Les Productions Eulalie présentent, En association avec G. Padbol, G. Vraimenpadbol et G. Superfranchemenpadbolsamère, Avec le concours de l’Esprit Pierre Richard & Chèvre et les parfums Chcoumoune girl,

LE P.V. DAY!

Attention, cette note a été interdite en lecture aux personnes souffrant d’hypotension et de tachycardie.

Comme quasiment tous les week-ends, ce soir, je suis allée prendre le train afin de profiter de l’air marin et de me faire câliner par papa-maman. (Et de me goinfrer d’un max de Nutella, de poissons et de toasts aux raisins, oui, c’est mon côté félin, la « reconnaissance du ventre » ça s’appelle)

Me voilà donc dans un train bondé, heureuse d’avoir eu la présence d’esprit de prendre un billet suffisamment tôt pour avoir la possibilité de réserver ma place. Des fois, comme ça, je sais pas pourquoi, je suis drôlement futée.

Evidemment, avec la malédiction de la carte 12-25, un mouflet braillard est dans mon périmètre d’audition, mais pour une fois je reste zen et me contente d’hausser le son de mon lecteur MP3. Le contrôleur nous livre son blabla habituel avec sa plus jolie voix, et j’en profite pour chercher ma carte de réduction afin de pouvoir la présenter rapidement avec le billet-bon-tarif-bonne-zone-bien-composté-tout-comme-il-faut.

Sac à main… Sac de voyage… Sueur… On se reprend. J’abaisse la tablette et vide mon sac à main. Ouvre tout, même le porte-monnaie, au cas où la carte aurait miraculeusement rétréci à la vue de la petitesse de mon sac et de tout ce que j’ai à mettre dedans. Rien. Rien. RIEN. Je m’empare donc de mon sac de voyage et en vide tout le contenu. T-Shirts, chaussures, trousse de toilette, de maquillage, sous-vêtements… Rien, rien, rien, désespérément rien, pourtant j’vous l’jure mssieu l’juge, c’est vraiment pas mon genre d’oublier ce genre de chose !

Bon, je vais pas en faire des tonnes non plus, vous avez compris l’idée, je suis dans le train qui vient de partir, j’ai un billet tarif réduit mais je n’ai pas la carte de réduction qui va avec, et ces petites choses là c’est comme les chaussures, l’un va pas sans l’autre, sinon t’as l’air d’un con. Et en ce moment, j’ai l’air bigrement idiot. Je suis en infraction pour la seconde fois en moins de 16 heures. Et je vais encore me prendre un PV. Et ce, toujours sans volonté de resquiller. Parfois je me sens fatiguée…

Je n’arrive même pas à échafauder un plan pour me tirer d’affaire. Aller dans les toilettes, donner un coup de pied renversé groupé dans la trappe du plafond et voyager sur le toit ? Bof… Me cacher sur les paquets de chips de l’espèce de roulotte du type qui vend ces affreux breuvages chauds ? Bof… Me rouler en boule dans mon sac et me ranger sur les porte-bagages du haut ? Bof…

Le contrôleur arrive, et, définitivement honnête, donc, je me « présente spontanément », expliquant mon cas. Il me regarde désolé, essaie de me faire un signe de la main quand son collègue le rejoint.

- Que se passe-t-il ?

Le premier contrôleur me regarde avec insistance, je comprends que je dois ré expliquer la situation.

Bilan : régularisation de billet + « frais de dossiers » = 19,60 euros pour ma pomme. Je prends le tout avec calme et philosophie : les jolies bédés que j’avais repérées, ce sera pour une prochaine fois… Tiens, mon œil recommence à trembler.

Et le meilleur, parce que je garde toujours le meilleur pour la fin : personne n’a été contrôlé dans le train à part la cruche qui s’est présentée spontanément au contrôleur. C’est pour ça que le premier me faisait signe. L’autre, par contre, a évidemment sauté sur l’occasion.

Alors voilà, c’est décidé, je ne sors plus de chez moi. La vie est trop dure à l’extérieur.