Le contrôleur de la RATP
Par Eulalie, vendredi 20 août 2004 à 00:00 :: Journal :: #92 :: rss
J’ai passé une très bonne soirée avec des gens que j’aime, parce que, oui, il m’arrive d’aimer des gens. J’étais donc partie pour faire une note gentillette, sympathique, à base d’invention de jeux tordus, de ceux dont les règles évoluent au fur et à mesure de la partie, permettant des débats chargés de mauvaise foi et donc délectables. Je pensais saupoudrer le tout de « Oui-Oui et la girafe rose » et de culture « Voici ».
Mais voilà, depuis je me suis énervée. Sortie de soirée, donc, raccompagnée par deux amis qui souhaitent prendre un taxi, et arrive le bus de nuit. Bien qu’étant proches de chez moi, deux stations, nous décidons de le prendre ensemble.
Une fois dans le bus, on recommence à papoter, quand s’approche de nous une caricature ingrate et sans relief de Vin Diesel. Il nous demande ordonne de présenter nos titres de transport. C’est pleine de bonne volonté et un gentil sourire respectueux aux lèvres que je lui tends mon ticket, fraîchement composté.
Sauf que là, je suis tombée sur Super Contrôleur. Et Super Contrôleur, il s’en tamponne le coquillard de mon sourire et de mes bonnes manières. Rendre son travail plus chaleureux, c’est pas un truc qu’il envisage. Super Contrôleur, il bande rien qu’à l’idée de verbaliser tous ces petits resquilleurs de merde, tous ces incapables qui ne savent pas lire les indications, tous les paumés perdus. Il soupire et jette sur moi son regard bovin.
Contrôleur, sec - Ce ticket n’est pas valable. Pièce d’identité et 35 euros.
Lilli, interdite - Comment ça il n’est pas valable ? Je l’ai composté à l’instant, je vous promets Monsieur.
Contrôleur, sec - Non, la nuit ce ne sont pas ces tickets. Pièce d’identité et 35 euros.
Voyant que je ne comprends pas, Super Contrôleur abaisse son niveau intellectuel au niveau de la petite blondasse gourdasse que je suis. Il m’indique du bras une vague zone du bus.
Contrôleur, sec - C’est marqué, là. La nuit, c’est des tickets spéciaux. Suffisait de demander au conducteur.
Et comment je le sais, moi, qu’il faut demander au conducteur ?!! Est-ce qu’il y a un encart spécial sur ce bus indiquant en lettres rouges « attention, tarification spéciale, s’adresser au conducteur » ?! J’achète mes billets par carnet de 10 aux distributeurs à carte, je n’ai jamais vu l’option « tickets pour trajet de nuit » !
Bien que n’ayant pas grugé, je me sens prise en faute, et je déteste ça. Je lui explique, le cœur battant, que je suis de bonne foi. Je ne savais pas, c’est la première fois, que je prends le bus de nuit, j’ai simplement composté les tickets habituels, ce que je n’aurais pas fait si j’avais voulu resquiller. Super Contrôleur s’agace.
Contrôleur, sec - Pièce d’identité et 35 euros.
Ça ne sert visiblement à rien de parler avec ce résidu de tache de gras de contrôleur. Je me résous à faire un chèque, et voyant que le bus continue de remonter l’avenue, je lui demande de bien vouloir s’arrêter au moins à mon arrêt, ou de descendre avec moi.
Contrôleur, sec - Non.
Je me vois déjà en pleine nuit à Châtelet, toute seule, cherchant un bus qui aille dans l’autre sens. Je lui explique maladroitement que j’ai peur le soir, que je veux pas me retrouver dans un endroit que je ne connais pas. Il ne me regarde même pas.
Contrôleur, sec - Ben magnez-vous au lieu de parler.
Furibarde, je remplis le chèque à toute vitesse, et descends enfin, son stylo bille de merde dans mon sac. Pour 35 euros, j’estime y avoir droit. Je regarde le PV que ce débile profond m’a remis et constate que, malgré le fait qu’il n’a que la somme à inscrire en lettres, il a réussi l’exploit de faire une faute d’orthographe. Même pas capable, cette sombre tare, d’écrire « trente cinq euros » correctement. Minable.
Et dix minutes plus tard, je reçois un texto de l’Homme le Plus Drôle du Monde qui m’explique que sa Moitié et lui ont failli se prendre un PV pour « entrave au contrôle ». En effet, ces petits délinquants ont eu le culot de prévenir les gens que le tarif de nuit n’était pas le même, privant Super Contrôleur de son intéressement aux PV.
Super Contrôleur, c’est à cause de toi et de ton manque d’éducation et de compréhension que les agents ont une si mauvaise image. Parce que, évidemment, tu représentes une toute petite partie de cette profession, mais tu es la partie la plus visible, celle dont on se souvient. Alors, effectivement, tu n’es pas là pour faire du social. Mais parler correctement, regarder les gens dans les yeux, te soucier un peu des circonstances, ce sont des devoirs exigés par ta profession.
Connard.
Commentaires
1. Le vendredi 3 mars 2006 à 15:52 pétantes, Anti L€ur a déclaré :
2. Le lundi 31 juillet 2006 à 01:09 pétantes, pauvre con de contribuable a déclaré :
3. Le mardi 12 septembre 2006 à 20:48 pétantes, thoma a déclaré :
4. Le mardi 19 septembre 2006 à 00:07 pétantes, Toma a déclaré :
5. Le dimanche 8 octobre 2006 à 14:40 pétantes, MATT a déclaré :
6. Le vendredi 12 janvier 2007 à 00:53 pétantes, Steven a déclaré :
7. Le jeudi 15 mars 2007 à 22:11 pétantes, virgi a déclaré :
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