15h35, j’attends mon rendez-vous de 15h30. Je déteste les gens en retard. Pour ne pas perdre de temps, je m’assois sur la marche devant la porte et pointe ma liste d’appartements.

Je reçois deux-trois gouttes. Je lève les yeux au ciel. Rien. Enormément de vent, des nuages blancs balaient le ciel, pas un ciel de pluie. Je recommence à pointer ma liste.

Et là, « SPLAAASH !!! »

Fantastique transformation de toute la partie droite d’Eulalie en lévrier afghan mouillé, les cheveux bien collés sur le visage. La partie gauche restant normale. En clair, je viens de me prendre peut-être 5 litres d'eau sur la tête. Et à regarder les bulles maronnasses sur le trottoir, de l’eau qui, comme qui dirait, aurait déjà servi. A laver un sol maousse crado, par exemple.

L’étonnement passé, je regarde en l’air : de l’eau continue de couler du balcon du dernier étage. Je me place au milieu de la rue et crie :

Lilli, criant - MERCI !!
Pas de réponse. Je hurle.
Lilli, hurlant - MEERCIII !!

Un type se pointe sur le balcon, me regarde, s’étrangle de rire et retourne dans l’appartement fissa. Pas de bol chéri, c’est justement dans TON immeuble que je vais. Je compose le code, rentre dans l’ascenseur, monte au cinquième, frappe à la porte. Le type ouvre. Sa mine est d’un coup moins réjouie et moins hilare.

Lilli, belliqueuse - Vous me reconnaissez ?
L’homme, interdit - Euh…
Lilli, bonne conscience - Vous ne vous êtes pas excusé.
L’homme, navré - Oh, euh… Je suis désolé… Est ce que vous voulez une serviette ? Une boisson chaude ?
Lillie, glaciale (glacée) - Non je n’ai pas le temps. Je voulais juste que vous vous excusiez. Regardez, la prochaine fois, avant de balancer l’eau sale du balcon. Ou mieux, ne le faites pas.

Retour en bas de l’immeuble. Un homme attend pour la visite.
L’homme, comme sur des œufs - Euh, vous êtes à moitié mouillée, Mademoiselle…

Je dois avoir un truc avec l’humidité…