La taupe francophone

Pas de critique cinématographique au programme. Les mauvaises langues se réjouiront, et je dois dire que pour le coup je serai assez d’accord avec elles. Mon avis sur le cinéma asiatique, passez moi l’expression, mais on s’en tamponne le coquillard par terre. Mon interprétation de la symbolique inhérente au regard torturé de ce moine shaolin qui regarde un oiseau mort pendant des jours et des jours, sans parler, sans bouger et qui décide finalement, - au bout d’environ 40 minutes -, de se dévêtir et de partir vers le soleil n’intéresse personne, même pas moi. C’est pas que je n’y ai pas réfléchi, hein. C’est juste que ma conclusion ne mérite pas d’être écrite. Par contre, j’ai tiré une très bonne leçon justement à cause des séances de projection, et c’est encore les yeux rouges de larmes que je souhaite partager ma toute nouvelle sagesse. Les asiatiques ne sont pas des gens comme nous. Je sais, ça fait un choc. Plusieurs indices m’ont mis la puce à l’oreille.

Tout d’abord, ils sont physiquement très différents de nous. Enfin surtout de moi. (Puisque je me place en référence occidentale) Effectivement, je n’ai pas vu un seul blond. Il y avait des bruns en veux-tu en voilà, des rouges à foison, des châtains en troupeaux et même des bleus. J’ai bien cherché. J’ai bien regardé. Tous les attributs capillaires sont pigmentés.

Ensuite, dans leurs gâteaux, qui sont au demeurant fort bons, il y a des petits papiers. Ces petits papiers, pourtant cuits, ne sont pas comestibles. En Asiatiquerie, les petits gâteaux font office d’Oracles. Vous avez à peine le temps de vous en saisir qu’il a déjà eu le temps d’écrire une petite phrase sur un petit papier qui vous concerne.

Enfin, ils ne font aucun effort pour découper les syllabes, babillant un flot de sons incompréhensibles. J’ai bien essayé de me concentrer sur leurs expressions de visages et leur gestuelle, mais ce fût peine perdue. Je n’ai pas réussi à interpréter leur constante manie de plisser les yeux et de se baisser en avant. Cela complique évidemment beaucoup la communication avec eux.

Surtout que, là où selon moi ils abusent, c’est qu’ils font la même chose dans leurs films. Armande Altaï aurait du boulot sur la diction, en Asiatiquerie. Heureusement, il y a des moitiés de petits malins qui ont traduit les gazouillis pour les écrire en bas des films. Moitiés seulement parce qu’ils n’ont pas pensé à l’inscrire sur les invitations. Ne pensant pas avoir à lire de loin, je n’ai pas vérifié dans mon sac si j’avais bien mes lunettes de vue. Le cinéma asiatique c’est comment ? Flou, incompréhensible et très douloureux pour les yeux.

La caméléone

Oublions les planté de bâton dans le chignon : vive les baguettes.
Oublions le bonnet : de toute façon il a été transpercé par mon acharnement à essayer de l'enfiler malgré les bâtons pointus de mon chignon.
Oublions la doudoune : une veste style kimono c'est tellement plus joli.
Oublions les fondues et les vins chauds : à moi les nems, le bœuf au saté et les chips de crevette.
Oublions les gages idiots : regardons plutôt les hommes nus dans le fond des verres pleins.

Je garde juste la luge parce que ça me fait marrer, une luge.

Si Glagla ne m'avait pas privée de vacances, je serai sûrement dans un hélico en train de pleurer sur ma cheville cassée. Direction Deauville et son Festival du Cinéma Asiatique.

Dans l'oeuf

J’y ai pensé toute la nuit mais les draps ne s’en souviennent pas. Je me suis joué la scène plusieurs fois avec une précision digne de la plus minutieuse des dentellières. J’avais la raison, les accessoires, les répliques et même un trop plein de larmes.

Arrivée au bureau, après avoir garé la luge sur un horodateur, je me suis tranquillement assise à mon bureau, attendant que le téléphone sonne. 9H07, l’heure du coup de fil désagréable. Comme tous les matins, je me fais incendier (pompiers musclés torses nus non inclus arf). Ce remboursement pour l’achat de ce réfrigérateur aurait dû intervenir il y a un mois et demi. J’assure la demoiselle que je vais retourner ciel et terre, roches, cailloux, lapins et fers à cheval pour résoudre la situation. Je raccroche. Il est temps d’agir. Gwendoline absente, seule Gladys peut signer mon ordre de virement.

A nous deux.

J’ai mon planté du bâton dans mon chignon, ma luge sur l’épaule, du labello blanc sur les lèvres, mes moufles, mon bonnet, ma doudoune rose et des courbatures d’avoir trop dansé la macarena. Tout à l’heure, Glagla pleurera d’avoir fait trop de zèle avec les dispositions légales de congé. Mouahahahaha.

Lilli, enjouée - Bonjour Stéphane ! Est ce que Glagla est là ? C’est pour une urgence…
Stéphane, désolée - Ah non elle n’est pas là aujourd’hui.
Lilli, étonnée - Ah ? Elle est où ?
Stéphane, couperet - Elle est partie en vacances à la montagne.
Lilli, incrédule - En vacances ?! A la montagne ?!!!
Stéphane, moqueuse - Ben oui. Elle aurait dû t’emmener, d’ailleurs, tu as tout l’attirail là !!

Par-devers moi : Espèce de Sal… d’enc… de p… d’enfl… à la c… de ses coui… de sa mère (Pardon madame)

Un petit goût de montagne, #3

Cette semaine, c’est planté de bâton dans le chignon avec un pique à cheveux.
Bon, ça fait pas avancer les bottes.
Sur ce, je vous laisse, j’ai garé ma luge en double file.

Un petit goüt de montagne, #2

Je vais faire fondre du gruyère rapé et je vais tremper des coquillettes dedans.
Si je perds ma coquillette, je danse la macarena.
J'espère que je ne vais pas la perdre.
...
C'est vraiment un jeu stupide.