De vieux clichés tenaces affirment que les femmes n’ont pas le sens de l’orientation. Loin de moi l’idée de me poser en représentante des femmes, simplement je dois avouer que, me concernant, c’est plus qu’un cliché : c’est une vérité avérée.

8h45 ce matin, Montparnasse. Je marche jusqu’à la rue de Rennes pour aller faire un tour dans un magasin certifié non conforme. Ledit magasin n’ouvrant ses portes qu’à 10h (bande de feignasses), je décide finalement de rentrer chez moi. D’humeur aventurière, je décide de prendre un « raccourci évident ». Je tourne le dos à la vitrine, tends mon bras droit en direction de Montparnasse, et tends donc le gauche dans une direction opposée.

Hé bien oui, c’est d’une logique enfantine : je viens du point A (Montparnasse), je suis au point B (Rue de Rennes), je dois aller au point C (Denfert-Rochereau). Si j’ai trois points, j’ai un triangle. Si je ne situe que deux points sur le triangle, ben comme c’est un triangle, le troisième, il est forcément *par là*.

Je marche, le nez en l’air, en regardant les moulures et les balcons des jolis immeubles, l’intérieur des appartements dont les fenêtres sont ouvertes, lisant les noms des rues. Rue d’Arras, tiens, je connaissais pas… Rue de Fleurus… Rue de Fleurus ?!! 6ème arrondissement ?!! Han han, boulette.

Je suis perdue. Passée la honte de se perdre dans son propre quartier (dans lequel j’habite tout de même depuis presque trois ans), je me résous à faire ce que je fais toujours quand je me perds : je suis les passants. Il y en a toujours un qui finit par aller au métro.

Me voilà arrivée au Jardin du Luxembourg, soit le point D, soit pas du tout là où je devrais être. Mais comment ai-je fait pour arriver à ce point D ?! Alors que ma démarche était logique ?

Finalement, j’ai pris le RER. Parce que le triangle qui devenait soudainement un quadrilatère, j’avais peur de le transformer en pentagone. Et les pentagones, paraîtrait que certains leur envoient des avions sur le coin de la goule. Aventurière n’est pas kamikaze.