce à l’oreille aussi. Et puis pour répondre comme ça du tac au tac, c’est qu’on avait déjà fait preuve de manque de tact avec vous. Alors bon, hein, j’ai pas pour habitude de dire du mal des gens, mais y’a pas de fumée sans feu, hein, non mais.

Je comprends votre réaction, toutefois, me répondre ce très technique « bonsoir Monsieur », ça avait suffit à créer le malaise. Je veux dire, ce n’était pas la peine d’appuyer par à-coups sur l’accélérateur pour me donner envie de vomir, de rouler partout sauf dans la voie réservée, et de faire de la rétention de monnaie en me regardant bien droit dans les yeux.

-Veuillez avoir l’extrême obligeance de pardonner le faible niveau de cette note rédigée par une Lilli enrhumée (à tous les coups elle avait aussi branché la clim exprès) qui n’a pas les idées très claires et qui retourne se lover dans son plaid avant d’avoir froid aux pieds-