"Les insectes sont nos amis", c'est ça ouais...

En haut de la liste des nuisances volantes invertébrées, il y a bien entendu les moustiques. Mais je trouve que le monde se concentre trop sur cette seule source. Il en est que nous ne citons que trop peu, et pourtant, leur nuisance, bien qu’empreinte d’un pouvoir de démangeaison moins fort, voire nul, remporte quatre étoiles sur cinq dans ma Grreuhar List.

Au chômage officiellement depuis lundi soir, je suis enfin libre. Dès mardi midi, je me frottais les mains en pensant à toutes ces petites choses que je n’ai jamais eu le temps de faire. Une analyse rapide de cette liste (oui, je fais des listes à tout bout de champ et pour tout, ça pose un problème ?) m’a poussée au constat suivant : dans la situation actuelle des choses, il ne faut plus classer par « envie » mais par « coût». J’ai donc écarté dans l’après-midi :
- les voyages,
- les chaussures sur mesure,
- la journée en institut à se faire gaver la peau de produits ultra-régénérifisiant et dé-densifieur de pores à base d‘huile d’onagre nourrie aux perles d’huître de Moldavie,
- le week-end de stage de pilote de Formule 1,
- le frigo qui ressemble à un panda. (Qui un jour, oh oui, un jour, sera mien)

Dans les choses qui me restaient alors à faire restaient : - La vaisselle,
- Le ménage,
- Un ciné,
- Ecrire,
- Mater un téléfilm américain très manichéen,
- Donner à mon affreux meuble blanc un look plus rigolo.

D’humeur manuelle-créative, Branchitude Avant Gardiste Style, me voilà donc en train de peinturlurer les tranches du meuble avec de la peinture dorée. Objectif : une fois presque sec, petits coups de marteau afin d’éviter l’effet lissé. Première couche à la petite brosse, puis seconde couche avec un petit pinceau en en mettant assez afin de pouvoir marteler tout ça.

Petite pause, je bidouille-rangeouille-trifouille, puis au bout d’une petite demie heure me penche sur mon ouvrage, le petit marteau à la main.

Grreuhar.

L’univers ne me laissera donc jamais faire quelque chose en paix ? Pourquoi est-ce que tout se transforme toujours en parcours du combattant ? Sur la peinture, là, emprisonné par les ailes comme un con dans la peinture collante, un bibet s’agite les papattes et me regarde avec ses grands yeux niais pour m’implorer de lui venir en secours. Et puis quoi encore ?! Un petit verre d’Ice Tea pour te noyer dedans, aussi, crétin des Alpes ?!

J’ai donc regardé le bibet mourir dans la peinture dorée, fier malgré tout de trépasser avec le chic d’une James Bond Girl, - la grâce en moins, évidemment. J’en ai profité pour réfléchir à cette opportunité de révolutionner la peinture en intégrant des bibets, voire des mouches, ou même des libellules dans le mélange. Une sorte de nature morte… Quoiqu’à regarder de plus près, un insecte mort avec les papattes qui dépassent, même dorées, c’est pas très joli. Si ça vous intéresse, je veux bien le vendre : après sa mort, toute sa famille est venue se suicider dans ma peinture, soit sa sœur et son frère. (Les pauvres avaient été abandonnés à la naissance par leur indigne de mère)

M’enfin mine de rien, j’ai révolutionné le papier tue-mouches.

Deux bruns esthètes, rue de la Gaîté

(Pour les non Parisiens, la rue de la Gaîté est une rue -fou, non ?- près de la Gare Montparnasse. Des panneaux essaient de la vendre comme la rue des théâtres, mais soyons francs, il y a environ 150% plus de sex shops)

Dans la rue pour me rendre dans un café, je suis deux jeunes hommes et écoute leur conversation que je trouve rigolote. Meilleur passage :

- Tu vois, ce que je trouve fantastique, dans cette rue, c'est que n'importe quelle fille que tu croises peut en fait être une fille de peep show... C'est pas terriblement excitant ça ?

Les hommes ralentissent, je les double.

- Tu vois, elle, si ça se trouve, c'en est une.
- Cochonne...

Marjolaine, Brune-Réalité engoncée

"Je pense que... que... je pense que... tu vaux beaucoup plus que 50.000 euros".

Gnagnagnaa.

Idiote.

Je vais biiien, tout va biiien

Les Productions Eulalie présentent, En association avec G. Padbol, G. Vraimenpadbol et G. Superfranchemenpadbolsamère, Avec le concours de l’Esprit Pierre Richard & Chèvre et les parfums Chcoumoune girl,

LE P.V. DAY!

Attention, cette note a été interdite en lecture aux personnes souffrant d’hypotension et de tachycardie.

Comme quasiment tous les week-ends, ce soir, je suis allée prendre le train afin de profiter de l’air marin et de me faire câliner par papa-maman. (Et de me goinfrer d’un max de Nutella, de poissons et de toasts aux raisins, oui, c’est mon côté félin, la « reconnaissance du ventre » ça s’appelle)

Me voilà donc dans un train bondé, heureuse d’avoir eu la présence d’esprit de prendre un billet suffisamment tôt pour avoir la possibilité de réserver ma place. Des fois, comme ça, je sais pas pourquoi, je suis drôlement futée.

Evidemment, avec la malédiction de la carte 12-25, un mouflet braillard est dans mon périmètre d’audition, mais pour une fois je reste zen et me contente d’hausser le son de mon lecteur MP3. Le contrôleur nous livre son blabla habituel avec sa plus jolie voix, et j’en profite pour chercher ma carte de réduction afin de pouvoir la présenter rapidement avec le billet-bon-tarif-bonne-zone-bien-composté-tout-comme-il-faut.

Sac à main… Sac de voyage… Sueur… On se reprend. J’abaisse la tablette et vide mon sac à main. Ouvre tout, même le porte-monnaie, au cas où la carte aurait miraculeusement rétréci à la vue de la petitesse de mon sac et de tout ce que j’ai à mettre dedans. Rien. Rien. RIEN. Je m’empare donc de mon sac de voyage et en vide tout le contenu. T-Shirts, chaussures, trousse de toilette, de maquillage, sous-vêtements… Rien, rien, rien, désespérément rien, pourtant j’vous l’jure mssieu l’juge, c’est vraiment pas mon genre d’oublier ce genre de chose !

Bon, je vais pas en faire des tonnes non plus, vous avez compris l’idée, je suis dans le train qui vient de partir, j’ai un billet tarif réduit mais je n’ai pas la carte de réduction qui va avec, et ces petites choses là c’est comme les chaussures, l’un va pas sans l’autre, sinon t’as l’air d’un con. Et en ce moment, j’ai l’air bigrement idiot. Je suis en infraction pour la seconde fois en moins de 16 heures. Et je vais encore me prendre un PV. Et ce, toujours sans volonté de resquiller. Parfois je me sens fatiguée…

Je n’arrive même pas à échafauder un plan pour me tirer d’affaire. Aller dans les toilettes, donner un coup de pied renversé groupé dans la trappe du plafond et voyager sur le toit ? Bof… Me cacher sur les paquets de chips de l’espèce de roulotte du type qui vend ces affreux breuvages chauds ? Bof… Me rouler en boule dans mon sac et me ranger sur les porte-bagages du haut ? Bof…

Le contrôleur arrive, et, définitivement honnête, donc, je me « présente spontanément », expliquant mon cas. Il me regarde désolé, essaie de me faire un signe de la main quand son collègue le rejoint.

- Que se passe-t-il ?

Le premier contrôleur me regarde avec insistance, je comprends que je dois ré expliquer la situation.

Bilan : régularisation de billet + « frais de dossiers » = 19,60 euros pour ma pomme. Je prends le tout avec calme et philosophie : les jolies bédés que j’avais repérées, ce sera pour une prochaine fois… Tiens, mon œil recommence à trembler.

Et le meilleur, parce que je garde toujours le meilleur pour la fin : personne n’a été contrôlé dans le train à part la cruche qui s’est présentée spontanément au contrôleur. C’est pour ça que le premier me faisait signe. L’autre, par contre, a évidemment sauté sur l’occasion.

Alors voilà, c’est décidé, je ne sors plus de chez moi. La vie est trop dure à l’extérieur.

Le contrôleur de la RATP


J’ai passé une très bonne soirée avec des gens que j’aime, parce que, oui, il m’arrive d’aimer des gens. J’étais donc partie pour faire une note gentillette, sympathique, à base d’invention de jeux tordus, de ceux dont les règles évoluent au fur et à mesure de la partie, permettant des débats chargés de mauvaise foi et donc délectables. Je pensais saupoudrer le tout de « Oui-Oui et la girafe rose » et de culture « Voici ».

Mais voilà, depuis je me suis énervée. Sortie de soirée, donc, raccompagnée par deux amis qui souhaitent prendre un taxi, et arrive le bus de nuit. Bien qu’étant proches de chez moi, deux stations, nous décidons de le prendre ensemble.

Une fois dans le bus, on recommence à papoter, quand s’approche de nous une caricature ingrate et sans relief de Vin Diesel. Il nous demande ordonne de présenter nos titres de transport. C’est pleine de bonne volonté et un gentil sourire respectueux aux lèvres que je lui tends mon ticket, fraîchement composté.

Sauf que là, je suis tombée sur Super Contrôleur. Et Super Contrôleur, il s’en tamponne le coquillard de mon sourire et de mes bonnes manières. Rendre son travail plus chaleureux, c’est pas un truc qu’il envisage. Super Contrôleur, il bande rien qu’à l’idée de verbaliser tous ces petits resquilleurs de merde, tous ces incapables qui ne savent pas lire les indications, tous les paumés perdus. Il soupire et jette sur moi son regard bovin.

Contrôleur, sec - Ce ticket n’est pas valable. Pièce d’identité et 35 euros.
Lilli, interdite - Comment ça il n’est pas valable ? Je l’ai composté à l’instant, je vous promets Monsieur.
Contrôleur, sec - Non, la nuit ce ne sont pas ces tickets. Pièce d’identité et 35 euros.

Voyant que je ne comprends pas, Super Contrôleur abaisse son niveau intellectuel au niveau de la petite blondasse gourdasse que je suis. Il m’indique du bras une vague zone du bus.

Contrôleur, sec - C’est marqué, là. La nuit, c’est des tickets spéciaux. Suffisait de demander au conducteur.

Et comment je le sais, moi, qu’il faut demander au conducteur ?!! Est-ce qu’il y a un encart spécial sur ce bus indiquant en lettres rouges « attention, tarification spéciale, s’adresser au conducteur » ?! J’achète mes billets par carnet de 10 aux distributeurs à carte, je n’ai jamais vu l’option « tickets pour trajet de nuit » !

Bien que n’ayant pas grugé, je me sens prise en faute, et je déteste ça. Je lui explique, le cœur battant, que je suis de bonne foi. Je ne savais pas, c’est la première fois, que je prends le bus de nuit, j’ai simplement composté les tickets habituels, ce que je n’aurais pas fait si j’avais voulu resquiller. Super Contrôleur s’agace.

Contrôleur, sec - Pièce d’identité et 35 euros.

Ça ne sert visiblement à rien de parler avec ce résidu de tache de gras de contrôleur. Je me résous à faire un chèque, et voyant que le bus continue de remonter l’avenue, je lui demande de bien vouloir s’arrêter au moins à mon arrêt, ou de descendre avec moi.

Contrôleur, sec - Non.

Je me vois déjà en pleine nuit à Châtelet, toute seule, cherchant un bus qui aille dans l’autre sens. Je lui explique maladroitement que j’ai peur le soir, que je veux pas me retrouver dans un endroit que je ne connais pas. Il ne me regarde même pas.

Contrôleur, sec - Ben magnez-vous au lieu de parler.

Furibarde, je remplis le chèque à toute vitesse, et descends enfin, son stylo bille de merde dans mon sac. Pour 35 euros, j’estime y avoir droit. Je regarde le PV que ce débile profond m’a remis et constate que, malgré le fait qu’il n’a que la somme à inscrire en lettres, il a réussi l’exploit de faire une faute d’orthographe. Même pas capable, cette sombre tare, d’écrire « trente cinq euros » correctement. Minable.

Et dix minutes plus tard, je reçois un texto de l’Homme le Plus Drôle du Monde qui m’explique que sa Moitié et lui ont failli se prendre un PV pour « entrave au contrôle ». En effet, ces petits délinquants ont eu le culot de prévenir les gens que le tarif de nuit n’était pas le même, privant Super Contrôleur de son intéressement aux PV.

Super Contrôleur, c’est à cause de toi et de ton manque d’éducation et de compréhension que les agents ont une si mauvaise image. Parce que, évidemment, tu représentes une toute petite partie de cette profession, mais tu es la partie la plus visible, celle dont on se souvient. Alors, effectivement, tu n’es pas là pour faire du social. Mais parler correctement, regarder les gens dans les yeux, te soucier un peu des circonstances, ce sont des devoirs exigés par ta profession.

Connard.