La taupe francophone
Par Eulalie , dimanche 14 mars 2004 à 00:00 :: Journal
Pas de critique cinématographique au programme. Les mauvaises langues se réjouiront, et je dois dire que pour le coup je serai assez d’accord avec elles. Mon avis sur le cinéma asiatique, passez moi l’expression, mais on s’en tamponne le coquillard par terre. Mon interprétation de la symbolique inhérente au regard torturé de ce moine shaolin qui regarde un oiseau mort pendant des jours et des jours, sans parler, sans bouger et qui décide finalement, - au bout d’environ 40 minutes -, de se dévêtir et de partir vers le soleil n’intéresse personne, même pas moi. C’est pas que je n’y ai pas réfléchi, hein. C’est juste que ma conclusion ne mérite pas d’être écrite. Par contre, j’ai tiré une très bonne leçon justement à cause des séances de projection, et c’est encore les yeux rouges de larmes que je souhaite partager ma toute nouvelle sagesse. Les asiatiques ne sont pas des gens comme nous. Je sais, ça fait un choc. Plusieurs indices m’ont mis la puce à l’oreille.
Tout d’abord, ils sont physiquement très différents de nous. Enfin surtout de moi. (Puisque je me place en référence occidentale) Effectivement, je n’ai pas vu un seul blond. Il y avait des bruns en veux-tu en voilà, des rouges à foison, des châtains en troupeaux et même des bleus. J’ai bien cherché. J’ai bien regardé. Tous les attributs capillaires sont pigmentés.
Ensuite, dans leurs gâteaux, qui sont au demeurant fort bons, il y a des petits papiers. Ces petits papiers, pourtant cuits, ne sont pas comestibles. En Asiatiquerie, les petits gâteaux font office d’Oracles. Vous avez à peine le temps de vous en saisir qu’il a déjà eu le temps d’écrire une petite phrase sur un petit papier qui vous concerne.
Enfin, ils ne font aucun effort pour découper les syllabes, babillant un flot de sons incompréhensibles. J’ai bien essayé de me concentrer sur leurs expressions de visages et leur gestuelle, mais ce fût peine perdue. Je n’ai pas réussi à interpréter leur constante manie de plisser les yeux et de se baisser en avant. Cela complique évidemment beaucoup la communication avec eux.
Surtout que, là où selon moi ils abusent, c’est qu’ils font la même chose dans leurs films. Armande Altaï aurait du boulot sur la diction, en Asiatiquerie. Heureusement, il y a des moitiés de petits malins qui ont traduit les gazouillis pour les écrire en bas des films. Moitiés seulement parce qu’ils n’ont pas pensé à l’inscrire sur les invitations. Ne pensant pas avoir à lire de loin, je n’ai pas vérifié dans mon sac si j’avais bien mes lunettes de vue. Le cinéma asiatique c’est comment ? Flou, incompréhensible et très douloureux pour les yeux.