Ma nièce

Ma Bulle a 21 mois, elle ne sait pas dire mon nom, et c’est normal (par contre, si toi, lecteur tu n’y arrives pas, inquiète-toi). Je voulais être une tata gaga qu’on appelle gligli ou blibli, je rêvais de plein de surnoms approximatifs plus mignons les uns que les autres. Résultat : j’ai un surnom terriblement tarte.

Au début, elle m’appelait « Mimi ». J’avais beau trouver ça franchement benêt, j’ai dû me résoudre au fait qu’elle ne savait pas prononcer les « L ». Pas de bol mais elle le faisait en souriant et avec une telle pointe d’admiration dans le regard (admiration justifiée, vous en conviendrez) qu’en bonne tata gâteau, j’étais ravie.

Il faut savoir que ma nièce a le même regard irrésistible que sa mère (ma sœur, donc, j’espère que vous suivez). Quand ma sœur me demande de garder sa fille (ma nièce, j’espère que vous êtes toujours là) je ne peux pas refuser. Je suis la baby-sittrice attitrée du petit monstre (chose dont je me servirai pour lui pourrir son adolescence « Quoi, je t’ai changé tes couches souillées et tu ne viens même pas faire un bécot à ta vieille tante ?!! » j’ai hâte), votre servitrice a donc eu droit à des moments privilégiés, une multitude d’occasions de changer son surnom ridicule en quelque chose de plus classe, plus glamour, plus Haute Couture, plus Eulalie, en somme. Et là c’est le drame. Contre toute attente, elle a décidé que j’étais Sa Chose, un jouet, une vulgaire girafe Sophie qui fait couic entre ses doigts potelés. Elle a donc commencé à m’appeler « ma Mimi ». Je trouvais ça un peu fort de café, mais comme je ne pouvais pas faire mine de ne pas la reconnaître, j’ai accepté et même répondu. Erreur fatale.

Depuis hier, cette petite fainéante se contente de « Mami ». Estomaquée, je m’empresse de calculer rapido sous mes couettes blondes et non, c’est physiquement impossible. Mami !! Non mais ho ! J’hésite à lui retirer de la bouche la cuillère de yaourt que je m’apprêtais à lui enfourner dans le gosier mais quand je m’aperçois que je la nourris de Mamie Nova, je m’effondre. Moi qui commençais à peine à me faire à mon âge !!

Forcément, qu’elle m’appelle « mami », ça fait rire tout le monde. Et elle le voit bien, donc elle en rajoute, elle varie le ton, gracieux, râleur, précieux, rieur, curieux, …espèce de peste à pattes !

Alors voilà, envoyez vos plaintes à ma nièce si vous souffrez car j’ai bien l’intention d’écrire ici des poèmes lyriques, des envolées romantiques et désespérées sur le temps qui passe, et qui se casse, et qui me lasse, avec ses basses, une ode qui, par exemple, demanderait au temps de suspendre son vol, concept terriblement novateur d’ailleurs (pas mal pour une mamie hein !!) mais, je m’égare, il paraît que c’est l’âge.



Bon, Mami vous salue, mais pas trop bas pour ses vieux reins, et elle va se coucher. Parce qu’avec son grand âge, hein…faudrait pas que l’arthrite l’empêche de taper sur un clavier.

Au fait, je vous ai raconté que je voulais écrire un poème célébrant le Temps ? Non ? Faudra que je le fasse, un jour. Enfin, s’il me reste assez de temps…

Message à caractère informatif

8H03 ce matin « Aaaaahhh p*****de m**** de s******** (sanglots) Aïeuu (moue désespérée) »

Que penser d’une journée qui commence par « s’incruster dans le pied gauche un éclat de verre de la bouteille d’huile pleine qu’on a éclatée la veille au soir sur le carrelage du placard qui sert de cuisine et ce, avant de verser la cuillère de ladite huile nécessaire à la composition de la vinaigrette allégée maison » ? (Si, tous les mots de cette phrase sont importants)

Eh bien contre toute attente, ça a été une bonne journée. Enfin une bonne soirée. C’est à cloche-pied mais fièrotte comme un ptit banc que j’ai l’honneur d’annoncer qu’après plus de 30 heures de lutte acharnée (je tiens mieux la distance que Jack Bauer et toc), la fuite de mon évier a déclaré forfait ce soir à 21H57. Places au SEC et à l’ETANCHE. Youpi. Youkaïdi aïdi aïda.

Plic ploc

Etape 1 Se rendre compte malgré sa blondeur qu’avoir les pieds mouillés en faisant la vaisselle, ce n’est pas normal. Il m’arrive effectivement de m’éclabousser joyeusement en faisant tomber des assiettes dans l’eau de la vaisselle, mais jamais au point d’avoir une marre à mes pieds. D’autant plus que ni mon T Shirt, ni mon pantalon ne sont mouillés. On me la fait pas, à moi. Je suis trooop intelligente.

Etape 2 Ouvrir la porte du placard. Voir de l’eau qui s’échappe en petite cascade. Oh mais que faire ?? - Solution 1 : Aller quérir du Tahiti Douche et se faufiler en dessous
- Solution 2 : Aller quérir une serpillière. Aller acheter une serpillière ?? Bigre !
- Solution 3 : Fermer le robinet d’eau brûlante qui est en train de m’ébouillanter les petons
- Solution 4 : Faire un matelas de papier absorbant
J’ai opté pour la solution 4 puis la solution 3 et re la solution 4 (c’était pas stratégique, avec du recul, mais le papier absorbant était en ce moment M plus proche que le robinet de l’évier)

Etape 3 Démonter le siphon pour comprendre.

Etape 4 Comprendre. (La donnée temporelle restera secrète)

Etape 5 Chercher pendant son après midi de libre des joints d’un diamètre de 2,5 cm. (Non je ne suis pas allée sonner chez l’autre tare de raggaman) Les trouver et les ramener fissa en faisant un détour pour aller acheter des Pim’s, parce qu’avec toute cette émotion, j’ai bien mérité une entorse à mon régime.

Etape 6 Installer le nouveau joint tout neuf. Sourire. Bien tout serrer. Bien tout ranger les produits désormais secs dans le placard. Se décontracter. Déguster ses Pim’s devant un épisode de Dawson (hey, avec l’intense réflexion de début d’aprem, fallait un truc zen pour les neurones !) Finir la vaisselle.

Retour à l’étape 1.

Etape 7 Tout démonter. Penser que la solution est dans le nettoyage de ce qui a été démonté. Tout nettoyer.

Etape 8 Tout remonter au son du ragga. Essayer de ne pas s’énerver. Refaire un essai. Ça fuit toujours.

Etape 9 Prendre le tout comme un obstacle qu’un quelconque Dieu m’envoie. Ou mieux, d’un signe des Dieux pour m’aider dans mon régime. Pas d’évier = Pas de vaisselle = Pas de nourriture

Sont futés les Dieux…

Etape 10 Boire une despé directement au goulot, c’est tout ce que j’ai qui ne nécessite pas couvert, assiette ou verre.





Si tu es plombier et que tu veux être mon ami, je serai heureuse que tu passes chez moi regarder sous l’évier.

Piiiiing... Vrrrrrr... Yaa ! ... Yaaa !!

Un voisin, ça a un mauvais fond, maintenant j'en suis sûre.
Quelle personne honnête et profondément bonne pourrait jouer TOUTE L'APRES-MIDI aux jeux vidéos avec le son A FOND ?!!
Pouiiing... Vrrrrrroum ... Yaahaaa ! ... Yaaa !!

Rrôôôôônnnn Rrrmââââouuuuuu…

Je ne voulais pas y aller. L’Iliade, ça me rappelle surtout la voix monocorde et lancinante du prof de grec, et si mon poing n’était pas des plus confortables pour dormir, les fauteuils de fakir du cinéma ne valent pas mieux. Partant toutefois du principe que 2H35 de Brad Pitt en jupette ne peuvent pas être douloureux pour les yeux et pour le cerveau, je me suis laissée traîner.

Ce que je pensais être 2H35 de gue-guerre à l’américaine avec des ralentis stylistiques à la pelle, des bons sentiments en veux-tu en voilà et un méchant en fait gentil qui finit par voir des ziozios au-dessus de la tête de sa douce Briseis avant de mourir du talon (le con) m’a scotchée. L’histoire telle que le prof de grec nous l’avait contée est quelque peu modifiée, mais j’avoue que mon âme littéraire de défenderesse de l’œuvre d’Homère n’a été que peu touchée. Il faut dire que le talon de Brad est plus joli que celui de Monsieur Pezard. (Pardon M’sieu) Et que M. Pezard mimait très mal les batailles. (Re-pardon M’sieu)

2H35 de film, j’ai envie de dire « seulement », allez hop je l’dis, SEULEMENT, à dévorer du regard (à défaut de mieux) ses cuisses musclées et puissantes, à lui envier sa jupette en cuir portée avec un naturel désarmant (Dis Brad, que fais-tu de ton temps libre pour être si à l’aise dans une jupe en cuir ?), à jalouser fiévreusement (oui oui) cette garce de Briseis, et par la même occasion, cette moins que rien de Jennifer Aniston. Parce que, finalement, qui profite charnellement des entraînements au combat d’Achille, heu, de Brad ?

Première apparition d’Achille : nu sur sa couche en heureuses compagnies. Doute terrible : ai-je pris mes lunettes ? Pourquoi personne ne m’a prévenu de la nudité de Brad ? Ouf, je les ai. Vissons-les sur le nez. Hmm… Brad avec une armure moulante, ça pète. Brad avec une armure moulante et son bronzage parfait, ça … hmm… cartonne. Brad avec une armure moulante, son bronzage parfait et ses yeux bleus qui fixent l’horizon avec fougue et haine, je défaille. Rrôôôônnnn mâââouuuuuu…

Brad, le deuxième type au monde capable de rendre le cheveux gras et la natte façon Mary, (La grande sœur de Laura Ingalls dans la Petite Maison dans la Prairie. Comment ça vous voyez pas ??? Et les classiques alors ?!) sexy.

En sortant de Kill Bill Vol.2, j’avais envie d’apprendre la technique du sabre et de frapper du poing à une distance de 8 cm. Depuis Troy et ces scènes de batailles impressionnantes, je veux apprendre à éclater des boucliers à coup d’épée. Je veux lancer des lances à 30 mètres de distance.

Nino dit que la prochaine fois on ira voir un film d’amour. Histoire que j’arrête de le brutaliser.

Bon, tout ça pour dire, enfourchez votre cheval et allez voir Troy. (mouaarf mouaaarf)